Terra 18 décembre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Valoriser le bois d'œuvre en circuits courts

Morcelée, la forêt bretonne est très peu valorisée. Réunis en collectif, les professionnels du secteur ont décidé d'unir leurs forces pour créer des filières locales.

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La scierie mobile est une façon, pour les petits propriétaires forestiers, les agriculteurs..., de valoriser leur bois d'œuvre.
La scierie mobile est une façon, pour les petits propriétaires forestiers, les agriculteurs..., de valoriser leur bois d'œuvre. - © Terra

Le premier tronc est en place. Et, dans le froid du matin, Jérôme Letur s'apprête à débiter le mélèze en planches bien régulières. Nous ne sommes pas dans sa scierie de Sizun (29), mais sur le parking du domaine de Ménez Meur, à Hanvec, en plein cœur du Parc naturel régional d'Armorique, où il a installé sa scie mobile pour trois jours. Abattus il y a trois ans par les ouvriers du parc, les arbres se transformeront bientôt, sous leurs doigts agiles, en tables de pique-nique, étagères, nichoirs, barrières à moutons, présentoirs à documents...

Au plus prËs

Cette valorisation au plus près, c'est ce que voudrait développer le collectif régional Koad an Arvorig. Né sous l'impulsion de quelques scieurs et menuisiers des Monts d'Arrée, de Glomel et de Dinan, il regroupe aujourd'hui les propriétaires forestiers, les artisans de la première et seconde transformation du bois et les prescripteurs, architectes ou maîtres d'œuvre. Et se fixe un objectif clair : "plutôt que d'importer du bois, valorisons celui que nous avons sous la main".

Souvent, les petits propriétaires n'utilisent leur bois qu'en énergie, bûches ou plaquettes, alors que certains arbres pourraient servir en bois d'œuvre. Une valorisation difficile à envisager pour de faibles volumes ? "La scierie mobile se prête bien aux petits chantiers, répond Jérôme Letur. On se déplace pour une journée de travail, 7 à 15 m3". Du bois que les agriculteurs pourront utiliser pour charpentes, bardage... "On est là aussi pour les conseiller".

Une bourse au bois local

Le bois peut aussi être vendu en circuits courts, auprès des ébénistes, menuisiers... "Nous allons mettre en place une bourse au bois, précise Louis-Marie Guillon, chargé de mission agriculture-forêt au PNRA, et qui anime le collectif. Proposer des formations sur la charpente, la reconnaissance du bois, sa valorisation...". Car, à la diversité des essences répond la diversité des usages, un savoir-faire qui s'est perdu au fil du temps. "Et proposer la mutualisation de certains équipements, comme la machine à classer le bois".

 

 

Contact

Vous êtes propriétaire forestier et souhaitez en savoir plus ? Vous pouvez contacter Louis-Marie Guillon, PNRA, au 02 98 81 16 41 ou par mail : louis-marie.guillon@pnr-armorique.fr

 

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