Terra 21 mai 2007 à 09h39 | Par C. Le CLève

Laurent Kerlir - "Pour un vrai ministère doté d'un vrai budget"

A quelques jours d'une journée nationale de mobilisation de la FNSEA, le 25 mai, voulue en réponse aux intentions du nouveau chef de l'Etat de limiter le nombre des ministères, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne, réaffirme ici l'importance politique de l'existence d'un ministère de plein exercice. D'autant que les gros dossiers s'accumulent, ceux des normes bien être et de la conditionnalité, qui pénalisent particulièrement la Bretagne.

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Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne depuis le 23 avril dernier est entrée dans le syndicalisme agricole voici 13 ans. Il est éleveur laitier à Ploemeur (56), en zone périurbaine de Lorient, à un kilomètre du rivage atlantique.
Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne depuis le 23 avril dernier est entrée dans le syndicalisme agricole voici 13 ans. Il est éleveur laitier à Ploemeur (56), en zone périurbaine de Lorient, à un kilomètre du rivage atlantique. - © TERRA
Il n'y aura pas d'actions d'éclat le 25 mai prochain. L'appel à la mobilisation lancé par la FNSEA sera beaucoup plus clairement une manière pour la profession de rappeler son besoin d'être entendue par le nouveau chef de l'Etat. "Pas question non plus d'avaliser la dilution de l'agriculture au sein d'un grand ministère", insiste quant à lui, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne depuis quelques semaines, Pour cet éleveur laitier à Ploemeur (56), ce scénario porte le risque "d'affaiblir l'agriculture. Nous réclamons donc un vrai ministère, doté d'un vrai budget tant les enjeux sont forts". Parmi ceux-ci, le dossier de révision de la PAC à mi parcours en 2008, date à laquelle la France devrait prendre la présidence de l'Union Européenne, est attendu. Ce d'autant plus que "le "non" français à l'Europe a fragilisé notre position dans le débat européen".
 
"Pas question de brader nos agricultures"
"Nous ne pesons plus. Il faut donc reprendre la main sur l'Europe politique qui est en panne", estime ainsi Laurent Kerlir pour qui la mise en place d'une constitution simplifiée permettrait de lever les oppositions. Et constituer un front uni dans la reprise des négociations à l'OMC ne sera pas un luxe pour faire de l'agriculture "une exception à la seule logique marchande". Un discours qui, au-delà de l'Europe, devrait avoir le soutien de bon nombre de pays en voie de développement. "Pas question de brader nos agricultures suivant la vision de certains".

Lever les interrogations sur la directive bien-être
Pour Laurent Kerlir, il n'est pas davantage question de passer sous silence les spécificités régionales et départementales, avec en premier lieu la place à part qu'occupe la Bretagne et ses productions agricoles dans le paysage français. Des spécificités aux conséquences lourdes en matière de conditionnalité des aides . "Quand partout en France il y a 1 % d'exploitations contrôlées par domaine de conditionnalité, en Bretagne nous cumulons tout". Une exploitation contrôlée sur dix pour la directive nitrates, une contrôlée sur cinq en Zone d'action complémentaire, une sur deux sur les BV en contentieux. "Cette conditionnalité pèse plus chez nous qu'ailleurs", pointe Laurent Kerlir. Et ce d'autant que les directives phyto et bien-être entrent dans leur phase d'application. "Avec la directive phyto, ce sont encore de nouvelles contraintes et plus de complexité", déplore le président de la FRSEA Bretagne. Si un travail de sensibilisation et d'accompagnement est en cours sur les phytos, avec notamment des portes ouvertes régionales en juin prochain, la situation est toute autre sur le dossier bien-être. "Il y a des contradictions avec les préconisations technico-économiques mais, en plus, une subjectivité terrible laissée au contrôleur", dénonce-t-il. Demandant que l'administration précise le cadre des contrôles, plusieurs FDSEA ont d'ores et déjà prévu d'inviter celle-ci à quelques visites d'exploitations le 25 mai prochain "pour préciser les choses, apprécier et en tirer les conséquences".

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