Terra 27 mars 2015 à 08h00 | Par Actuagri

Congrès de la FNSEA : le Gouvernement attendu au tournant

Le congrès de la FNSEA qui se tenait à Saint Etienne du 24 au 26 mars s’est ouvert mardi par un huis clos plus long qu’à l’accoutumée, traduisant la nécessité d’échanger sur les sujets difficiles qui n’ont pas manqué l’année passée. Sans forcément apporter toutes les réponses, la venue du Premier ministre le 26 mars marque en tout cas la volonté du Gouvernement de prendre l’agriculture en considération.

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Ouvert l’après-midi du 24 mars à Saint-Etienne, le congrès de la FNSEA a commencé par un huis-clos prévu jusqu’au lendemain midi, soit une demi-journée de plus que les années précédentes. Temps fort du réseau FNSEA, cette séance, qui permet de faire le point sur les travaux de l’année et l’actualité syndicale avec les régions, traduit par sa durée les nombreuses préoccupations des agriculteurs dans une conjoncture peu favorable. La situation est en effet difficile dans la majorité des productions, en particulier pour les filières porc et fruits et légumes, et aggravée par l’embargo décrété par la Russie. Mais les revendications restent également très vives sur les dossiers en cours : mise en œuvre de la PAC, dont certains arbitrages sont encore flous ou peu satisfaisants pour la FNSEA (MAEC, ICHN, transferts de DPB…), guerre des prix avec la grande distribution, absence de réponse quant au compte pénibilité appliqué à l’agriculture, autant de sujets qui nécessitent de partager les difficultés et les ambitions au sein d’une vision commune. Une réflexion sur les missions du syndicalisme était d’ailleurs à l’ordre du jour.

 

Clôture par Manuel Valls

Remontés contre le ministre de l’Agriculture sur un certain nombre de points, en particulier les décisions dans la mise en application de la PAC, les congressistes devraient se montrer plus à l’écoute du Premier ministre Manuel Valls lors de la clôture du congrès le 26 mars. Cette venue, la première d’un Premier ministre de gauche au congrès de la FNSEA, est saluée comme une reconnaissance du secteur agricole dans sa contribution économique, sociale et environnementale, même si ce déplacement ministériel entre les deux tours des élections départementales n’est pas exempt de connotation politique. La plupart des agriculteurs souhaitent avant tout faire comprendre au Premier ministre qu’ils sont prêts à innover et entreprendre pour faire gagner la France - thème de la table-ronde du 26 mars - à condition qu’on ne leur mette pas trop de bâtons dans les roues. Le combat du syndicat pour "produire et manger français", mené depuis le 5 novembre, est rappelé d’ailleurs à intervalles réguliers sur les écrans du congrès, résumant les différentes revendications : simplification et clarification réglementaire, régulièrement citées, tout comme les sujets environnementaux qui ont fortement tendu les relations entre le monde agricole et la société. Après la polémique de Sivens, les agriculteurs attendent des pouvoirs publics qu’ils fassent respecter les décisions prises à l’issue des processus de concertation, et trop souvent remises en cause. Un point que le chef du Gouvernement pourra difficilement éluder jeudi.

La délégation bretonne au congrès de la FNSEA.
La délégation bretonne au congrès de la FNSEA. - © Terra

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L'Ouest très présent à Saint Etienne

Les départements bretons et de l'Ouest sont bien représentés à St Etienne. C'est Jean-Marc Lézé le nouveau président de la FRSEA Pays de Loire qui est monté à la tribune présenter les positions du grand Ouest. Il a d'emblée posé la question de la compétitivité des filières, confrontées à des questions de rentabilité à l'image du porc, de la viande bovine, de l'horticulture… Confrontées à des niveaux de revenus trop faibles, à une coût du travail trop élevé au regard de la concurrence, les exploitations disparaissent les unes après les autres. Coincés entre la guerre des prix que se livrent les acteurs de la grande distribution, l'escalade environnementale, les agriculteurs cherchent désespérément une voie d'avenir. Et ils voient bien que le renforcement du rôle des régions dans l'attribution des aides ne sera pas loin s'en faut la bouée de sauvetage.

Pourtant la délégation du grand Ouest a voulu placer son intervention sous le signe de l'optimisme, notamment dans la capacité collective à faire bouger les choses. Parce que derrière les difficultés toujours mises en avant , ce sont les ambitions communes que les délégations ont voulu retenir, comme autant d'objectifs à atteindre pour défendre et pérenniser le métier d'agriculteur.

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