Terra 23 février 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Trois questions à... Loïc Guines

A quelques semaines de la mise en application de la nouvelle PAC, de nombreuses questions demeurent pour l'heure sans réponse, et plongent ainsi les agriculteurs dans l'incertitude. Le point avec Loïc Guines, président de la FDSEA 35.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Loïc Guines, président de la FDSEA35.
Loïc Guines, président de la FDSEA35. - © A.M

Alors que plusieurs réunions ont eu lieu au niveau national, quels sont encore les points de blocage sur la nouvelle PAC ?

Loïc Guines : Les élus nationaux de la FNSEA ont déjà rencontré les politiques à plusieurs reprises. Le problème c'est que nous sommes aujourd'hui à quelques semaines de la mise en application de cette nouvelle PAC et c'est le flou qui prédomine toujours. Certains sujets que l'on pensait clos ne semblent finalement pas l'être alors que pour d'autres l'administration n'est pas en mesure de nous répondre. Je prendrais deux exemples. A commencer par la PAC graphique : 2014 a fait l'objet d'une vérification scrupuleuse, qui a d'ailleurs coûté très cher à la France. Nous disposons donc aujourd'hui de plans fiables. Il faudrait que les gens qui n'ont pas inscrit leurs haies dans leur déclaration le fassent pour 2015 et, par la même occasion, redessinent les plans. Cela va complètement à l'opposé de la simplification administrative tant réclamée. De même pour le classement des prairies qui devraient être déclarées permanentes lorsqu'elles dépassent les cinq ans. Cela va à l'encontre des MAE système dont le ministre de l'Agriculture fait la promotion. En effet, dans ce dispositif on a besoin de rotations plus longues, donc de prairies temporaires de plus de 5 ans. La difficulté aujourd'hui, c'est que l'on n'a pas de définition claire. Et tout ceci sous couvert de Bruxelles, alors qu'en réalité c'est de Paris et du ministère de l'environnement que vient la surenchère.

 


Le 13 février dernier, vous avez reçu des élus locaux, puis vous avez rencontré les services de la DDTM. Qu'est il ressorti de ces échanges ?

L.G. Nous avions invité le vendredi matin les députés, sénateurs et conseillers régionaux. Seulement trois députés étaient présents. Cela pose la question de savoir comment les autres considèrent l'agriculture et l'intérêt qu'ils lui portent. Ils se sont déclarés pas vraiment surpris par cet état de non avancement des dossiers. En revanche, il ont découvert à quel point la complexité administrative pouvait être un frein pour nos productions. Le message que nous avons porté et le danger qui nous guette, c'est qu'en procédant de la sorte, l'administration ne pourrait pas mieux faire pour créer des "frustrés" de l'Europe. L'après-midi, avec les services de la DDTM, on s'est rendu compte qu'ils essaient de nous rassurer, mais finalement ils sont aussi inquiets car les dates approchent et ils n'ont pas encore toutes les réponses.

 


L'assemblée générale de la FDSEA (le 2 mars) approche, quels sujets allez-vous aborder avec Xavier Beulin ?

L.G. La PAC évolue depuis 50 ans, aussi bien au niveau du budget que politiquement. La dernière réforme nous donne les objectifs vers lesquels l'agriculture doit tendre. Notre objectif est de réfléchir avec Xavier Beulin, à travers des problématiques qui sont propres à notre département, aux réflexions que l'on doit mener pour l'avenir et pallier à cette dérive du tout libéral. Notre souhait le plus profond est de construire un avenir pour nos agriculteurs et trouver les solutions les plus adéquates pour la pérennité de notre élevage et de notre département.

INFO

L'assemblée générale de la FDSEA est programmée le lundi 2 mars à l'espace Le Ponant à Pacé. Cette assemblée statutaire sera suivie d'un débat avec la participation du président de la FNSEA, Xavier Beulin.Rendez-vous à 19h pour les adhérents et à 20h pour les non adhérents. Renseignements et inscriptions au 02.23.48.25.25


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui