Terra 07 mars 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

"Lorsque des difficultés existent, il faut en parler"

Comment le Crédit Agricole perçoit-il la crise qui secoue la filière et les élevages porcins ? Entretien avec André Le Bihan, responsable du marché agriculture du Crédit Agricole des Côtes d'Armor.

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André Le Bihan 
Crédit Agricole des Côtes d'Armor
André Le Bihan Crédit Agricole des Côtes d'Armor - © Terra

La crise porcine sévit. Comment la mesurez-vous à l'échelle d'une banque comme le Crédit Agricole ?

André Le Bihan. Le Crédit agricole est une banque mutualiste, à l'intérieur de laquelle les élus jouent vraiment un rôle essentiel. Ils apportent un éclairage primordial et leur bonne connaissance du terrain. Ils sont aux côtés des services, pour compléter l'information et aider à l'analyse de la situation. Depuis octobre 2014 nous sentons la situation se dégrader en termes de trésorerie. Certains éleveurs sont dans une situation d'impasse, avec un prix du porc insuffisant pour faire face aux coûts d'aliment. Pour l'élevage moyen breton de 220 truies et 54 ha de céréales, ce sont en six mois de 45 000 à 60 000 € qui manquent en trésorerie. L’accompagnement Flexiporc possible pourra être adapté en fonction de la taille de l’élevage.

 

Quels sont les éleveurs les plus concernés, quelles mesures mettez-vous en place ?

A.L.B. Les écarts de résultats techniques sont bien sûr un élément déterminant. 53 % des producteurs de porcs ont un coût de revient au dessus de la moyenne du groupe, quelquefois avec des faibles performances techniques. Nous conseillons surtout aux éleveurs lorsqu'ils rencontrent des difficultés de ne pas rester seuls chez eux. Lorsque les tensions existent, il faut surtout en parler. Il y a toujours des solutions à travailler. Les taux d'intérêts sont bas, aujourd'hui la charge financière n'est pas l'élément qui pose le plus de problème dans les élevages.

 

Concrètement quelles sont les mesures disponibles aujourd'hui ?

A.L.B. Nous mettons en place un accompagnement sur mesure. Nous essayons avec le client de réfléchir aux meilleures solutions à mettre en place en fonction de sa situation. A-t-il autofinancé des investissements, ses lignes de trésorerie sont-elles adaptées à sa situation, fait il appel à un CT DPU, aux avances mise en culture etc... ? Certains prêts "modulables" permettent des reports de remboursements ou des baisses de mensualités.

En complément, pour un élevage de taille moyenne, un Flexiporc de 30 000€ de prêt sur une durée de 5 ans avec 1 an de différé à 2 % en taux fixe (1,80 % pour les JA) pourra être mis en place.

Nous avons participé aux réunions de cellule de crise porcine sous l'égide des préfets. Des travaux sont en cours avec les services de l'État pour solliciter un fond d'allègement des charges (FAC) et la possibilité de financer des reports de MSA. L'ensemble de ces mesures représente vraiment des aides pour les élevages concernés. Mais bien sûr la seule mesure qui permettrait vraiment de voir l'avenir positivement serait une remontée durable des cours.

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