Terra 15 mars 2007 à 00h00 | Par C. Pape

La bio ? Le Cerafel y croit !

Régulièrement pris à parti par les producteurs indépendants par presse interposée, les adhérents bio du Cerafel ont tenu à rétablir certaines vérités.

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De gauche à droite : Bernard Le Saint, Jean-Jacques Le Bris et Michel Le Quéré.
De gauche à droite : Bernard Le Saint, Jean-Jacques Le Bris et Michel Le Quéré. - © TERRA
"La défense de la bio ? Il y a ceux qui en parlent et ceux qui la réalisent". Lassés d'être sans cesse montrés du doigt par les indépendants, les producteurs bio du Cerafel ont décidé de mettre les points sur les "i". "Dans un contexte national où la bio stagne, elle se développe chez Prince de Bretagne", se félicite Jean-Jacques Le Bris, président de la commission agrobiologique du Cerafel.

23 producteurs, 5 000 tonnes de légumes
Pour le moment, les sections bio de la Sica, de l'UCPT et de Terres de Saint Malo comptent 23 adhérents, un chiffre qui devrait rapidement grimper à 30, de nombreux agriculteurs étant en cours de conversion. Partie de zéro en 1998, la production a atteint les 5 000 tonnes en 2005. Et si près de 50% du tonnage est réalisé par le chou-fleur, la gamme s'étoffe peu à peu et comprend désormais 25 références : brocoli, artichaut, pomme de terre, échalote, chou pommé, poireau, concombre, tomate, mâche, courgette, haricot… Rester au sein de leur organisation de producteurs une fois convertis à la bio semblait une évidence à tous ces producteurs. "Je me suis lancé en 1997, se souvient Bernard Le Saint, président de la section bio de la Sica. Je me sentais bien à la Sica, j'ai demandé la création d'une nouvelle section".
Car travailler au sein de la même organisation, livrer ses légumes dans les mêmes dépôts offre de nombreux avantages. "Nous pouvons apporter à l'agriculture conventionnelle, comme nous en profitons aussi, affirme Jean-Jacques Le Bris. Nous bénéficions de la logistique, par exemple. Et, en échangeant avec les agriculteurs conventionnels, nous diffusons nos idées et nos façons de faire". "Mes choux-fleurs ne reçoivent plus d'insecticides, témoigne Bernard Le Saint. Mon voisin, conventionnel, est venu voir comment je procédais et, depuis, lui non plus ne traite plus". Car, si certains s'échinent à opposer bio et conventionnels, quitte à décrier ces derniers, les adhérents bio du Cerafel préfèrent parler de complémentarité… et convaincre. "Les bio de demain sont les conventionnels d'aujourd'hui".

Transparence et mutualisation
Les producteurs bio sont très attachés à la transparence. "Pour le moment, nous sommes peu nombreux, explique Jean-Jacques Le Bris. A chaque réunion de la commission bio du Cerafel, tous les producteurs sont invités. Et de la technique à la commercialisation, tous les sujets sont abordés". "A qualité égale, la rémunération est la même pour tous, apprécie Michel Le Quéré, président de la section bio de l'UCPT (22). Et, en situation tendue, il y a mutualisation entre tous les producteurs, quel que soit le département, quelle que soit la taille de l'exploitation".
Valable pour tous les producteurs bio vendant à des grossistes ou des magasins, l'extension des règles, rendant obligatoire le paiement de cotisations au Cerafel, a du mal à passer auprès des indépendants. "Et pourtant, rappelle Jean-Jacques Le Bris, quand il s'agit de défendre l'échalote de tradition contre les produits de semis, c'est tous ensemble qu'il faut le faire".
Ces cotisations servent aussi à financer le marketing, les travaux de recherche à la station bio de Pleumeur-Gauthier (22), ou la création variétale à l'OBS (29). "En bio, les semences sont un problème crucial, rappelle Jean-Jacques Le Bris. Aujourd'hui, l'OBS propose à ses adhérents des semences bio, adaptées au terroir, résistantes à certaines maladies et peu gourmandes en azote, au prix des semences conventionnelles dans les firmes privées".
Et, contrairement à ce que d'aucuns ont laissé entendre, une variété hybride n'est en rien OGM. "On ne va quand même pas revenir aux variétés population, s'insurge Bernard Le Saint. Notre objectif est d'abaisser nos coûts de production pour rendre la bio accessible au plus grand nombre, ce que permet une variété hybride, en réduisant les charges de main d'œuvre".


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