Terra 19 octobre 2017 à 08h00 | Par Loïc Guines, président de la FDSEA35

Vous d'abord Monsieur le Président !

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Les annonces d’Emmanuel Macron à Rungis semblent être saluées par une majorité de participants aux Etats Généraux. Comment la FNSEA, les JA, les chambres d’agriculture, la FNAB, l’ANIA, la Conf’ et j’en passe peuvent-elles être du même avis ? Sans doute parce que chacun a trouvé dans ce discours un chapitre qui intéressait sa paroisse, une reprise de ses demandes. Habile discours en vérité où le président promet des revenus aux producteurs, indique un cap vert et très clair (plus de qualité, plus de bio, plus de circuits-courts, moins de phyto, plus de bien être, des tailles d’exploitations "raisonnables"), donne un calendrier précis, affiche un soutien sans faille à tous les acteurs. Qui ne serait pas séduit par un tel discours ? Enfin un Président qui nous propose une vision claire et un challenge agricole, environnemental et sociétal digne de ce nom, un "new deal" agricole où le consommateur paye les produits, où les filières sont mieux organisées, où les acteurs se parlent, où les producteurs s’épanouissent dans leur métier et en vivent dignement, sans aides. Pour prendre collectivement ce cap, le garder et atteindre les objectifs fixés, il va falloir déplacer des montagnes, révolutionner les esprits, déboulonner des caciques, être innovant, efficace... Et tout ça dans le respect de l’autre et -j’oubliais- dans l’urgence car la maison agricole France brûle. Certains diront qu’il faut être naïf pour croire le monde paysan capable de prendre un tel virage. Je ne serai pas d’accord avec eux. Nous devons continuer à nous engager dans cette voie ‘premium’ car c’est celle choisie par le consommateur, même si l’acte d’achat ne le traduit pas encore complètement. Quoi qu'on en dise, l’avenir de l’agriculture française repose très probablement sur encore plus de qualité, de traçabilité, d’innovation. D’autres pays l’ont compris, ne les laissons pas nous supplanter.

Cela étant dit, par où commencer ? Vous mettez, Monsieur le Président, la pression sur les filières en disant regroupez-vous, renforcez vos OP, faites des cahiers des charges à valeur ajoutée. Monsieur le Président, ne mettez pas la charrue avant les bœufs, ne remettez pas si vite la balle dans le camp des filières. Ces changements que vous appelez de vos vœux ne peuvent pas être engagés sans la garantie minimale de prix rémunérateurs. Proposez-nous une loi qui offre réellement cette garantie, calmez les ardeurs des distributeurs trop avides, contrôlez les étiquetages, encadrez les promotions, exigez la transparence, pénalisez sévèrement les contrevenants et, vous verrez, vous aurez derrière vous des paysans motivés, déterminés qui sauront relever ce défi agricole que vous nous avez lancé.

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