Terra 16 juin 2016 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Urcéo, Génoé et Amélis : la fusion

Les 250 délégués réunis en assemblée générale extraordinaire ce mardi 21 juin à Rennes devraient vraisemblablement voter la fusion des trois coopératives Urcéo, Génoé et Amélis dans le nouvel ensemble Évolution. Un pas de plus vers une nouvelle organisation des services apportés aux éleveurs.

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De gauche à droite : Jacques Coquelin, président d'Amélis, Vincent Rétif, président de Génoé, Jean-Pierre Mourocq, président d'Urcéo et d'Évolution, et Yann Lecointre, directeur général d'Évolution. Au terme de l'assemblée générale mardi, un nouveau président sera élu pour succéder à Jean-Pierre Mourocq.
De gauche à droite : Jacques Coquelin, président d'Amélis, Vincent Rétif, président de Génoé, Jean-Pierre Mourocq, président d'Urcéo et d'Évolution, et Yann Lecointre, directeur général d'Évolution. Au terme de l'assemblée générale mardi, un nouveau président sera élu pour succéder à Jean-Pierre Mourocq. - © Terra

"La fusion était un objectif écrit dès le rapprochement des trois coopératives en 2013", a rappellé Jean-Pierre Mourocq, président d'Évolution, lors d'une conférence de presse mardi dernier à Rennes. Au terme de trois ans, nous avons la maturité pour fusionner". Pour Vincent Rétif, actuel vice-président d'Évolution et président de Génoé, "cette fusion permet de parachever quinze ans de restructuration du secteur. Nous avons l'obligation d'optimiser l'ensemble du fonctionnement". Différents métiers dont la R&D avaient déjà été mutualisés, pour que ces coopératives, dont l'ambition était de devenir une référence mondiale de la génétique, disposent d'une capacité d'investissement suffisante. Avec la fusion, les services et tarifs seront désormais harmonisés sur les 17 départements de la zone d'activité d'Évolution. Cette étape va aussi être marquée par une nouvelle organisation managériale, un nouveau système d'information d'entreprise, une amélioration de la qualité au travers d'une certification ISO 9001 (à échéance de deux ans), sans oublier une importante "restructuration opérationnelle" dont l'aboutissement sera le regroupement en 2018 de 250 salariés sur un même site, dans la banlieue rennaise. 
La gouvernance est également repensée, avec une organisation en 27 territoires, chacun construit sur la base de 1 000 à 1 200 adhérents. Et pour que la coopérative reste proche de ses adhérents sur un si large périmètre, chacun des territoires sera doté d'un comité composé d'une vingtaine d'éleveurs - les conseillers de territoire - qui porteront la voix des adhérents. Chaque comité élira un président qui deviendra alors administrateur d'Évolution. Avec ce nouveau conseil, Évolution "va s'attaquer à de nouveaux projets", souligne Jean-Pierre Mourocq. Car la fusion n'est qu'une étape dans la restructuration des services apportés aux éleveurs, estiment administrateurs et dirigeant de l'entreprise.

Restructurer les services aux Èleveurs avec les autres organisations

"Ce projet "Évolution 2 " c'est se mettre en position d'ouverture avec nos collègues des autres organisations de l'élevage pour apporter un nouveau service aux éleveurs, explique Jean-Pierre Mourocq. Comment et avec qui, cela reste à construire. Il faut qu'on propose des solutions nouvelles pour que baisse la facture annuelle globale des frais d'élevage, mais cela ne dépend pas que de nous. Nos frais en France sont bien trop élevés par rapport à ceux de nos collègues américains ou hollandais par exemple". Face aux mutuations que connaissent les filières d'élevage, tout est à réinventer pour Évolution : "à nous de nous organiser pour offrir aux éleveurs les services qui leur vont bien", pointe Jacques Coquelin, président d'Amélis. Pour Yann Lecointre, à la direction de l'entreprise depuis l'an dernier, "le génotypage et la R&D sont le fruit d'un investissement important", et "il faut pouvoir apporter ses nouveaux services qui constituent un véritable atout pour les élevages, sans que les frais augmentent pour autant". "À Évolution, les tarifs n'ont pas évolué depuis quatre ans, poursuit le directeur général. Mais l'important est surtout d'apporter le meilleur service au meilleur coût pour que l'éleveur soit en mesure d'améliorer son résultat. Nous avons au sein d'Évolution une bonne maîtrise de la génétique et du conseil à la reproduction, mais nous ne pouvons pas continuer à le dissocier des bâtiments, de la santé, des cultures... Plus tôt confrontés à l'économie de marché, les pays concurrents ont pris de l'avance, il faut faire vite". "Dans un monde ouvert, un marché mondialisé, il faut oublier les structures du passé, tel est le cri qu'on lance à nos partenaires. La compétitivité est la seule issue, conclut Jean-Pierre Mourocq. Et nous sommes optimistes car nous avons ici tous les atouts pour réussir".

 

L'assemblée générale aura lieu le 21 juin au Parc expo de Rennes, avec comme intervenant Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France.

 


 

Des chiffres

31 882 adhérents actifs

1 155 salariés

CA consolidé de 150 400 M€

L'activité en bref


Évolution en est convaincu : "L'avenir de l'entreprise passe par l'innovation". C'est dans cette logique qu'un important service R&D a été bâti il y a quatre ans, avec un budget de 2,230 M€ en 2015 qui augmente encore cette année de +58 %. Génosanté en est un des projets phare qu'Évolution mène avec plusieurs partenaires pour identifier de nouveaux critères liés à la santé des animaux.


Dans la voie mâle, près de 6 millions de paillettes ont été produites en 2015 dont 450 000 en sexées. Le million de doses sexées produites sur le site de Saint-Aubin a été dépassé à l'automne dernier. Dans la voie femelle, on dénombre 8 000 embryons produits en ferme et 5 600 en stations.


L'offre catalogue, segmentée l'an dernier en fonction des typologies d'élevage, va être renouvelée et harmonisée pour l'ensemble des éleveurs au 1er janvier 2017.


2,8 millions d'IAT ont été réalisées en races bovines en 2015, avec un ratio de 2 inséminations pour 1 IAP. Évolution souligne la qualité de la production de semence sexée sur laquelle il y a très peu de retour (195 000 IAP pour 246 000 IAT).


Évolution est le leader français du génotypage. Celui-ci est utilisé pour les besoins du schéma (10 000 génotypages) mais aussi en tant qu'outil de pointe du conseil en élevage (43 000 génotypages).


L'entreprise se développe à l'international avec un CA de 6,2 M€ boosté par la semence sexée. L'international est une ressource indispensable selon Évolution pour pouvoir financer les schémas en France et offre encore des perspectives de croissance.


Évolution, c'est aussi des filiales en Afrique du Sud, en Espagne et en Allemagne et d'autres filiales en France en équin (Équitechnic) en lapin (Eurolap), dans le commerce de génisses (Ouest Génis).

 

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