Terra 05 mai 2016 à 08h00 | Par Jean-Paul Riault, président JA Bretagne

Urgence pour le code 3

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Terra

Monoprix a annoncé qu’il n’y aurait plus d’œufs issus de poules élevées en cage dans ses magasins. Argument marketing ou réelle demande de ses clients ? Là n’est pas la question. En 2012, la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses est entrée en vigueur. Alors que les pays du nord de l’Europe, Allemagne en tête, décident de stopper la production d’œufs en cage, en voyant les habitudes alimentaires des consommateurs évoluer, la filière française dans son ensemble, les pouvoirs publics, mais également les établissements bancaires, encouragent les producteurs d’œufs de code 3 à se maintenir dans cette filière en se mettant aux normes. Mieux ! Des installations de jeunes en filières alternatives n’ont pas vu le jour par manque de contrats ou de financement. Personne ne croyait à l’époque à l’œuf alternatif ! Est-ce par manque de clairvoyance, de courage ou simplement pour protéger des intérêts personnels que la filière n’a pas su anticiper ces évolutions de consommation ? La question est entière. Mais l’urgence est ailleurs, car actuellement seuls les producteurs subissent les contrecoups de cet acte manqué. Il faut maintenant regarder vers l’avenir et construire une filière œuf organisée et forte et cela passera par la recherche de nouveaux débouchés à l’export pour l’œuf de code 3, des débouchés qui rémunèrent les qualités sanitaire et sociale supérieures de la production française. Parallèlement, la pression des distributeurs sur leurs fournisseurs doit s'arrêter : les œufs dits alternatifs ont un coût que les distributeurs et les consommateurs doivent payer. Mais le marché ne pourra tout régler. Les pouvoirs publics et les banques doivent être aux côtés des récents investisseurs. Ils doivent en particulier soutenir les jeunes qui ont investi lourdement pour se mettre aux normes et qui ne peuvent modifier leur mode de production dans un pas de temps court. Les industries agroalimentaires doivent aussi se montrer solidaires, et au lieu de s’approvisionner au plus bas prix sur des ovo-produits étrangers, elles devraient s’approvisionner dans l’Ouest et profiter de produits de qualité et de proximité. Les constats et des pistes de solutions sont connus comme l’atteste le rapport de 2013 du CGAAER qui donnait 60 recommandations pour structurer la filière. Combien ont été mises en place ? Il est grand temps de se mettre au travail et d’agir.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui