Terra 07 juin 2007 à 10h46 | Par C. Pape

BV de l'Horn - Parler d'une seule voix à Bruxelles

Jacques Jaouen, le président de la chambre d'agriculture, en est persuadé : à condition d'être tous unis, profession agricole et représentants de l'Etat français, il est possible de se faire entendre à Bruxelles.

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De gauche à droite : Jacques Jaouen, Jacques Moal et Jean-Denis Crenn.
De gauche à droite : Jacques Jaouen, Jacques Moal et Jean-Denis Crenn. - © TERRA
Lancée en 1997 pour promouvoir les actions à mener en faveur de la reconquête de l'eau de l'Horn, Cap Horn a fêté ses 10 ans le 1er juin dernier à Plouvorn, en présence d'une bonne partie des agriculteurs du bassin versant.
Acquisition d'une désherbineuse mixte ou d'une herse étrille, plantation de 35 km de haies et création de 9,5 km de talus, incitation aux couverts végétaux, CTE collectif, EPA, classement des parcelles à risques, binage du maïs et des légumes, portes ouvertes… : en 10 ans, l'association n'a pas chômé. Et les résultats sont là. "La tendance est positive, affirme Valérie Morvan, du syndicat d'eau de l'Horn. Depuis 2001-2002, la moyenne annuelle des nitrates tend à diminuer et se situait, en 2006, à 76 mg". Un chiffre qui a entraîné un contentieux avec Bruxelles et l'annonce de mesures drastiques par l'administration française : fertilisation azotée plafonnée à 140 unités à l'hectare, réduction de cheptel de 30%, prime à la cessation d'activité en lait et en porc, préretraite…

Attendre un peu
"Sur le bassin versant, tout le monde y a mis du sien, résume Jacques Moal, président du syndicat d'eau de l'Horn. Il est inconcevable que l'Etat ne puisse pas attendre un peu le résultat des actions entreprises". Un avis que partage Jean-Denis Crenn, président de Cap Horn. "Laissez-nous le temps et nous y arriverons".
Le plan de gestion de la ressource en eau, agréé par les pouvoirs publics, court jusqu'en 2015 et l'on parle maintenant de fermer la prise d'eau en 2009. "Je suis désemparé devant une telle incohérence dans les décisions", affirme Jacques Moal.

Dossiers bloqués

Restructuration, agrandissement, installation… : pour le moment, tous les dossiers des bassins versants de l'Horn, de l'Aber Wrac'h et du Goyen sont bloqués. "Et aucune loi n'a toujours été votée, s'insurge Jacques Jaouen. Il est anormal que ce soit l'administration qui prenne les décisions. C'est aux élus de le faire".
Suite à un déplacement à Bruxelles avec Jean Le Vourc'h, président du Crédit agricole, le président de la chambre d'agriculture est parvenu à obtenir un sursis. "Ils ont été ébranlés par nos témoignages". Ce sursis a été mis à profit pour réaliser un diagnostic au niveau de chaque bassin versant… et découvrir que les donnés de l'administration avaient bien besoin d'une mise à jour.
Une fois ce diagnostic terminé, la profession agricole fera ses propres propositions. Et Jacques Jaouen de faire appel à l'ensemble des élus et candidats aux législatives, présents en nombre à Plouvorn vendredi soir. "Bruxelles et prêt à nous entendre, à condition qu'on soit tous unis et qu'on parle d'une seule voix".

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