Terra 10 avril 2014 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Les éleveurs de porcs investissent pour l’énergie

20 GWh par an soit 20 % de la consommation annuelle de la ville de Rennes, c’est l’économie d’énergie réalisée par les éleveurs de porcs en Bretagne uniquement grâce aux investissements réalisés dans le cadre du plan performance énergie depuis 2009.

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Pauline et Jacques Guillouzic dans leur nouveau bâtiment PS doté de niches à porcelets.
Pauline et Jacques Guillouzic dans leur nouveau bâtiment PS doté de niches à porcelets. - © Terra

"L’énergie me tenait à cœur. En m’installant, j’ai pu mettre la théorie en pratique", témoigne Pauline Guillouzic, 29 ans, installée à Bignan dans le Morbihan depuis 2013, avec son mari, Jacques, également éleveur de porcs au sein du groupement Porc Armor évolution. Pour la construction en 2013 de nouveaux bâtiments PS et engraissement, elle a recherché des innovations qui lui permettraient d’économiser de l’énergie, "à défaut de la produire". Les techniques mises en place leur permettent une économie de 85 % par rapport à la moyenne, le parc breton se situant à 75 Ä par truie présente et par an.

 

Engraissement dans un bâtiment Océane

En engraissement, Pauline et Jacques ont opté pour un bâtiment type Océane : des rideaux sur les côtés s’ouvrent automatiquement selon la température voulue à l’intérieur (ici 21°C) avec à la clé des économies d’énergie liées à la ventilation. Un choix motivé par les conditions de travail avec une grande luminosité à l’intérieur du bâtiment. Un choix également économique, car malgré les 80 Ä de surcoût lié au racleur en V, le coût se limite à 407 Ä de la place. Mais un choix audacieux pour la région, bien que les éleveurs disent "ne pas avoir eu de difficulté à maîtriser la température l’hiver dernier". Leurs résultats techniques, dans une production de porcs Maggiore, sont satisfaisants et similaires à ceux obtenus dans leur autre bâtiment.

En post-sevrage (2x615 places), les éleveurs ont fait le choix de niches à porcelets intelligentes Veng System. "On ne chauffe que la zone de confort selon une courbe de température fonction de l’âge du porcelet. Pour 36°C dans la niche, il fait 21°C dans le reste de la pièce. Ce sont des économies d’énergie et pour nous un plus grand confort de travail", apprécie Pauline. À 238 Ä de la place, cela représente environ 10 % de surcoût par rapport à une installation classique, principalement lié à ce système de chauffage. "Il y a un bon retour sur investissement grâce aux économies d’énergie", estime l’éleveuse, pour qui l’aide du PPE fut décisive dans le choix du système.

2 095 exploitations porcines ont bénéficié de ce plan depuis sa mise en place en Bretagne. "Le PPE est un plus dans l’aboutissement des projets", constate Philippe Hercouët, de la Draaf.  C’est pourquoi la Région et l’État voulaient le prolonger en 2014 dans l’attente du nouveau plan de modernisation des bâtiments d’élevage". Et Monique Danion, conseillère régionale, de préciser le montant d’un million d’euros pour 2014 acté par la Région pour ce plan adressé à toutes les filières1.

1- Pour plus de détails, lire le Terra 423 du 4 avril.

- © Terra

Une démarche globale de filiére

La visite de l’élevage de Pauline et Jacques Guillouzic, le 2 avril, fut l’occasion pour les partenaires de la filière porcine de souligner leur implication dans les économies d’énergie en Bretagne et de dresser leur bilan-perspectives. "Les éleveurs ne découvrent pas la démarche énergie aujourd’hui. C’est d’abord un gain de compétitivité face à une dépense énergétique appelée à augmenter, une manière aussi de contribuer à notre niveau à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et un moyen d’améliorer les conditions de travail", souligne Philippe Bizien, vice-président de l’UGPVB. Au sein des groupements, les moyens sont également mobilisés avec des des équipes bâtiments qui consacrent en moyenne 20 % de leur temps à l’énergie.

Enfin, l’énergie en élevage porcin est un thème depuis 2006 de la recherche et développement menée au sein des chambres d’agriculture et de l’Ifip. "Le premier travail a permis de quantifier les consommations et d’identifier le PS comme stade le plus consommateur suivi par l’engraissement", relate Frédéric Kergourlay, de la chambre d’agriculture de Bretagne. "Nous avons ensuite évalué différents équipements en station expérimentale et en élevages, souligne Yvon Salün, de l’Ifip. Nous proposons des outils et notre expertise aux prescripteurs". Etape suivante : le développement sur le terrain du concept BEBC+, bâtiment d’élevage à énergie positive, qui conjugue une basse consommation à la production d’énergie renouvelable.

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