Terra 21 décembre 2017 à 08h00 | Par Thierry Coué, président de la FRSEA

Un réveillon bleu blanc rouge ?

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Thierry Coué, président de la FRSEA
Thierry Coué, président de la FRSEA - © Terra

Quels mets seront dégustés sur nos tables de fêtes ?  Une question gastronomique, mais aussi d’économie ! Manger est un acte vital, mais c'est devenu un acte militant ! Néanmoins, les Français et leur gouvernement ne doivent pas se tromper de combat. Le militantisme ne doit pas être anti-économique. L’économie ne doit pas aller à l’encontre de l’agriculture, pilier économique de notre pays. Les accords de libre-échange négociés avec le Canada et l’Amérique du Sud, s’ils étaient adoptés, sacrifieraient l’agriculture européenne et française sur l’autel d’autres considérations économiques. C’est inacceptable !

Renoncer à la production agricole française, c’est renoncer aux agriculteurs et aux emplois qu’ils génèrent : 135 emplois directs en moyenne dans chaque commune bretonne ! C’est renoncer à manger local, à consommer des produits respectant les normes sociales, environnementales et sanitaires les plus élevées au monde.

Nous savons que les citoyens sont en grande majorité d’accord avec les agriculteurs et veulent préserver notre patrimoine gastronomique et économique.

Malgré tout, une petite frange à la mode végane tente d’imposer sa vision. Chacun respecte leur choix d’alimentation. Mais ils doivent de leur côté respecter celui des autres et l’élevage qui répond à une réelle demande. Leurs arguments fallacieux ne doivent pas influencer nos politiques. Améliorer le bien-être animal est un objectif de chaque éleveur ; supprimer l’élevage est anti-économique, anti-environnemental, anti-social et anti-culturel.

Les partisans du "c’était mieux avant", comme le dit Michel Serres, feraient bien de confronter leur idéal de naturalité à la réalité de ce "avant" qu’ils n’ont jamais connu. Famine, choix d’aliments restreint, normes sanitaires inexistantes… Le véritable enjeu est le maintien de l’agriculture française et bretonne, qui répond déjà aux demandes des consommateurs.

Les Français ont accès à des produits sains, variés, hautement qualitatifs, qu’ils soient standards ou labellisés. Le problème est la concurrence de produits étrangers ne répondant pas aux mêmes critères, mais vendus comme équivalents. À l'heure de la clôture des États généraux de l'alimentation, nous attendons un changement d’attitude. Il faut arrêter de demander toujours plus aux agriculteurs français, sans se soucier ni de leur revenu, ni des produits étrangers qui les concurrencent.

Les pouvoirs publics doivent communiquer positivement et cesser de toujours ajouter de nouvelles contraintes aux exploitants. Cela aiderait les consommateurs à reconnecter leurs discours et leurs actes d’achat, à accepter de payer réellement ce qu’ils exigent. Cela passera aussi par les transformateurs et les distributeurs qui doivent répercuter aux producteurs des prix correspondant réellement au travail et aux investissements réalisés. Le réseau FNSEA ne cesse de se battre pour cela. Pour le réveillon de Noël 2017, choisissez de manger français, local, bon et de qualité.

Mais pour maintenir ce choix, pour demain, une prise de conscience collective est urgente !

Bonnes fêtes à tous !

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