Terra 03 avril 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

La fin des quotas laitiers ? Une opportunité !

Mardi, dernier jour d'application des quotas laitiers, les élus de la chambre d'agriculture, réunis en session à Quimper, ont fait le tour des préoccupations du monde agricole. Et, de la crise dans la quasi-totalité des productions aux incertitudes de la Pac en passant par le projet de Sdage, elles ne manquent pas !

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De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Pascal Gourain, directeur.
De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Pascal Gourain, directeur. - © Chantal Pape

Lait

Hasard du calendrier, la session de la chambre d'agriculture se tenait le dernier jour d'application des quotas laitiers. Si le changement ne manque pas d'inquiéter certains, André Sergent, le président de la chambre d'agriculture, préfère y voir une formidable opportunité, chaque producteur retrouvant une liberté qui lui a fait défaut pendant 30 ans. "Chacun doit conduire sa propre réflexion stratégique et décider en toute connaissance de cause". Et la chambre d'agriculture d'en appeler maintenant "privés et coopératives à la création d'une association territoriale d'organisations de producteurs, seule à même de peser dans la négociation sur le prix".

 

 

Porc

"La production porcine n'a pas connu un exercice favorable depuis 8 ans", rappelle la chambre d'agriculture, qui estime qu'aujourd'hui "cette situation compromet la survie de bon nombre d'exploitations". Elle demande donc des mesures d'urgence d'aide à la trésorerie, à la prise en charge de cotisations sociales et à l'allègement des charges financières. Pour autant, hors de question, pour André Sergent de baisser les bras ! "Même le Ministre de l'agriculture estime qu'il faut augmenter la production". C'est, pour le président de la chambre d'agriculture, l'occasion de réfléchir à la transmission des exploitations. "Sans remettre en cause le MPB, il nous faudra aller vers de la contractualisation, ou on ne trouvera bientôt plus aucune banque qui acceptera d'accompagner des jeunes, sans aucune garantie".

 

 

La session de la chambre d'agriculture s'est tenue le 31 mars dernier, à Quimper.
La session de la chambre d'agriculture s'est tenue le 31 mars dernier, à Quimper. - © Chantal Pape

Dossiers PAC

Alors que les réunions d'information viennent tout juste de s'achever, la chambre d'agriculture a dénoncé "la complexité extrême" qu'entraînent les nouvelles règles. "Les agriculteurs sont inquiets et découragés", note Alain Hindré. "Et ils vont encore perdre en autonomie, rajoute Jean-Jacques Déniel. Comment remplir seul un tel dossier". Les élus de la chambre d'agriculture demandent donc "que les contrôles soient uniquement pédagogiques en 2015".

 

 

Sdage

"Depuis des années, nous avons fait des efforts. Et la qualité de l'eau s'améliore plus vite que prévu, constate Michel Tanné. Il est temps de faire une pause". La chambre d'agriculture a donc voté contre le projet de Sdage Loire-Bretagne 2016-2021, en dénonçant le risque de démobilisation des agriculteurs mais aussi les objectifs fixés. "Compte-tenu de l'inertie des milieux, il est irréaliste de vouloir passer de 32 à 69% de masses d'eau en bon état d'ici 2021".

 

 

Simplification administrative

Environnement, dossiers PAC... il a beaucoup été question de sur-administration tout au long de la session ! "On nous parle de simplification administrative, constate Sophie Jézéquel. Il y a peut-être une réelle volonté politique. Mais rien ne transparaît dans l'écriture des nouveaux textes, qu'il s'agisse du Sdage, de la Pac ou de l'installation". Et, à en croire le Préfet du Finistère, les choses ne sont pas près de changer ! "De la complexité, il y en aura toujours. Plus il y a de la concertation, et plus il y a de complexité".

 

 

Un budget tendu

La session est aussi l'occasion d'examiner le budget de la chambre d'agriculture. "La loi de finance a imposé une baisse de 2% de l'imposition pour cette année", rappelle Pascal Gourain, le directeur de la chambre d'agriculture. Et, comme pour les CCI ou les chambres des métiers, l'Etat va prélever une partie du fonds de roulement des chambres d'agriculture, ce qui se traduira, pour le Finistère, par une ponction de l'ordre de 115 000 EUR cette année. Le budget s'annonce donc tendu, avec un résultat de fonctionnement estimé à - 250 000 EUR. Et pousse la chambre d'agriculture à décaler certains investissements, atelier machinisme à Saint Ségal, bureaux à Trévarez..., et à aller encore plus loin dans la régionalisation.

 

 

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