Terra 07 mars 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

Triskalia Porcs : entre déception et espoir

Manque de renouvellement des éleveurs, coûts élevés, difficultés de trésorerie, baisse de la production, l'état des lieux de la filière porcine dressé lors de l'assemblée générale de Triskalia Porcs est plutôt sombre, même si, ici et là, quelques lueurs d'espoir apparaissent.

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l'assemblée générale Triskallia porc
l'assemblée générale Triskallia porc - © HB Terra

 

"Aujourd'hui la filière a bien du mal à se renouveler. Nous notons une installation pour trois départs. Ces chiffres ne vont pas faire avancer la production qui a subit à nouveau une baisse en 2013 (Uniporc : -2,2 %)", explique Patrick Piton, directeur du groupement porc Triskalia. C'est donc sur ces chiffres alarmants que débute l'assemblée générale du groupement. Les autres données ne viennent pas égayer le tableau : prix de l'aliment évalué à 297 €/t chez Triskalia (pour les éleveurs 100 %), problème de trésoreries récurrentes depuis sept ans dans les élevages, prix de revient difficile à atteindre, dumping social, embargo Russe, mésentente sur la question du mâle entier, bâtiments vieillissants… Le portrait de la filière porcine semble très sombre. Michel Bloc'h, président du groupement parle "d'énième année de crise" et de "déception économique". Il tempère toutefois en attendant "la baisse confirmée de porcs sur le marché qui est porteuse d'espoir", et note que "la consommation de porcs se maintient. Elle reste la viande qui se maintient le mieux en indice de consommation".

1,464 € par kilo en moyenne

C'est dans une conjoncture morose que les chiffres de l'année ont été annoncés : 1,464 € par kilo en moyenne. "Un résultat en hausse de 1 centime par rapport à 2012 mais qui reste très insuffisant" prévient Michel Bloc'h. Et d'ajouter : "le prix est inférieur au coût de revient, il manque 4 à 5 centimes/kg/truie". Cependant, le groupement note une grande disparité entres les éleveurs en fonction des performances techniques de chacun et des annuités. "Les revenus varient suivant l'année d'installation et les fonds investis pour l'amélioration des bâtiments", analyse le président. Par ailleurs Triskalia espère une hausse des cours via la reprise de l'export quand viendra la fin de l'embargo en Russie.

Mâle entier : la situation s'enlise

Sur le sujet épineux du mâle entier, qui crée aujourd'hui une forte distorsion de concurrence entres les éleveurs, Michel Bloc'h affirme que "les abattoirs n'en veulent pas", alors même que la Cooperl commercialise 80 % des ces animaux en mâle entier depuis octobre 2013. Il revient aussi sur la technique du nez humain qu'il qualifie de "dangereuse" et qui risque de provoquer des "faux négatifs". Le président du groupement prône donc la prudence sur ce dossier et attend des outils technologiques fiables et infaillibles avant de se lancer.

Hélène Bonneau

 

Triskalia en chiffres

.783 éleveurs dont 355 naisseurs-engraisseurs, 426 engraisseurs, 2 naisseurs.

.En 2013, le groupement a accueilli 62 nouvelles adhésions, dont 20 naisseurs-engraisseurs et 42 engraisseurs.

.L'ensemble de ces éleveurs a produit 1 692 514 porcs charcutiers et réformes avec une évolution de + 1,5 % de mieux que le marché.

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