Terra 02 avril 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Nord et est du Morbihan : l'élevage s'y concentre

La concentration des effectifs d'animaux dans les élevages morbihannais s'affirme au nord et à l'est du département au détriment de l'ouest et de la frange littorale. C'est l'un des enseignements de l'observatoire de l'Azote, thème central de la session de mardi dernier où la progression du cheptel de vaches laitières a été souligné, renouant avec un troupeau connu il y a 10 ans.

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De gauche à droite, Philippe Charretton, Jean-François Savy, Laurent Kerlir, Hervé Cadoret,
De gauche à droite, Philippe Charretton, Jean-François Savy, Laurent Kerlir, Hervé Cadoret, - © claire le clève

 

 

Pas d'entrée environnementale pour cette analyse des dernières données 2012-2013 de l'observatoire de l'azote, lors de la session de la chambre d'agriculture du Morbihan. "Mais de constater économiquement comment évolue l'élevage dans le notre département et les enseignements à en tirer", s'attachera à pointer Laurent Kerlir en introduction de cette présentation, véritable "photographie d'une situation", que dépeindra Étienne Ariaux, responsable du service Économie-Environnement. Observer l'azote, c'est le regarder sous toutes ses formes, qu'il soit minéral, organique produit et résorbé... Plus facile à faire pour l'azote minéral en compilant des achats qui ont progressé de plus de 3 700 t pour atteindre 23 000 t dans le département, avec une pression moyenne de 61,7 uN/ha de SAU contre 56 en 2010-2011. Une évolution que "l'année propice aux productions végétales", expliquerait, entre-autre. Coté organique, l'affaire se corse, détermination des effectifs mais surtout application de nouvelles références viennent compliquer les comparaisons.

 

160 000 vaches laitières

Reste que "l'effectif de vaches laitière est en forte évolution depuis 2012, plus de 6 000 vaches en un an. On se retrouve au même niveau qu'en 2004. Il en va de même avec la suite du troupeau", pointe le rapporteur de cette étude menée avec le futur Conseil départemental. Et ce sont 160 000 vaches laitières pour le troupeau morbihannais, avec un déplacement des effectifs vers l'est du département au détriment du nord-ouest et de la frange littorale. "Une évolution qui pèse sur la pression d'azote organique, 3 000 t de plus, c'est plus 9 kg d'azote par ha", relève Étienne Ariaux. Un déplacement toujours plus à l'est accentué pour la production porcine. Ainsi, coté truies, si en 10 ans, si leur nombre a chuté de 11,2 % pour atteindre 93 000 reproducteurs fin 2013, c'est autour des cantons de Pontivy et Malestroit que leur élevage s'est concentré. Resté stable en 10 ans, à 2,3 millions, l'effectif de porcs charcutiers montre lui aussi "un léger déplacement vers l'est".

 

Pondeuse : + 23 %

Premier département en production de dindes, le Morbihan a connu en 2014 un effondrement de plus du tiers de ses abattages et de ses bâtiments en volaille de chair depuis 2000. Avec 1 573 000 M2, la production se concentre sur une diagonale tirée entre Gourin et Allaire, dans une zone centrale dense. "Il y a des signes de reprise en dinde", pointe Etrienne Ariaux. Signes que le préfet du Morbihan, pour sa dernière intervention en session, ne démentira pas : "Ce n'est pas rien d'accueillir dans le département LDC, le N° 3 de la volaille en Europe....le rapprochement entre LDC et Sofiprotéol va avoir des conséquences positives en terme d'investissements par dizaines de millions pour moderniser les outils" appuiera-t-il. Signal fort coté pondeuses avec une progression de 23 % du nombre de places pour atteindre 6 millions de poules dans des ateliers fortement restructurés, où 40 % de la production se concentre sur les cantons de Ploermel, Malestroit, Baud et Locminé.

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

Encadré :

En chiffres

 

 

La production totale d'azote organique en 2013 s'établit à 43 830 t dont 58,5 % pour les bovins, 20 % en porc, 14,10 % pour la volaille de chair, 6,5 % pour les pondeuses,

De 43 %, l'azote produit par les bovins est passé à 58,5 % de l'azote organique brut produit en 2013 en Morbihan et 62,5 % de l'azote épandu pour une pression moyenne de 116 kg/ha de SAU. Ces 44 000 tonnes d'azote organiques produits en 2013 se justifient par une modification des références de rejets qui les renchérissent de 23 % et par un effectif de vaches en développement. Et même si le déplacement vers l'est accroît la pression animale, "nous sommes loin des 170 unités d'azote organique de la directive nitrates". Avec l'azote minéral, 64 000 t d'azote total ont été épandus, soit une pression de 171 kg/SAU. Coté phosphore, le changement significatif en volaille de chair des normes de rejet donne "une respiration et permet une grande souplesse des plans d'épandage", salue Etienne Ariaux. Sur les 22 000 T de phosphore organique brut, 10 % sont résorbés et plus de 3000 t de minéral sont utilisés pour un apport de 23 152 t sur la SAU morbihannaise. Ainsi, la production brute de phosphore organique a reculé de 10 % depuis 2006 et la pression exercée "respecte la doctrine régionale et le sdage".

 

Ils ont dit

 

Frank Guehennec : "Nous voulons nous inscrire dans une démarche de développement même s'il y a régression d'effectifs qui inquiète en porc et volaille. Nous nous mobilisons sur la déclaration des flux avec le risque de figer les exploitations dans leur situation. Or on a réussi à faire baisser la pression d'azote tout en voyant évoluer l'effectif des vaches laitières. Il faut s'y référer et ne pas mettre de verrou. Cet observatoire est un très bon outil.

Michel Guernevé. "Il faut faire front commun face à la pression des associations sur le réglementaire. A mesure qu'on baisse le phosphore on déséquilibre la fertilisation et il faut aller chercher de l'engrais minéral"

Jean-René Menier : "L'azote est lessivable, le phosphore est érodable, l'un se règle par des mesures de plan de fumure, l'autre par des mesures anti-érosives. Il y a une différence".

Jean-Marc Le Clanche : A Lorient il y a ça aussi, la production humaine dont on reçoit toutes les boues des stations d'épuration. Si on assez de notre azote, quid des déchets reçus des collectivités ?

Laurent Kerlir : "Il faut faire en sorte que cet observatoire nous serve. Attention de ne pas figer les choses sans tenir compte de l'azote réellement efficace"

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