Terra 14 novembre 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Bordon

Un guichet unique pour le fonds d'allègement des charges

Alors que la crise perdure et à la suite des actions qui ont jalonné l'été, Frank Guéhennec, président de la FDSEA 56, fait le point sur la situation, ses aspirations pour les prochains mois et le fonds d'allègement des charges.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Frank Guéhennec, président de la FDSEA 56
Frank Guéhennec, président de la FDSEA 56 - © Terra

Où en est la situation des élevages ?

Il y a un fossé entre les annonces officielles et la réalité. Le plan Valls se décline difficilement dans les départements, il y aura peu de bénéficiaires. Par exemple, la mesure MSA permettant d'établir sa déclaration sur la base de la seule année N-1 a pratiquement été abandonnée : pour y prétendre, il faudra avoir un revenu annuel inférieur à 4100€. Peu d'entre nous seront concernés.

Les élus ne mesurent pas l'amplitude de cette crise. Nous avons été leader de partout et nous sommes en train de perdre cette position.

Comment avancer alors ?

Qu'on le veuille ou non, le prix sera celui du marché. La GMS fait des efforts mais il y a peu de répercussions. Nous réfléchissons à des contrats de partenariat qui pourraient être établis entre les producteurs et la GMS, ce qui permettrait un retour aux producteurs sans passer par les entreprises.

On a besoin des organisations économiques mais elles ne sont pas à côté de la crise et doivent accompagner les éleveurs, pas seulement faire du business. L'agriculteur doit avoir un retour sur investissement. Comment est-il possible qu'entre 1980 et 2015, le coût d'une insémination soit passé de 9 à 50 € ? Pourquoi les restructurations de ces entreprises ne mènent-elles pas à une baisse des coûts ? Pourquoi, lorsque le prix du soja baisse, le prix des aliments ne baisse-t-il pas ?

Quel accompagnement mettre en place ?

Il y a une multiplication des charges mais pas d'augmentation des prix de vente. La seule solution pour nous a donc été d'augmenter la production ; le système pousse à cela. Pourtant, il y a différents types d'agricultures et, grandes ou petites exploitations, vente directe, agriculture biologique, toutes ont leur place. Notre rôle est donc d'accompagner tous les modèles.

En termes de filière, il est urgent de travailler ensemble pour que chacun s'y retrouve. On ne peut pas continuer à se taper dessus entre maillons d'une même filière. Il faut également de la transparence et, à l'échelon national, réfléchir à des lignes d'avenir. Comment mettre en place des outils de gestion de crise et de stabilisation qui donnent des perspectives ? Faut-il un fonds de soutien à l'élevage ?

Le 26 novembre, je serai présent au conseil national de la FNPL. L'interprofession est un superbe outil qui peut encore prendre du poids et l'Etat peut quant à lui jouer un rôle de facilitateur.

Qu'en est-il du fonds d'allègement des charges (FAC) ?

Nous avons passé du temps à mettre en place quelque chose de cohérent. Dans le Morbihan, nous avons négocié avec les instances concernées (le préfet, la MSA...) pour mettre en place un guichet unique. Ainsi, tout le monde remplit un seul dossier, qui est ensuite orienté vers l'aide à laquelle il peut prétendre. C'est un dispositif qui donne de la lisibilité et de la simplicité.

Nous incitons les agriculteurs à remplir le plus de dossiers possible, afin que nous ayons une vue globale, ce qui nous permettra d'aller chercher des enveloppes supplémentaires. Il est vrai que c'est une formalité de plus mais ça vaut le coup et certains centres de gestion ont instauré la gratuité pour la constitution de ces dossiers, en solidarité avec les producteurs.

Nous ne voulons pas d'un saupoudrage. Nous effectuerons un classement des exploitations en fonction de leur situation. Il y aura également une répartition des aides entre les filières. Dans le Morbihan, tous types confondus, elles pourraient concerner 500 à 600 exploitations.

Et à long terme ?

Je peux avancer mais les éleveurs doivent aussi prendre leur destin en mains, mettre en place du local, des actions, par eux-mêmes. Ils doivent apprendre à détailler leurs charges pour progresser. Plus largement encore, il faut repenser le système au service des paysans, ce qui implique de moderniser aussi le syndicalisme. Celui-ci doit être porteur d'idées et réfléchir à des outils.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui