Terra 21 novembre 2014 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Année chaude et récolte pluvieuse pour le kiwi à Lanfains

Du 8 au 16 novembre, s'est déroulée l'autocueillette de kiwis à Lanfains. L'année est exceptionnelle. Le petit fruit vert a bénéficié de conditions clémentes : un printemps doux, sans gel et un bel automne. Aux Vergers du Clos à Lin, les années "chaudes" sont appréciées.

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Dans le verger de 2 ha, les lianes regorgent de kiwis. Le fruit marron-vert, vêlu, mûrit en hiver. Mesuré, le taux de sucre indique le bon moment de la récolte. Généralement vers le 11 novembre. "Trop fort, il y aura un problème de conservation. Trop faible, la fruit est acide". Entre 8 et 15 tonnes de kiwis sont produits à Lanfains selon l'année. 2014 est dans la fourchette haute. Toutefois, si la saison du kiwi a été propice, la pluie est venue contrarier la semaine d'autocueillette.

Une culture sensible aux conditions météo

Tous les ans, en novembre, les kiwis arrivent à maturité en même temps. Au Verger du Clos à Lin, l'autocueillette est privilégiée mais sur une période très courte. Une des craintes est le gel. Une fois terminée, les producteurs récoltent et stockent les kiwis en chambre froide. Le fruit peut se conserver jusqu'en mai-juin le temps de rejoindre les magasins alentours. Tout dépend des stocks. "Parfois, nous n'avons plus aucun volume à vendre une fois la cueillette terminée. Tout dépend des conditions météo", explique Jacques Boscher. Il y a deux ans, le vent avait cassé les branches. La production avait été écoulée après un jour et demi de cueillette. En 2011, le gel au printemps avait détruit les bourgeons. "Les jeunes pousses et les fleurs sont particulièrement fragiles", indique le producteur. Ce que craint le fruit : le gel et le vent. "Il faut une pluviométrie raisonnable et une bonne arrière saison".

Présent depuis les années 70

Importé de Nouvelle-Zélande, d'Italie ou produit dans le Sud de la France, le kiwi de Lanfains a pourtant su s'acclimater au climat local, et ce depuis 1970. "Les parents de Pascale ont été un des premiers en France à produire le fruit. Précurseurs, ils ont acheté les pieds à Paris chez Truffaut".

En 1980, Jacques et Pascale Boscher décident de passer à une variété néozélandaise sélectionnée pour la grosseur, le taux de sucre et la conservation. Le verger est surgreffé avec la variété Hayward. Arbre dioïque, mâle et femelle poussent sur des pieds distincts : il faut un arbre mâle pour cinq arbres femelle.

Des bourdons pour la pollinisation

Après la récolte, dès que les fruits sont tombés et l'arbre est bien dégagé, débute la taille de fructification en décembre ou janvier. "On ne garde que les branches à fruit". Puis en mars, il y a l'attachage des branches fruitières avant la pousse des bourgeons pour éviter les dégâts causés par le vent. "Chez nous, il n'y a aucun traitement des arbres fruitiers", annoncent les producteurs sans pour autant produire un fruit bio (engrais et désherbage sont conventionnels). Pour la pollinisation, les bourdons sont à l'oeuvre : une vingtaine de ruches est achetée et disséminée dans les vergers. Les petites bêtes travaillent à 8°C et puis les fleurs de kiwi ne sont pas mellifères.

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