Terra 26 février 2015 à 08h00 | Par Thierry Michel

Au Sia, les filières proposent, le Président écoute

Précédant une longue file de personnalités politiques de tous horizons pour lesquelles cette visite est devenue primordiale, le Président de la République s'est pour sa part livré dès le petit matin du premier jour du salon de l'agriculture à un très rituel parcours inaugural. Dans les allées de la plus grande ferme de France, il a reçu en primeur les messages des uns et des autres, agriculteurs, représentants des filières et distribué ses encouragements à persévérer. Et, tout au long de cette semaine, le SIA s'est une nouvelle fois fait destination privilégiée de visite de milliers de Parisiens en vacances.

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Le salon de l'agriculture fermera ses portes dimanche. © Terra  © Terra

Entre une situation économique atone, des événements traumatisants et une cote de popularité retombée en berne, la visite du Président de la République aurait pu ressembler à un calvaire. Rien de tout cela, François Hollande s'est livré à l'exercice sans rencontrer aucun obstacle.Arrivé sans tambour ni trompette, il a foncé droit sur Filouse, la mascotte rouge flamande de ce 52e SIA. "Il faut absolument préserver les races à petits effectifs qui font partie d'un terroir, d'un tissu économique. C'est aussi la poursuite du travail de nos prédécesseurs", indiquait la présidente de la race nordiste avant de poursuivre : "il y a des jeunes qui s'intéressent à ce type d'élevage".

De l'animal...

Cap ensuite sur le stand de la filière laitière, où Thierry Roquefeuil, président du Cniel, a insisté pour que les pouvoirs publics montrent la même volonté que la filière en matière de dynamique et de diversité laitière. Le responsable laitier a notamment rappelé que l'Europe doit continuer à travailler sur les critères économiques pour préserver l'attrait de la filière. Il a aussi interpellé le Président sur le développement d'outils nouveaux : d'une part pour s'adapter à la volatilité des cours mondiaux et d'autre part pour trouver une fiscalité adaptée pour ne pas être pénalisé les années positives qui permettraient de "mettre de l'argent de côté" avant de conclure : "nous travaillons pour l'environnement et pour la société, nous ne voulons pas être les accusés de l'environnement et de la société".

Plus loin, il a pu échanger avec des éleveurs et des responsables des races Villard-de-Lans, Prim'Holstein, Charolaise - avec une rencontre avec Pescado, un taureau de 1 600 kilos - avant que les éleveurs de Limousines lui parlent coût du travail et coût de production.Tout cela a mené François Hollande au stand Interbev sur lequel les responsables de la filière ont parlé TTIP, exportations vers la Chine et le Maghreb, trésorerie des exploitations, normes et étiquetage de l'origine des viandes. Ils l'ont aussi invité à ne pas confondre création de fermes industrielles et regroupements d'éleveurs qui veulent gagner en compétitivité, réagissant  ainsi à la communication de la Confédération paysanne sur l'industrialisation de l'agriculture. Des responsables d'Interbev qui attendaient une autre visite importante, celle du commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan, lequel a profité de son court passage par Paris pour faire quelques annonces importantes face à la crise porcine (lire page 6).

... au végétal

Le Président a poursuivi par le stand France Agri Mer où il a été question de prospective à horizon 2025, de regroupement des filières, de produits fermiers et d'abattoirs. L'Odyssée végétale a été l'occasion d'une pause petit-déjeuner où les dirigeants des métiers des céréales notamment ont rappelé l'importance de ce secteur dans la balance commerciale française. Le problème de la gestion de l'eau, du remplacement ou de l'alternative pour certaines molécules chimiques dans le cadre du traitement  des cultures étaient à l'ordre du jour...  La visite officielle s'est  terminée au hall réservé aux métiers et services avec des arrêts à l'Agence Bio, sur le Pavillon France, celui de l'Inra, de l'ONF, du Cirad... et une fin de parcours sur le stand du ministère de l'Agriculture : dans un premier temps, le Président s'est attardé avec les représentants français de l'exposition universelle de Milan puis il a officiellement paraphé les premiers accords de création de GIEE (groupements d'intérêt économique et environnemental).

- © Terra

"Viande de nulle part"

L'initiative est partie du Finistère et est maintenant reprise au niveau national. Les jeunes agriculteurs ont décidé de travailler avec la grande distribution plutôt que de l'affronter. En d'autres termes, ils lancent des opérations de visite dans certaines grandes surfaces pour étiqueter les viandes sous emballage avec des bons (origine connue) et mauvais (viande de nulle part) stickers tout en rencontrant les responsables de magasins pour leur faire prendre conscience de cette problématique. "Nous voulons juste que le consommateur soit au courant sur la provenance de ce qu'il achète. Après, il peut faire son choix mais il doit savoir", affirme Thomas Diemer, président de la structure nationale JA. Face à des Français "inquiets et demandeurs d'information", les JA déclarent que la mention d'origine des viandes est une "mesure d'utilité publique". Ils considèrent que l'étiquetage actuel est de nature à "tromper le consommateur" et veulent lutter contre les mentions alléchantes mais trompeuses. "Il faut mettre en avant les produits français",

expliquent les Bretons à l'origine de l'idée et les JA nationaux qui ajoutent qu'au "moment où l'on parle empreinte carbone et réduction des émissions de gaz, s'approvisionner en
Espagne ou encore plus loin est un non-sens. Nous ne voulons pas non plus stigmatiser une enseigne plus qu'une autre car tout au long de la chaîne, personne n'est tout blanc". Pour faire connaître cette initiative, ils ont lancé un site dédié - http://viandedenullepart.com.

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