Terra 27 janvier 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Un poulailler en kit

Organisées par les chambres d'agriculture de Bretagne, les portes ouvertes "quoi de neuf en aviculture" ont permis de découvrir le bâtiment flambant neuf de Julien Le Fur, à Spézet (29) et de rappeler l'importance d'une eau de boisson de qualité.

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De gauche à droite : Didier Goubil, président du comité technique avicole des chambres d'agriculture de Bretagne, Julien Le Fur, éleveur de poulets, coquelets et pintades et Grégory Gervason, responsable amont de Savel.
De gauche à droite : Didier Goubil, président du comité technique avicole des chambres d'agriculture de Bretagne, Julien Le Fur, éleveur de poulets, coquelets et pintades et Grégory Gervason, responsable amont de Savel. - © Terra

Installé après tiers à Spézet dans le Finistère en 2012, Julien Le Fur a commencé par rénover ses deux poulaillers avant d'en construire un troisième sur le même site. Particularité du groupe Savel, à qui il livre ses volailles, coquelets, poulets et pintades se succèdent dans ses bâtiments, en fonction de la demande. "Et les poulaillers sont tous vides en même temps". C'est cette spécificité qui a permis aux chambres d'agriculture de Bretagne d'y organiser une porte ouverte, vendredi dernier. "Avec les risques de grippe aviaire, il n'était pas si simple de réunir tant d'éleveurs en un même endroit", souligne Didier Goubil, le président du comité technique avicole.

Deux fois plus d'eau que d'aliment

Après avoir évoqué les économies d'énergie, les coups de chaleur, la rénovation ou l'organisation du travail, l'édition 2017 des réunions "quoi de neuf en aviculture" a traité de l'eau de boisson. "Une volaille consomme deux fois plus d'eau que d'aliment, a rappelé Christian Nicolas, conseiller aviculture à la chambre régionale d'agriculture, avant de détailler les paramètres physico-chimiques et biologiques que doit respecter une eau de boisson de qualité. Et il ne faut pas oublier que même l'eau du réseau doit être traitée".

En cas d'utilisation d'eau de captage, une attention particulière devra être apportée au fer et au manganèse. "Le captage devra être protégé, avec busage et périmètre de protection". L'eau devra être analysée au moins une fois par an. "Il convient de contrôler au moins une fois par semaine, en bout de ligne, la présence de chlore résiduel et/ou le potentiel redox", indique Christian Nicolas. Tout en gardant à l'esprit que le chlore inactive certains traitements, comme les vaccins ou les antibiotiques. "En phase de démarrage, il ne faut pas oublier de vidanger le circuit une fois par jour. Et à chaque vide sanitaire, il est important de décaper le biofilm et de désinfecter le circuit d'eau". Décapage qui peut être mécanique, en associant air comprimé et eau sous pression.

Un bâtiment en kit

Cette réunion a aussi été l'occasion de découvrir le poulailler flambant neuf de Julien Le Fur. Pour limiter son coût, il a fait le choix d'un bâtiment en kit chez Mafrel et l'a monté lui-même, coque, isolation..., épaulé par deux salariés. "Je pense avoir économisé au moins 25 000 €", calule le jeune éleveur, qui n'a pas compté ses heures pour arriver au bout de son projet. Sur un investissement total de 270 000 €, il a bénéficié d'une prime de 15 €/m² de Savel, soit 18 000 €, et devrait percevoir 30 000 € au titre du PCAEA.

Échangeur Clim well et sonde hygrométrique extérieure pour limiter la facture de chauffage, pesage automatique des volailles, système de purge des pipettes, cloud My Tuffigo Rapidex pour sauvegarder les données d'élevage... : le bâtiment est doté des dernières innovations. "Et l'aérotherme Systel à générateur externe évite la combustion dans le bâtiment". Un plus en terme d'assurance mais aussi de confort des animaux et de l'éleveur puisqu'il n'y a plus de rejet d'eau, de monoxyde ou dioxyde de carbone.

Bâtiments et éleveurs polyvalents pour Savel

"Savel a été lancée en 1968 par la famille Léon, à Lannilis", rappelle Grégory Gervason, responsable amont. L'entreprise, aujourd'hui encore familiale, possède trois abattoirs, à Lannilis et Carhaix (29) et à La Séguinière (49). Si elle travaille avec 80 aviculteurs en Bretagne et Pays de la Loire, elle a fait le choix d'acheter en vif la moitié de la production dont elle a besoin, pour un abattage qui se situe aux alentours des 700 000 volailles/semaine. "Nous travaillons le coquelet, le poulet et la pintade, dont nous réalisons plus du quart des abattages français, détaille Grégory Gervason. Tous les producteurs qui travaillent pour nous ont des bâtiments polyvalents et pratiquent cette alternance, qui permet de relancer les performances, en contenant le microbisme".

Savel développe aussi une production de pintades certifiées et de poulets free range. "Il s'agit d'un poulet à croissance plus lente, abattu à 56 jours et qui dispose d'un parcours à l'extérieur". Une production destinée à 98 % à l'export, qui ne connait pas le label. "Nous réalisons 45 % de notre chiffre d'affaires à l'export et sommes présents dans plus de 40 pays". Autres spécificités : 80 % des ventes se font en frais et seule 8 à 10 % de la production prend le chemin de la grande distribution, le reste étant vendu à d'autres entreprises de l'agroalimentaire, à la restauration hors domicile...

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