Terra 27 mars 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

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Exemples à l'appui, c'est l'appel qu'a lancé le Gab, le groupement des agriculteurs bio du Finistère, lors de son assemblée générale, le 19 mars dernier, à Landivisiau.

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Maraîcher à Bannalec, Stéphane Poupon est le président du Gab, le groupement des agriculteurs bio du Finistère.
Maraîcher à Bannalec, Stéphane Poupon est le président du Gab, le groupement des agriculteurs bio du Finistère. - © Chantal Pape

"Tous les ans, nous changeons de formule, pour que tous nos adhérents puissent se libérer une fois ou l'autre". Après une assemblée générale en soirée ou le samedi, le Gab a proposé une réunion le 19 mars dernier. Sur une journée, pour partager des ateliers en matinée. Et à Landivisiau, un choix militant puisque le Gab s'est positionné contre la centrale à gaz qui doit s'y construire.

Benoît Biteau, vice-président de la Région Poitou Charentes, et Isabelle Chailloux, productrice bio à Guiclan.
Benoît Biteau, vice-président de la Région Poitou Charentes, et Isabelle Chailloux, productrice bio à Guiclan. - © Chantal Pape

Autour d'un café

 

Pour la partie statutaire de son AG, le Gab a aussi innové, avec une formule "déambulatoire", où les adhérents sont passés d'un atelier à l'autre. Café à la main, ils ont échangé avec les administrateurs sur l'installation, l'eau, la restauration collective, la recherche, la formation, les groupes d'échanges, la promotion des produits bio...

Mais l'édition 2015 de l'AG était aussi placée sous le signe de l'engagement, le Gab souhaitant étoffer son conseil d'administration. "Seul, rien n'est possible", estime Mathieu Stéphan, avant d'expliquer les raisons qui l'ont poussé à s'engager au service du collectif. "Au moment de mon installation, j'ai profité du travail du Gab. J'ai eu envie de rendre la pareille et oeuvrer à mon tour pour ceux qui suivent".

 

Jamais assez

 

Aujourd'hui âgée de 52 ans, Isabelle Chailloux a d'abord été assistante sociale pendant 25 ans avant de venir à l'agriculture biologique. "C'était un projet de famille", relate cette mère de 3 enfants, rejointe depuis sur l'exploitation par son époux. S'engager lui a paru "logique", puisqu'elle avait bénéficié d'un suivi au moment de son installation. Compliqué ? "On donne ce qu'on peut, indique l'agricultrice, qui refuse de se mettre la pression. C'est vrai que, vu le travail à abattre, on pourrait se dire qu'on n'en fait jamais assez. Je préfère dire que je fais déjà beaucoup".

D'autant que son engagement ne se limite pas au Gab. "Je siège au syndicat national des Simples. Je me bats contre la centrale à gaz de Landivisiau. Et je suis suppléante aux élections départementales". Trois engagements qu'elle qualifie encore de "logiques", le premier au service de sa profession, le second parce qu'il est "en contradiction avec ce qui nous anime, la recherche d'un monde plus cohérent", le dernier parce que sa liste fait campagne contre ce projet de centrale.

 

A la Région

 

Après une carrière en coopératives et dans la fonction publique, Benoît Biteau rejoint la ferme familiale à l'aube de ses 40 ans. Et la transforme profondément, passant de la monoculture irriguée du maïs à l'élevage de races anciennes, la production de céréales et l'agroforesterie en bio. Déjà engagé syndicalement "pour faire bouger les lignes", il franchit une autre étape quand Ségolène Royal lui demande de "construire une politique agricole différente". Et, une fois les élections passées, le voilà vice-président de la Région Poitou-Charentes. Un engagement qui lui demande "60 heures/semaine", une bonne organisation du travail. "Je communique beaucoup par téléphone avec mes salariés". Et dans lequel il s'investit totalement. "Je peux m'appuyer sur ce que je vis au quotidien pour prouver que des modèles différents peuvent émerger". Mais pas sans conditions ! "Pour être crédible, je dois être irréprochable sur ma ferme".

La bio en Finistère

 

Fin 2013, le département comptait 495 fermes bio ou en conversion, pour une SAU de 15 045 ha, en progression de 89% sur les 5 dernières années. La bio représente désormais 6,3% des fermes et 3,9% de la SAU du Finistère. Présent sur près de 200 fermes, le légume reste la production principale, suivie par le lait, 77 fermes, et la viande bovine, 47 fermes. En fort développement ces dernières années, les plantes aromatiques et médicinales (20 fermes) ont dépassé la production de porc, de volailles, d'ovins ou de caprins (une quinzaine de fermes chacune). Toutes productions confondues, 38% des fermes ont fait le choix exclusif du circuit court et 62% y ont recours pour commercialiser au moins une partie de leur production.

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