Terra 20 décembre 2012 à 14h11 | Par E. Lecorre

Les éleveurs de porcs asphyxiés

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Jeudi 13 décembre, des éleveurs de porcs, certains venus de Mayenne, ont investi le marché du porc à Plérin. © terra Mickaël Guilloux, président de la FDSEA 53, Didier Lucas, président de la FDSEA 22, Daniel Picart, président du MPB, Gérard Bourcier, président de la section porcine FRSEA des Pays de la Loire et secrétaire g © terra

"A vouloir protéger le portefeuille du consommateur, on détruit l'emploi", déplorent des responsables professionnels, venus dénoncer au MPB, un prix totalement déconnecté des charges supportées par les éleveurs de porc.
Une délégation d'éleveurs et de responsables bretons et des Pays de la Loire se sont rendus au MPB jeudi 13 décembre à l'appel de la FDSEA et des JA des Côtes d'Armor. Accueillis par le président du marché, Daniel Picart, ils étaient mobilisés pour dénoncer les baisses successives du prix du porc jusqu'à 1,39 €/kg le lundi précédent. Après discussion, la séance a finalement démarré. La menace d'une suspension du marché a peut-être joué : la cotation a été stable à 1,405 €/kg de carcasse en hausse d'un petit 0,6 centime.

Un prix cadran de 1,40 €

Le creux de Noël, plutôt propice à une "suractivité" des abattages, enregistre baisse sur baisse quand le prix des céréales a lui doublé. "Un prix cadran de 1,40 €/kg de carcasse lundi dernier, nous ne pouvons pas laisser passer cela. Nos trésoreries sont plombées par un prix totalement déconnecté, alors que les éleveurs sont dans les mises aux normes ", interpellent Didier Lucas, président de la FDSEA 22 et Mickaël Guilloux, son homologue mayennais. Didier Lucas esquisse une situation où "la perte pour les éleveurs s'élève à 30 ct/kg depuis septembre. Pour qu'un éleveur s'y retrouve, le cours devrait être à 1,60 - 1,70 €. Les chiffres de la commission des comptes de l'agriculture sur le revenu des agriculteurs sont une estimation virtuelle de nos stocks. Cela ne correspond pas à notre trésorerie", explique-t-il.  
Une situation d'autant plus tendue que le cours français marque l'écart avec les cours allemands et espagnols, inférieurs de 11 et 13 centimes. Michel Bloc'h dénonce le non respect de l'accord interprofessionnel sur l'étiquetage de l'origine, par les salaisonniers et l'absence de volonté de la grande distribution. "La salaisonnerie représente 60 % du volume en porc. C'est un combat que l'on continue à mener très fortement !", indique-t-il.  Aussi syndicats FDSEA et JA préviennent : l'année 2013 pourrait démarrer par "des actions plus dures" en GMS.

 

Emmanuelle Le Corre

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui