Terra 26 février 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Crise porcine : premières mesures d'urgence

La mobilisation en Côtes d'Armor des éleveurs de porcs a mis le feu aux poudres. Des mesures à tous les niveaux, au ministère de l'Agriculture, en préfectures départementales jusqu'au commissaire européen à l'Agriculture, s'installent. Tout l'enjeu, au delà des actes d'urgence de soutien des éleveurs, est la mise en oeuvre de mesures structurelles tangibles. Il y a urgence.

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Alors que localement les éleveurs exercent une pression - ci-dessus, 200 producteurs de porcs rassemblés au marché du porc à Plérin le 19 février - parallèlement, les discussions entre la filière porcine et les pouvoirs publics se poursuivent en d'autres lieux.
Alors que localement les éleveurs exercent une pression - ci-dessus, 200 producteurs de porcs rassemblés au marché du porc à Plérin le 19 février - parallèlement, les discussions entre la filière porcine et les pouvoirs publics se poursuivent en d'autres lieux. - © Dominique Poilvet

Alors qu'est annoncée une 3e mobilisation au marché du porc à Plérin, 200 producteurs de porcs pour la deuxième semaine consécutive étaient rassemblés à la séance hebdomadaire du 19 février à l'appel de la FDSEA-JA. Après une vente en hausse de 5 cts, s'en est suivie une tournée des hypermarchés et des "cash and carry" à Saint-Brieuc et Lamballe (Métro, Promo Cash, Lidl, Aldi, Carrefour, Leclerc...). Vérifier l'étiquetage, vider les rayons de leur contenu : la tension est telle du côté des éleveurs que des débordements se sont produits. Car si de la marchandise a été distribuée à des associations caritatives, d'autres ont été aspergées de carburant...

Des répercussions au plus haut niveau

Alors que localement, les éleveurs exercent une pression, parallèlement les discussions entre la filière porcine et les pouvoirs publics se poursuivent en d'autres lieux. Au salon de l'agriculture, où le week-end dernier, le commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan a annoncé l'ouverture de l'aide au stockage privé dans le secteur de la viande porcine afin de faire face à l'embargo russe. Une mesure qui était à l’ordre du jour du comité de gestion européen le 24 février dernier.

A la demande du ministre de l'agriculture (suite à sa rencontre avec le président de la FNP le 17 février), des cellules de crise départementales s'organisent pour faire le point des difficultés de trésorerie des éleveurs, rencenser les éleveurs les plus touchés et coordonner la mise en oeuvre des dispositifs nationaux de gestion de crise. Dès le 18 février, le préfet de région Patrick Strzoda, était entouré des acteurs de la filière pour un échange entre éleveurs, coopératives, syndicat, distributeurs, industriels, banques et MSA. Il a annoncé une série de mesures d'urgences : report de cotisations sociales et prises en charge sur l'enveloppe 2015 du fonds d'action sanitaire et sociale de la MSA, fonds d'allègement des charges financières, exonérations fiscales. Ces aides, annoncées par le préfet de région, pourraient atteindre entre 3 800 € et 5 000 € par an et par chef d'exploitation. Ce dernier a évoqué une "crise très grave pour la filière", "avec des pertes de 30 000 à 40 000 € entre octobre 2014 et janvier 2015 pour une exploitation moyenne en Bretagne".  De même, les banques sont sollicités pour "prendre en compte les situations personnelles" des éleveurs en difficulté.

En Côtes d'Armor, la cellule de crise s'est tenue le 25 février en préfecture de Saint-Brieuc. Particulièrement impliqué auprès des éleveurs costarmoricains, le préfet Pierre Lambert a précisé : "c'est le prix qui fera sortir la filière de la crise. Il faut que la grande distribution joue le jeu".

Dans cet objectif de "prix", la profession demande des mesures structurelles à savoir l'instauration de relations commerciales équilibrées sur la base d'une contractualisation qui compense les distorsions de concurrence sociales, environnementales et fiscales ; le respect de l’étiquetage "porc français" des produits frais et transformés (entrée en vigeur de l'étiquetage de l'origine des viandes fraîches le 1er avril 2015) et la création de rayons "origine France" en grande distribution. A tous les échelons, les discussions se poursuivent. Les éleveurs, eux, ne relâchent pas la pression.

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