Terra 20 septembre 2012 à 15h59 | Par Audrey Dibet

Porc - « Laissez-nous entreprendre ! »

Le Comité régional porcin (CRP) souligne une baisse historique du nombre de cochons liée à la dureté de la crise depuis cinq ans. Il demande aux politiques des actes rapides.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
À gauche, Philippe Bizien, le nouveau président du Comité régional porcin, aux côtés de Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB).
À gauche, Philippe Bizien, le nouveau président du Comité régional porcin, aux côtés de Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). - © Audrey Dibet

« Une baisse de -6% des abattages sur la zone Uniporc sur les sept dernières semaines : on a jamais vu ça, selon Philippe Bizien, le nouveau président du CRP. La dureté de la crise est pour l'instant la seule cause de cette baisse, qui devrait en outre s'accentuer avec l'échéance de la mise aux normes ». Les professionnels estiment les pertes des éleveurs bretons à 24 centimes par kg produit, en moyenne, depuis cinq ans. Et avec un aliment dépassant les 300 € la tonne, « il va falloir de nouvelles références de prix dans toute la filière. Les distributeurs doivent accepter de passer les hausses », alerte Michel Bloc'h, président de l'UGPVB. « On est heureux de la hausse du prix du porc mais ce n'est pas la panacée, poursuit-il. On doit retrouver de la rentabilité à tous les niveaux ». Et le président de l'UGPVB de redire aux éleveurs, l'importance de leur choix quant à l'apport au MPB qui ne comptabilise pour le moment que 20% de l'offre. « Il vaudrait mieux 25% », remarque-t-il.

 

« Faire sauter le verrou des ZES »

Ramener de la cohérence dans les élevages : c'est la demande essentielle que le CRP a faite à François Hollande, la semaine dernière, au Space, alors que la réforme des ZES est proche d'aboutir. « On souhaite que les plafonds des communes en ZES soient relevés entre 20 000 et 25 000 kg d'azote. Ce qui va permettre à certains éleveurs de créer les quelques places nécessaires à la rentabilité de leur élevage », souligne Michel Bloc'h.

Les responsables bretons attendent « des actes rapides » des politiques pour lever les carcans administratifs. Et un peu plus de fermeté sur le dossier des distorsions sociales et fiscales vis-à-vis des abattoirs allemands. « Si l'on reste sans bouger, la production porcine aura disparu en Bretagne d'ici trois ou quatre ans, et tous les emplois qui vont avec, prévient Michel Bloc'h. Les pays voisins, eux, n'attendent pas ».

Bientôt l'effet de la mise aux normes

La Bretagne devrait perdre entre 8 et 10% des truies, en conséquence de l'application de la directive bien-être. 85% des éleveurs avaient déposé leur dossier de mise aux normes à l'échéance du 1er septembre. Alors que l'enveloppe de 25 millions d'euros d'aides pour ces travaux est consommée depuis déjà trois semaines, l'UGPVB salue l'annonce du ministre de l'Agriculture d'abonder de 10 millions supplémentaires, mais note que « ce ne sera peut-être pas suffisant ».

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui