Terra 05 février 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Régulation du sanglier : Ouvrir la voie

Prairies ou semis de maïs ravagés. Ces dégâts qu’il occasionne aux cultures, le sanglier de la presqu’île de Sarzeau en est coutumier depuis plus de 10 ans. Là, comme ailleurs, sa population double tous les ans, faute de régulation suffisante… Et c’est bien ce qui fâche, exaspère même car, outre les champs pour le couvert, 1 500 ha de friches lui offrent le gîte, en toute impunité. Pour le débusquer, les agriculteurs du secteur, avec le soutien de la FDSEA ont ouvert la voie, mercredi dernier à St Gildas.

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En 10 ans, le tableau de chasse du sanglier en Morbihan a triplé pour atteindre près de 1 800 individus pour la saison 2012/2013.
En 10 ans, le tableau de chasse du sanglier en Morbihan a triplé pour atteindre près de 1 800 individus pour la saison 2012/2013. - © FDC 56

 

 

 

Mercredi 10h45, St Gildas. Pour facilité l’accès à ces zones de friches dont le paysage, non entretenu, s’est refermé, les broyeurs entrent en action. «On va ouvrir des chemins, et là on verra si le sanglier passe ou pas». Car ces agriculteurs qui se sont mobilisés, s’interrogent encore. Lors de la dernière battue administrative, du 27 décembre dernier, un seul sanglier a été abattu sur un territoire où il est de notoriété publique qu’il pullule. Ici, sur la presqu’île de Rhuys, «le sanglier est devenu la bête noire», au sens propre comme au figuré. C’est ainsi qu’on le nomme ce cochon sauvage, tout aussi omnivore qu’opportuniste et dont les facultés d’adaptation permettent à la population de doubler tous les ans. Ce, au nez et à la barbe du GIC, groupement d’intérêt cynégétique, créé dès 1999 pour que toutes les sociétés de chasse du secteur se coordonnent pour gérer sa population. «Ça fait 10 ans que ce constat est dressé. Cela a occasionné beaucoup de dégâts chez les agriculteurs qui ne sont pas bien indemnisés. Avec en plus cette impression que les chasseurs ne faisaient pas leur boulot en matière de prélèvements», situe Frank Guéhennec, président de la FDSEA pour décrire une ambiance dégradée. Et non contente de saccager les cultures, la bête surgit sans crier gare sur les chaussées en compromettant la sécurité des automobilistes.

 

Bête noire, nuisible

 

«Le sanglier est classé nuisible, ce n’est pas pour rien», rappelle le responsable de la FDSEA dont le syndicat avait apporté son soutien au collectif local, créé par Didier Launay, éleveur de Sarzeau. En 2013, il s’était fait entendre lors d’une action phare au salon Mille Sabords de Sarzeau. Ainsi, «la pression a été mise pour trouver des solutions», avec quelques avancées à la clé, dont la reprise du dialogue entre agriculteurs et chasseurs n’est pas la moindre, «tant l’exaspération était grande» rappellent-ils. Outre la prolongation des battues administratives qui se dérouleront jusqu’à la fin février, la profession a également obtenu l’arrêt de l’agrainage durant une année transitoire. Suffisant pour endiguer sa prolifération  ? «200 cochons ont été prélevés juste sur la presqu’île, l’année passée », pointent les responsables, soit le neuvième de ce qui est chassé, chaque année, dans le Morbihan. En 10 ans, ce tableau de chasse a triplé pour atteindre près de 1 800 sangliers pour la saison 2012/2013. La population reste donc très présente sur le territoire, «où les chasseurs n’ont pas d’accès à cause des friches non-entretenues qui constitue de véritables havres de paix pour cette espèce qui s’y met à l’abri». D’où l’idée d’y réaliser des corridors pour ouvrir l’accès, et la vision, en cas de battue. Une amorce de travail sur les 1 500 ha de friches que les agriculteurs ne sont pas prêts d’abandonner. «Il y a obligation que les propriétaires entretiennent leurs parcelles. Tant qu’à nettoyer, autant percevoir un fermage», propose Frank Guehennec en se prenant à espérer «juste 10 % de friches remises en cultures, ce sont 150 ha avec lesquels on pourrait imaginer installer des jeunes».

Claire Le Clève

 

 

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