Terra 03 novembre 2016 à 08h00 | Par Isabelle Hascoët, chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine

Trouver une rentabilité aux projets photovoltaïques

L’assemblée générale de l’Apepha (agriculteurs pour des producteurs d'électricité photovoltaïque professionnels) a réuni fin septembre à Rennes plus de 80 participants. L’occasion de faire un point annuel sur les résultats de production mais également d’échanger sur le stockage et l’autoconsommation qui sont au cœur des enjeux énergétique de demain, notamment pour les énergies renouvelables.

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La production moyenne 2015 bretonne est de 1 096 kWh/kWc (1 057 kWh/kWc pour le nord et 1 122 kWh/kWc pour le sud) soit un écart de plus de 6% entre les installations situées au nord ou au sud d’une ligne Rennes/Crozon.
La production moyenne 2015 bretonne est de 1 096 kWh/kWc (1 057 kWh/kWc pour le nord et 1 122 kWh/kWc pour le sud) soit un écart de plus de 6% entre les installations situées au nord ou au sud d’une ligne Rennes/Crozon. - © Terra

Les résultats de production d’électricité des adhérents de l’Apepha pour 2015 (analysés par R.Burlot) reposent sur environ 140 données. On observe toujours une grande dispersion des productions qui se situent entre 768 et 1 270 kWh/kWc installé en Bretagne. Les productions les plus faibles concernent majoritairement des installations qui dysfonctionnent (cinq installations en dessous de 950 kWh/kWc). À l’inverse on observe cinq installations dont la production dépasse 1 200 kWh/kWc. En Bretagne une production inférieure à 950 kWh/kWc est très souvent liée à un problème sur l’installation alors qu’une production de 1 250 kWh/kWc, est très exceptionnelle mais pas impossible (2 %) (source Apepha).

Des productions en baisse pour 2015 et 2016

La production moyenne 2015 pour notre région est de 1 096 kWh/kWc (1 057 pour le nord de la Bretagne et 1 122 pour le sud) soit un écart de plus de 6 % entre les installations situées au nord ou au sud d’une ligne Rennes/Crozon. Si l’on regarde les chiffres depuis 2009, les productions 2015 sont en-deçà de celles de 2014 (année très productive) mais tout-à-fait conforme à la moyenne depuis 2009 qui est de 1 095 kWh/kWc. Le Morbihan reste le département le plus productif avec 1 123 kWh/kWc en moyenne mais ce sont trois installations finistériennes qui sont les plus performantes avec plus de 1 200 kWh/kWc (jusqu’à 1 270 kWh/kWc). Pour les huit premiers mois de 2016, les résultats de production sont les plus faibles observés depuis 2009, avec notamment un mois de juin catastrophique. Ce sont en moyenne 794 kWh/kWc qui ont été produits soit 4,5 % de moins qu’en 2015 et 8,5 % de moins qu’en 2014. L'automne permettra-t-il de rattraper le déficit de production du printemps ?

Des solutions de stockage bientôt compétitives

Le nouveau paysage électrique aura besoin de flexibilité en termes de production et de consommation... et les outils se nomment : stockage, autoconsommation, effacement. Mais ceci implique des choix politiques sur le long terme, notamment si l’on veut atteindre l’objectif de la Région Bretagne qui est d’arriver à l’autonomie énergétique en 2050 ! Aujourd’hui le coût du stockage en batterie se situe à 20 ct €/kWh mais il est en forte baisse. Le coût des batteries "lithium-ion" a baissé de 50 % en trois ans et continue sur cette tendance. L’hydrogène a un rôle à jouer car il est utilisable en "carburant" pour la mobilité (voiture, tracteur). Avec 1 kg d’H2 produit avec 50 kWh, on peut parcourir 100 km en voiture. Didier Lombard de la société Mc Phy estime que "l’échelle de production optimum de l’hydrogène par électrolyse peut être celle d’une communauté de communes". On valoriserait de l’électricité photovoltaïque (renouvelable) produite sur les territoires pour proposer un carburant non polluant, utilisé dans les villes. Mais il s’agit également de mettre en place des systèmes de pilotages qui doivent gérer les productions intermittentes tout en conservant au réseau une qualité de fréquence et de tension pour alimenter les consommateurs d’électricité. C’est l’ambition du projet "Smile" qui a pour "ambition de créer un grand réseau électrique intelligent pour l’Ouest de la France en s’appuyant sur ses atouts industriels dans le domaine du numérique, des énergies renouvelables et de la transition énergétique". En effet, "les réseaux électriques intelligents permettent d’intégrer les énergies renouvelables et les véhicules électriques au système électrique et de piloter la consommation. Ceci afin de favoriser les économies d’énergie et de réduire les factures électriques".

Des projets chez les agriculteurs

Malgré le déséquilibre croissant des projets solaires photovoltaïques au profit des régions du sud de la France, nous devons rester ambitieux pour une production d’énergie par nos territoires pour nos territoires. Dans le cadre de construction de bâtiment neuf, et dans l’attente de la sortie prochaine du nouvel arrêté tarifaire, il faut étudier la faisabilité d’un projet photovoltaïque et peut-être se grouper pour retrouver une rentabilité "normale". Cela passe toujours aujourd’hui par de la vente totale mais il ne faut pas hésiter à envisager la souscription de contrat en vente de surplus pour auto-consommer une partie de la production. L’Apepha considère qu’il faut construire dès aujourd’hui des projets énergétiques adaptés aux métiers des agriculteurs, qui renforcent les atouts des exploitations et augmentent, in fine, la compétitivité des territoires.

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