Terra 22 mai 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Un robot pour désherber les cultures maraîchères

Un petit robot qui désherbe seul les cultures, aide à la plantation ou à la récolte en suivant en silence l'opérateur dans les rangées ? Les maraîchers en rêvaient. Une start-up toulousaine l'a fait !

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Quelques réglages  à effectuer... © Terra ... et le robot peut désherber seul, tourner en bout de rang et même vous faire savoir par SMS qu'il a fini son travail ! © Terra

Quelques réglages et Oz, le petit robot, part seul désherber autant de planches que programmé. En bout de rangée, il fait demi-tour et alerte même par SMS s'il rencontre un obstacle ou quand il a fini son travail...

 

18 robots en service

Non, il ne s'agit pas là de science fiction ! Développé par la start-up toulousaine Naïo, Oz est né en 2010 de l'imagination de deux ingénieurs, l'un en robotique l'autre en systèmes informatiques, qui cherchaient à alléger le travail des maraîchers. Le premier prototype a été testé début 2011. La commercialisation a débuté en 2013. Et, à ce jour, 18 robots sont en service.

Electrique, et donc silencieux, Oz se guide dans son environnement sans faire appel au GPS. Pour le moment, c'est un rayon laser qui lui permet d'évoluer entre deux rangées de plantes. "Il a été conçu pour alléger la tâche de désherbage", explique Philippe Michard, distributeur Naïo pour la Bretagne. Mais pas question de sarclage : pour être efficace, il doit intervenir tôt, au stade plantule des adventices, jusqu'à un maximum de 6 à 8 feuilles. "Sinon, il ne fait plus la différence avec la rangée cultivée". Et sur un sol plat. "Vu sa taille, il ne peut pas passer dans les ornières".

 

Une aide à la plantation ou à la récolte

Autonome, Oz fait demi-tour seul en bout de rang. "Pour le moment, il a besoin de 1,80 à 2 m, un espace qu'on essaie de réduire". Hormis les batteries, à renouveler tous les 4-5 ans, le robot est relativement économe à l'usage, avec un moteur prévu pour fonctionner une dizaine d'années sans entretien. Et il peut servir à bien d'autres choses qu'au désherbage. "Il peut tirer ou porter une charge, et suivre l'opérateur entre deux rangées", détaille Philippe Michard. Il peut ainsi aider à la plantation, avec une vitesse réglable entre 180 m/h et 1,8 km/h. "Et en récolte de courgette ou aubergine, on a chiffré le gain de temps de travail à 30-35 %".

Equipée d'un robot depuis peu, la station expérimentale de Kerplouz, à Auray, va engager des essais pendant 4 ans. "En partenariat avec la MSA, nous allons, notamment, chiffrer le gain de temps et la réduction de la pénibilité du travail", indique Maet Le Lan, responsable de la station, qui compte bien explorer aussi les autres tâches que permet le robot, en haut ou bas de plante. "Pour le moment, on manque encore de références".

 

Bientôt équipé de caméras

Commercialisé avec ses accessoires à un tarif de 22 000 €, le robot n'en est qu'à ses débuts ! Son autonomie, 3,5 à 4 heures, soit le désherbage de 5 000 m², devrait être améliorée d'ici peu grâce à de nouvelles batteries. Et des caméras lui permettront de détecter formes et couleurs, ce qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de parasitisme ou de maladies cryptogamiques. "Il sera aussi capable de compter le nombre de plantes sur une planche". Des compléments de gamme sont en développement, pour la viticulture ou l'horticulture.

Des essais en maraîchage bio

Le 19 mai dernier, IBB, Initiative bio Bretagne a jumelé une présentation de matériel destiné aux maraîchers, dont ce petit robot, avec la diffusion des résultats des essais menés en maraîchage. "Ici, nous travaillons en plein champ sur des cultures typiques de la région, chou-fleur, oignon, courgette..., détaille Sébastien Louarn, animateur à la PAIS, la plateforme agrobiologique d'initiative Bio Bretagne, à Suscinio, qui fait partie avec Terre d'essais et Aval Douar Beo (22), et la SEHBS (56) du réseau des stations expérimentales bretonnes en bio. Sous abri, nous menons aussi des essais variétaux en tomate, vrac, grappe ou diversification".

Depuis deux ans, la station planche aussi sur des alternatives à la tourbe. "Pour le moment, c'est le principal composant des terreaux, pour sa capacité à retenir l'eau et à garder sa forme, indique Sébastien Louarn. Mais elle est très peu renouvelable". Si on peut la remplacer par du compost de déchets verts, de la fibre de bois, des fientes, du sable, de l'argile, de l'écorce compostée..., les résultats ne sont pas toujours là. "Les mottes se dessèchent vite, ne se tiennent pas bien, les plants sont carencés...".

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