Terra 13 novembre 2014 à 08h00 | Par Marylise Le Guénic

Antibiotiques vétérinaires : résultats encourageants et efforts à poursuivre

L’antibiorésistance est un problème de santé publique majeur, en médecine humaine comme en médecine vétérinaire. En santé animale, les résultats publiés dans le dernier rapport de l’Anses sont encourageants: le niveau d’exposition aux antibiotiques n’a jamais été aussi bas depuis 1999.

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Des diminutions de la résistance aux antibiotiques critiques sont encore à souligner cette année. Cette tendance n’est pas la même dans toutes les filières, ni pour tous les antibiotiques, mais des résultats positifs majeurs ont néanmoins été obtenus.
Des diminutions de la résistance aux antibiotiques critiques sont encore à souligner cette année. Cette tendance n’est pas la même dans toutes les filières, ni pour tous les antibiotiques, mais des résultats positifs majeurs ont néanmoins été obtenus. - © Terra

L’Anses a publié le 4 novembre le rapport annuel de suivi des ventes d’antibiotiques vétérinaires en France en 2013 et le bilan 2013 du réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Résapath). Outre le niveau d’exposition aux antibiotiques le plus bas depuis quatorze ans, une diminution de la résistance aux antibiotiques critiques dans la plupart des filières animales est à souligner. Toutefois, les efforts sont à poursuivre.

 

Le niveau d’exposition le plus bas depuis 1999

Toutes espèces animales confondues, le niveau d’exposition des animaux aux anti-biotiques est pour la première fois inférieur à celui de 1999, année de lancement du plan de surveillance (- 5,5%). L’exposition globale en 2013 a par ailleurs diminué de 7,3 % par rapport à l’année 2012, et de 15,7 % sur les cinq dernières années. Entre 2012 et 2013, l’exposition aux antibiotiques a diminué de 6,6 % pour les bovins, de 5,4 % pour les volailles, de 4 % pour les porcs et de 1,7 % pour les carnivores domestiques. En revanche, elle a augmenté de 3,6 % pour les lapins, espèce qui avait connu une baisse très importante les années précédentes (-30% en 5 ans).

Sur les cinq dernières années, l’exposition par voie orale a diminué de 24,3 % alors qu’une augmentation de 9,4 % est observée pour la voie injectable. Cette diminution de l’exposition par voie orale est principalement liée à une diminution de l’utilisation de prémélanges médicamenteux (- 45,9 % sur 5 ans et - 15,4 % en 2013 par rapport à l’année 2012). Ces variations traduisent vraisemblablement une diminution de l’utilisation des antibiotiques en prévention. L’exposition des animaux aux antibiotiques critiques (céphalosporines de 3e et 4e générations et fluoroquinolones) s’est stabilisée depuis quelques années. En 2013, toutes espèces animales confondues, on observe une baisse importante de l’utilisation des céphalosporines (- 9,8 % par rapport à 2012) et une baisse plus faible des fluoroquinolones (- 1,5 %).

Par ailleurs, les diminutions observées sont plus importantes dans les filières animales ayant mis en place des actions spécifiques. Ainsi, suite à l’initiative de la filière porcine de restriction volontaire de l’utilisation des céphalosporines de dernières générations, l’exposition des porcs à cette famille a diminué de 66 % entre 2010 et 2013.

 

Des taux de résistance en diminution depuis 2006

Des diminutions de la résistance aux anti-biotiques critiques (céphalosporines de 3e et 4e générations et fluoroquinolones) sont encore à souligner cette année. Cette tendance n’est pas la même dans toutes les filières, ni pour tous les antibiotiques, mais des résultats positifs majeurs ont néanmoins été obtenus.

La multirésistance (résistance à au moins trois familles d’antibiotiques) est fréquente en ce qui concerne E. coli, plus particuliè- rement chez les bovins (23,4 %), les porcs (16,9 %), les chevaux et les chiens (tous deux à 10,5 %). Le phénomène est en revanche moins marqué chez les poules et poulets (6,2 %) et chez les dindes (3,4 %).

 

De nouveaux objectifs et des initiatives en cours

Au vu de ces différents bilans, l’Agence estime nécessaire de disposer de données plus précises sur l’utilisation des antibiotiques par espèce et catégorie d’animaux, une nécessité rappelée régulièrement au niveau européen. La diminution de l’exposition aux antibiotiques observée ces dernières années, globalement et par espèce, semble confirmer l’impact positif des différentes actions menées en matière d’usage raisonné des antibiotiques. En deux ans, la réduction observée est de 12,7 %, elle est donc pour l’instant en ligne avec l’objectif du plan Ecoantibio 2017 de réduire de 25 % en cinq ans, même si des efforts restent à consentir pour atteindre cet objectif ambitieux.


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