Terra 06 novembre 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

Mobilisation pour le "produire français"

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs organisaient le 5 novembre, une mobilisation nationale contre "le malaise des agriculteurs". Elle a pris des formes diverses selon les départements, mais avec un message fort, repris sur l'ensemble du territoire, celui de mettre en avant les produits français pour sauvegarder l'agriculture et la production de l'hexagone.

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En Ille et Vilaine, les agriculteurs sont allés à la rencontre des parents d'élèves pour qu'ils pétitionnent en faveur du manger français.
En Ille et Vilaine, les agriculteurs sont allés à la rencontre des parents d'élèves pour qu'ils pétitionnent en faveur du manger français. - © Terra

Plus de produits français dans les cantines !

Ille et Vilaine.

La FDSEA et les JA ont choisi de porter l'accent sur l'approvisionnement en produits français en restauration hors domicile et en particulier dans la restauration collective. Comme à Chevaigné, les agriculteurs se sont présentés à la sortie des classes d'une quarantaine de communes, pour sensibiliser les parents et leur proposer de signer une pétition pour améliorer la part des produits français dans la cuisine de l'école. "Ici, à Chevaigné, la cantine est en régie municipale et ce sont donc les cuisiniers qui gèrent les approvisionnements, avec une part importante de produits locaux. C'est bien la preuve que c'est possible mais en France, en moyenne dans la restauration collective, ce sont 75% des produits qui viennent de l'étranger", explique Pierrick Gibet, président local de la FDSEA. Et d'ajouter : "Il faut réfléchir de façon plus globale sur l'économie du territoire. Certes, avec des produits étrangers le prix du repas peut être moindre, mais ces produits ne contribuent pas à maintenir des emplois sur notre territoire".

Cette revendication était l'une des huit propositions adressées au gouvernement (lire terra 353). Ce n'est encore qu'une réponse de principe mais alors que la FNSEA et les JA demandent que deux plats sur trois soient d’origine française dans la restauration hors domicile, le gouvernement a assuré qu'il "accompagnera les opérateurs de la restauration collective pour finaliser un accord collectif portant sur des engagements (...) de promotion de notre patrimoine alimentaire en renforçant la présence des produits français et de proximité".

Des demandes en partie satisfaites

Deux dossiers importants ont aussi connu une fin conforme aux demandes des syndicalistes, l'abandon de l’écotaxe d'une part et le versement anticipé des aides PAC au 16 octobre d’autre part puisque "près de 3,4 milliards d’euros ont été versés par anticipation aux agri- culteurs, depuis cette date", assure le ministère.

Il reste beaucoup à faire

Alors que la profession agricole exprime un sentiment de malaise, le gouvernement s'emploie à démontrer qu'il écoute les demandes du monde agricole et qu'il y répond. Ainsi, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a prévenu qu’il allait intensifier les contrôles d’abus de position et saisir l’Autorité de la Concurrence sur les récentes opérations de rapprochements de centrales d’achat. Le ministre de l'agriculture a repris les demandes de la profession de financer les mesures pour l'embargo russe par l'Europe, et il a garanti le non blocage du versement des aides à l'installation. Cette journée du 5 novembre aura permis de refédérer les actions qui s'étaient multipliées dans les départements, et peut être leur redonner plus d'élan.

 

Jeudi 30 octobre, l'opération "il y a le feu dans les campagnes" a préparé le terrain du 5 novembre.
Jeudi 30 octobre, l'opération "il y a le feu dans les campagnes" a préparé le terrain du 5 novembre. - © Terra

Opération escargot sur les routes

Côtes d'Armor.

Des convois, notamment de tracteurs, se sont formés aux départs de plusieurs villes : Paimpol, Guingamp, Loudéac et Broons.... pour une opération escargot, convergeant vers Saint-Brieuc. En tout début d'après-midi mercredi 5, un grand rassemblement s'est tenu à Brézillet. En effet, le syndicat costarmoricain avait inscrit la mobilisation nationale du 5 novembre dans un tempo, ou plutôt une chronologie, qui a débuté dès le 29 septembre par une première manifestation "ultimatum" devant la préfecture des Côtes d'Armor. Rencontre de huit parlementaires le 13 octobre, puis l'opération "il y a le feu dans les campagnes !" le 30 octobre. Dans la soirée, la pression est montée d'un cran. 18 feux ont brûlé un peu partout dans le département : soit "près de 25 cantons, et un total de plus de 300 adhérents", selon la FDSEA-JA.


Conférence de presse avec les maires

Finistère.

Dans le cadre de la mobilisation nationale du 5 novembre dernier, la FDSEA et les JA ont organisé une conférence de presse à Quimper, avec l'association des maires du Finistère. "En privilégiant l'approvisionnement local, les élus locaux peuvent donner un avenir à la filière agricole bretonne et finistérienne, affirme Thierry Merret, le président de la FDSEA. Ils doivent en prendre conscience". Car, à elles seules, les cantines des écoles primaires représentent un quart de la restauration collective ! "La Bretagne restera toujours une terre d'expédition". Si les agriculteurs finistériens souhaitent reconquérir le marché français, ils veulent aussi regagner leur compétitivité à l'export. Et dénoncent, pêle-mêle, la surenchère administrative, le coût du travail, les impôts et taxes qui pèsent sur la production... "Laissez-nous produire français pour pouvoir manger français".


En Bretagne la RHF représente 140 millions de repas servis pour un chiffre d'affaires de 846 millions d'euros. Près de 50 % sont servis dans les restaurants scolaires. "Nos élus doivent se mobiliser pour favoriser les produits français dans les assiettes de nos enfants, certaines collectivités se sont engagées sur cette voie, pourquoi pas toutes ? " pointent Frank Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan et Marie-André Luherne, secrétaire générale
En Bretagne la RHF représente 140 millions de repas servis pour un chiffre d'affaires de 846 millions d'euros. Près de 50 % sont servis dans les restaurants scolaires. "Nos élus doivent se mobiliser pour favoriser les produits français dans les assiettes de nos enfants, certaines collectivités se sont engagées sur cette voie, pourquoi pas toutes ? " pointent Frank Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan et Marie-André Luherne, secrétaire générale - © Terra

Un barbecue géant à Pontivy

Morbihan.

Centrale et symbolique que cette place de la plaine, à Pontivy, où se sera tenu le grand rassemblement organisé par la FDSEA du Morbihan, mercredi 5 novembre dès 19h, autour d'un barbecue géant. Entreprises agroalimentaires, élus locaux, départementaux et régionaux du Morbihan y étaient conviés pour que le "manger français", redeviennent une réalité dans toutes les assiettes. Là, les exploitants ont fait goûter leur savoir-faire : "une production performante, respectueuse de l'environnement avec des produits de qualité et une proximité géographique", ont-ils rappelé aux élus pour que leurs produits reprennent le chemin des tables, y compris en restauration hors foyer. Car quand le Morbihan, premier département avicole de France, perdait en 10 ans, le tiers de son parc de volaille, dans le même temps, la restauration collective importait jusqu'à atteindre désormais 87 % de son approvisionnement en poulet mais allemand, belge ou hollandais... Une mobilisation à laquelle s'est associée la chambre d'agriculture du Morbihan en refusant de prendre tout rendez-vous avec le public le 5 novembre, en réponse aussi "aux mesures décidées par l’État de baisse des taxes affectées et de ponction sur les fonds de roulement des chambres d'agriculture".

 

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