Terra 19 juin 2014 à 08h00 | Par Paul Jegat

"L'optimisme, ça se travaille"

Chez Cogédis Fidéor, on a choisi de cultiver "l'optimisme et la persévérance". La preuve par quatre le 5 juin dernier à Pacé (35) où se tenait l'assemblée générale de l'association de gestion et de comptabilité, avec des témoins venus expliquer comment ils se soignent du pessimisme ambiant.

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Des témoins sont venus partager leur optimisme.
Des témoins sont venus partager leur optimisme. - © TERRA

Norvégienne d'origine et éleveuse laitière en Normandie avec son mari normand, Katrine Lecornu a le tempérament volontaire, elle est donc allée vérifier que l'herbe n'était pas plus verte ailleurs, au delà de sa Normandie d'adoption et même au delà de l'Europe. Elle en est revenue convaincue que "oui la France a des atouts laitiers", l'Ouest en particulier, message qu'elle délivre dès qu'elle peut au nom de l'association European dairy farmers et des 450 éléveurs laitiers européens qui la composent. "Climat, sol, foncier, on est le pays où le lait est le moins cher à produire", assure-
t-elle en s'étonnant qu'ici, on en soit encore à s'inquiéter de l'après quota. Pour elle, "la fin des quotas n'est pas un problème", on aura même compris que cette échéance pouvait être une opportunité à saisir... pourvu qu'on s'en donne les moyens.

"Arrêtez de geindre"

A coté de Katrine, sous le même projecteur qui les expose au regard scrutateur des administrateurs Cogédis Fideor rassemblés dans la salle de congrès de Pacé, une autre agricultrice parle de son quotidien : elle est éleveuse de porcs avec son mari, ils font du naissage et seulement du naissage, soit à peu près l'inverse du schéma classique d'une exploitation porcine. Elle s'appelle Brigitte Vincent et comme sa collègue norvégo-normande, cette bretonne a la volonté de croire qu' "il y a toujours des solutions" , pense-t-elle, "il faut juste les trouver". A tel point qu'elle est aussi devenue éleveuse de juments pour produire du lait de jument et en faire des produits cosmétiques  qu'elle vend uniquement à la ferme, auprès des clients de ses gîtes et chambres d'hôtes. Ils sont trois à faire tourner la petite entreprise. "On est très rigoureux et organisés et ça se passe bien", résume-t-elle sobrement. De la rigueur et de l'organisation donc, comme une potion magique qui effacerait les obstacles ? Brigitte avoue 2 ou 3 secondes de doute par ci par là qu'elle balaie à coup d'optimisme volontaire en se disant "tout ce que j'ai envie de faire, je vais essayer de le faire". Elle se souvient même d'une gentille claque reçue à l'issue d'une réunion professionnelle il y a longtemps lorsqu'elle avait entendu un responsable agricole exhorter l'assistance en lâchant un "arrêtez de vous plaindre, arrêtez de geindre" qui résonne encore dans sa mémoire et sonne comme un clairon dans l'assistance. Un troisième témoin en profite et sort de l'ombre, David Noblecourt s'est fait une place dans le monde du e-commerce. Ce Correzien d'origine a posé ses valises à Brest où il a créé une société de conseil et de conception d'outils de vente par internet. Ses clients sont mondiaux mais c'est bien à la pointe du Finistère qu'il  trouve les ressources nécessaires au développement de son entreprise.

A portée de clic

"L'avantage de la Bretagne c'est la compétence humaine, avec des collaborateurs fidèles, à l'inverse de la région parisienne", explique-t-il. Dans son domaine d'activité où "tous les 18 mois, on fait un nouveau métier", ce comptable de formation que rien ne destinait au web marketing s'est fixé pour règle de ne pas se laisser dévorer par la morosité. Et d'évoquer "les infos anxiogènes" rabâchées par les médias d'info en continu que désormais il ne veut plus écouter. Une ligne de conduite qui lui autorise même à relativiser ses échecs, lorsque par exemple il s'était mis en tête de faire son trou auprès d'entreprises américaines de la Silicon Valley. Après un an de démarchage, il s'est rendu à l'idée qu'il était temps de revoir ses ambitions. Aujourd'hui, ses clients américains sont Français d'origine et très satisfaits du savoir faire développé par la petite société brestoise de 20 salariés totalement dédiées au commerce par internet. Le quatrième invité de Cogédis Fidéor, partage avec les précédents témoins d'être lui aussi client du cabinet d'expertise comptable, il n'est ni Breton ni agriculteur, mais industriel verrier dans la région parisienne. Certes, Xavier Loriot confirme que la crise sévit dans le bâtiment "... mais pas partout". Son secteur d'activité est  porté par l'air du temps et la frénésie de construction de centres commerciaux et d'immeubles aux façades de verre. Un marché ququel il répond volontiers mais dont il ne veut pas dépendre. Aussi, il a diversifié les activités de son entreprise en offrant à ses clients un service de location de matériel de manutention du verre et de fourniture de consommables en lien avec la pose du verre. Il a une ligne de conduite : "avoir toujours un coup d'avance". Ce qui l'amène à miser aujourd'hui sur un développement futur en France du triple vitrage. "On attend, on attend", s'impatiente-t-il en observant que ce type d'installation est devenu la norme chez nos voisins allemands. Et, comme ses collègues invités à s'exprimer  sur leur manière d'envisager leur métier, il est convaincu que "l'optimisme, ça se travaille".

En chiffres

Implantée dans 25 départements où elle compte 75 bureaux de proximité et 750 collaborateurs, l'association d'expertise comptable Cogédis Fidéor accompagne ses 16500 clients  (9600 agriculteurs et 6900 professionnels et PME  dans ses métiers de conseil économique, financier, le groupe a renforcé son activité en accueillant 500 nouveaux clients et en accroissant son chiffre d'affaires de 5%.

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