Terra 15 mai 2015 à 08h00 | Par Marie-Isabelle Le Bars, Chambre régionale d'agriculture de Bretagne

"Demain je transmets…" : des sessions pour apporter les premières informations

Pas question de mettre la tête dans le sable ! Si vous souhaitez transmettre votre exploitation dans les meilleures conditions, il faut anticiper et s’y prendre au moins cinq ans à l’avance.

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Les chambres d’agriculture et les JA de Bretagne organisent régulièrement ces sessions d’information, en partenariat avec la MSA, et selon les cas, la Safer, des banques,…
Les chambres d’agriculture et les JA de Bretagne organisent régulièrement ces sessions d’information, en partenariat avec la MSA, et selon les cas, la Safer, des banques,… - © Terra

Quelle que soit la situation, départ d’une exploitation sociétaire ou individuelle, il va falloir, pour
l’exploitant,  se projeter dans une nouvelle phase de vie, et pour l’exploitation (ou les associés restants) trouver une solution : nouvelle organisation du travail, recherche d’un salarié ou bien un nouvel installé. C’est possible, comme le montrent plus de 500 nouveaux installés chaque année en Bretagne : un tiers le sont hors du cadre familial, et on compte un installé en individuel pour trois en société. Mais cette étape prend du temps, le temps de la rencontre humaine, de la négociation et de la décision, le temps de la transmission des savoir-faire…

 

…tablir un calendrier

À quel âge partir ? L’âge légal du départ en retraite est passé à 62 ans pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1955. Et il faut avoir validé 166 trimestres de cotisation pour pouvoir bénéficier de la retraite à taux plein.

Une fois la date connue, il reste à établir le calendrier de travail : évaluer des conséquences juridiques, fiscales, sociales, actionner les outils qui permettront d’optimiser son revenu lors de la retraite…

C’est aussi le moment d’analyser la transmissibilité de l’exploitation à transmettre, d’étudier tous les scénarios qui permettront de réaliser cette opération dans les meilleures conditions, et en particulier, la possibilité de transmettre à un jeune. Il faudra alors en parler autour de soi, auprès de sa famille, de ses voisins… et une démarche active de recherche d’un repreneur doit se faire au moins deux ans avant le départ en retraite. Ne pas oublier d’en parler à ses propriétaires, car en effet, l’exploitation n’aura pas le même potentiel, amputée d’une partie de son foncier.

Aborder très concrètement toutes ces questions, avoir les premières informations auprès des spécialistes pour faire ses choix, c’est l'objectif des sessions Demain, je transmets…

 


INFO

Au programme des sessions : les étapes de la transmission et les démarches à prévoir, les dispositifs et outils permettant de faciliter la transmission, le rôle des partenaires du réseau transmission (banques, Safer…). Les dates sont disponibles au sein du service Transmission de votre chambre d’agriculture, accueil du Réseau Transmission.

Claude Bougeard (à droite) aux côtés de Gérald, un jeune rencontré par l'intermédiaire du RDI et à qui il a cédé son exploitation en octobre 2013.
Claude Bougeard (à droite) aux côtés de Gérald, un jeune rencontré par l'intermédiaire du RDI et à qui il a cédé son exploitation en octobre 2013. - © Terra

Claude Bougeard : "être patient et s'y prendre à líavance !"

Comment trouver un repreneur ? Comment réussir son passage de relais ? InstallÈ en 1979 en Ille-et-Vilaine à la suite de ses parents, Claude Bougeard, jeune retraité, revient sur son parcours, avec 'íenvie de partager son expérience.

Mon départ à la retraite potentiel était prévu pour 2012. Dès 2009, j’ai commencé à en parler à mes deux enfants, deux fils, qui avaient déjà leur diplôme agricole en poche. Ils ne souhaitaient pas reprendre l’exploitation familiale. La même année, j’ai participé aux journées demain je transmets, organisées par les Jeunes Agriculteurs, journées d’information à destination des cédants. À la suite, en 2010, j’ai pris contact avec le centre de gestion pour réaliser un état des lieux et une évaluation de mon exploitation. Cet état des lieux est indispensable, il m’a servi de support pour présenter mon exploitation aux jeunes. Je souhaitais vendre les bâtiments d’exploitation, le matériel, le cheptel. Mes terres étaient en location. Dans la même année, je me suis inscrit au RDI (Répertoire Départ Installation). Hélène Amouriaux (conseillère transmission de la chambre d’agriculture) m’a permis de rentrer en contact avec des futurs installés. J’en ai rencontré 5-6. En octobre 2010, par l’intermédiaire du RDI, un jeune est venu me voir. Il n’habitait pas loin, mais on ne se connaissait pas, il était intéressant. Il cherchait des terres et n’était pas du tout intéressé par l’exploitation, les bâtiments, etc. De mon côté, je ne voulais pas diviser mon exploitation, je voulais valoriser mes bâtiments. Ça s’était arrêté là. Il s’appelait Gérald et n’était pas issu du milieu agricole. Puis en 2011, ne trouvant toujours pas de cédant et ayant des soucis de santé, je voulais aller vite, j’ai donc inscrit mon exploitation dans une agence immobilière. Si c’était à refaire, je ne le referai pas. Ce ne sont pas des professionnels, il faut faire attention, on vous fait miroiter. En octobre 2012, Gérald est revenu me voir et souhaitait, cette fois-ci, reprendre l’intégralité de mon exploitation. Il avait revu son projet d’installation. Nous avons, mi-janvier, préparé le compromis avec le notaire et tous les bâtiments, une partie du cheptel ont été vendus. Gérald s’est installé au 1er octobre 2013 et j’ai pu enfin prendre ma retraite ! Aujourd’hui, j’ai de bonnes relations avec Gérald, je lui fais des petites courses, ça se passe bien. C’est une très bonne expérience et j’espère que cela durera. Si je devais donner des conseils aux futurs cédants, c’est tout d’abord de bien savoir ce que l’on veut, être clair, cohérent dans ses démarches. Avec Gérald, nous avons eu tout de suite une relation franche, directe, sans entourloupette. Le répertoire est un très bon outil pour rencontrer des jeunes capable de reprendre une exploitation. Pour les jeunes, il faut être motivé, bien connaitre son projet. Être agriculteur, ce n’est pas simple, il faut être à la hauteur, être à 300 %. Aujourd’hui, on n’est pas agriculteur par défaut comme à l’époque de nos parents. Enfin, mon dernier conseil aux futurs cédants, c’est d’être patient, d’anticiper pour trouver le jeune avec qui ça marchera.

Propos recueillis par Louise Maurice, animatrice JA Bretagne



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