Terra 27 mars 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Comment gérer l'après-quotas ?

Une gestion concertée des volumes, un tunnel de prix, une caisse de péréquation... : la Confédération paysanne a profité d'un colloque organisé à Poullaouen (29) où intervenaient des professeurs français et canadiens, pour présenter ses propositions sur la gestion de l'après-quotas.

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De gauche à droite : Yves Sauvaget, représentant de la commission lait de la Confédération paysanne, Daniel Gouin, professeur à l'université Laval, à Québec, et Aurélie Trouvé, enseignant-chercheur à AgroParisTech.
De gauche à droite : Yves Sauvaget, représentant de la commission lait de la Confédération paysanne, Daniel Gouin, professeur à l'université Laval, à Québec, et Aurélie Trouvé, enseignant-chercheur à AgroParisTech. - © Terra

"Nous plaidons pour une gestion dynamique de la production, encadrée par les pouvoirs publics". A quelques jours de la fin des quotas laitiers, la Confédération paysanne 29 a voulu faire entendre sa voix, et a organisé un colloque le 20 mars dernier. L'occasion pour Yves Sauvaget de détailler la position de la commission lait nationale. "Les pouvoirs publics ne peuvent pas se désengager de la gestion de la production car, derrière le lait, il y a l'aménagement du territoire".

 

Anticiper

La Confédération réclame la mise en place d'un outil d'anticipation des crises. "Il n'y a ni budget ni volonté politique de mettre de l'argent pour gérer les crises ? Il faut donc un outil de prévention". Le syndicat a imaginé un tunnel de prix, avec un minimum calé sur les coûts de production. "Des coûts à calculer au niveau européen, sinon ça ne marchera pas. Et avec des pénalités pour les entreprises qui ne le respectent pas". Quand le prix décolle et que le marché absorbe, il devient possible de libérer les volumes. "Et, à partir d'un certain niveau, une caisse de péréquation permet de collecter un peu d'argent pour pallier les creux".

 

Pas d'accord

"Au sein de l'Union européenne, deux visions s'opposent". Enseignant-chercheur à AgroParisTech, Aurélie Trouvé a participé, fin 2013, à une conférence organisée par Dacian Ciolos pour trouver des outils à mettre en place au moment de la sortie des quotas. Mais, entre les pays du Nord, prêts à restructurer leur élevage et à produire à tout crin et l'Europe latine, qui craint pour son agriculture de montagne et ses zones périphériques, aucun accord n'a été trouvé. "La conférence a juste débouché sur l'observatoire des prix et des marchés".

Plusieurs pistes avaient pourtant été évoquées : un paiement contra-cyclique, un plafonnement des volumes lorsqu'une crise se profile... "Mais le changement de commissaire et des prix qui ne sont pour le moment pas au plus bas ont fait que l'Union européenne en est restée là". Et pourtant... "La probabilité est forte qu'on connaisse une grave crise sur les prix. Et la production sera encore plus fragilisée en cas d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis".

 

Une boîte à outils

"Au Canada, et à la condition d'un vote majoritaire des producteurs, un plan conjoint de mise en marché est mis en place au niveau d'un territoire", est venu expliquer Daniel Gouin, professeur à l'université Laval, à Québec. Producteurs et collecteurs ont alors obligation de négocier collectivement les conditions de mise en marché. "Et, si besoin, un tribunal viendra arbitrer". Ce système date de 1956 même s'il a été maintes fois modifié. "Il y a eu prise de conscience qu'en cas de contractualisation individuelle, il y avait un rapport de force déséquilibré entre producteur et collecteur". Et il s'applique à l'ensemble du secteur agricole. "Le Canada offre une boîte à outils et chaque production va y prendre ce qui l'intéresse : les céréales en utilisent très peu, le porc un peu plus. Et le lait est l'une des productions les plus structurées et les plus organisées".

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