Terra 11 mai 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

"Le dispositif d'accompagnement à l'installation : une étape importante pour le jeune installé"

Le nouveau cadre de l'installation en 2015 a été validé en avril. Les aides destinées à financer l’installation des jeunes, étaient attendues depuis le 1er janvier 2015 après remise en cause du cadre national par la Commission Européenne. Le point de l'actualité et des enjeux avec Sébastien Rouault, président de JA 22.

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Sébastien Rouault, président de JA 22.
Sébastien Rouault, président de JA 22. - © terra

Terra. Le cadre qui prévoit, entre autre des aides DJA, a été discuté en Région puis validé par l'Europe ?

Sébastien Rouault, président JA22. "Nous demandions avec JA Bretagne, l'équité entre toutes les productions. Après un travail de longue haleine avec les acteurs de la Région nous avons défini les critères de modulation (1), notamment l'agro-écologie, la valeur ajoutée et l'emploi. Nous avons réussi aussi à remonter le montant de base de la DJA à 9 000 €, pour un impact moindre par rapport à la précédente grille.

Mais le dispositif d'installation ne se résume pas à la DJA ou aux prêts bonifiés, il y a aussi les avantages du dispositif avec le PPP et le stage 21 heures. Rappelons que le parcours de formation est gage de réussite puisque 9 jeunes sur 10 sont encore agriculteurs 5 ans après. Enfin, nous voulons renforcer le suivi formation post installation pour que le jeune puisse sortir la tête de l'eau à un moment donné. Mais cela ne fera pas partie de la nouvelle grille.

S'agissant du plafond d'accès aux aides, nous avons trouvé un consensus : aujourd'hui la production brute standard ou PBS, autrement dit le chiffre d'affaires, est plafonnée par actif exploitant, et non à l’ensemble de l’exploitation agricole. En Côtes d'Armor, pas mal de projets en hors-sol ne seraient pas passés en installation aidée sinon. Aujourd'hui en Bretagne, un tiers des dossiers restent en suspens dans le cadre des EARL avec salariés".

 

Terra . Le carcan administratif a-t-il évolué ? Certains baissent même les bras lorsqu'il s'agit de demander les aides.

S.R. "Depuis le 1er janvier 2015, les délais d'installation sont plus courts car le jeune a validation de son installation dès qu'il reçoit l'accusé de réception de la DDTM, le passage en CDOA peut se dérouler dans un second temps. Avant janvier 2015, l'installation était validée après passage en CDOA. Par ailleurs, le nouveau plan d'entreprise a été conçu avec moins d'avenants. Le suivi à partir de la 3ème année réduit le nombre de fiches annuelles.

Mais c'est vrai, en matière de simplification, il aurait fallu aller plus loin. Mais que l'on s'installe avec les aides ou non, les contraintes administratives sont quasiment les mêmes. Le parcours est également compliqué qu'il s'agisse d'une installation aidée ou non".

 

Terra. "111 installations aidées en 2014, un tiers de jeunes installés hors cadre familial, comment recruter des jeunes pour produire demain ?"

S.R. "Nous voulons renforcer la promotion du métier vers les collèges et les lycées. En effet, nous sommes confrontés à des problèmes d'orientation dès qu'il s'agit des métiers de l'agriculture. Cela passe par le forum des métiers. Là nous accueillons des groupes d'élèves sur une exploitation en présence de partenaires – banques, comptables... A la fin du mois, nous organisons pour la première fois, dans l'enceinte du salon agricole de Terralies à Saint-Brieuc, la soirée Agri Night. En quoi cela consiste ? Après une séance de "travail-bilan" en présence de jeunes agriculteurs installés depuis 5 ans dans le département, nous enchaînons avec une soirée disco déguisée "tenue chic et détail choc agricole", ouverte aux BTS des lycées agricoles. Une manière de créer du lien tout en s'amusant".

 

Terra. "Cela va bientôt faire un an que le congrès national JA était organisé en Côtes d'Armor. Quelles ont été les retombées ?"

S.R. "Pour nos adhérents, cela a permis de vivre un événement d'envergure nationale ; quant à nos partenaires, nous leur avons montré que nous étions présents sur les dossiers importants. Cela a joué sur la dynamique du réseau. Nous avons gagné des adhérents, une cinquantaine. Des structures cantonales sont apparues : celles de Plénée-Jugon ; de Tréguier ; Mur-de-Bretagne est en progression avec 20 à 30 adhérents ; deux nouveaux cantons sont en train de voir le jour.

Les jeunes agriculteurs qui ont participé au congrès, nous avons su les garder. Aujourd'hui, l'équipe JA 22 est soudée et nombreuse, avec un responsable sur chaque dossier. J'avoue, pour moi c'est plus confortable car je peux compter sur eux. C'est aussi une réelle dynamique que nous souhaitons entretenir pour promouvoir le métier d'agriculteur".

Propos recueillis par Emmanuelle Le Corre

 

 

(1) : hors cadre familial, agro écologie, valeur ajoutée et emploi, moyens de production.

 

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