Terra 24 mai 2009 à 14h12 | Par Chantal Pape

Miel bio - Un cahier des charges strict

Pour pouvoir être estampillé bio, un miel doit, comme l'ensemble des autres productions, se soumettre à un cahier des charges strict. Le point avec Gaël Malek, Alain et Bernadette David, les seuls apiculteurs bio du Finistère.

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De gauche à droite : Alain David et Gaël Malek, apiculteurs bio, Katell Guéguen, technicienne élevage au Gab 29, le groupement des agriculteurs biologiques du Finistère, et Jean-Michel Favé, président du Gab 29.
De gauche à droite : Alain David et Gaël Malek, apiculteurs bio, Katell Guéguen, technicienne élevage au Gab 29, le groupement des agriculteurs biologiques du Finistère, et Jean-Michel Favé, président du Gab 29. - © Terra

"Non, le miel bio ne se résume pas à la seule aire de butinage". Habitués des marchés, où ils écoulent une bonne partie de leur production, Alain David et Gaël Malek entendent souvent leurs clients leur demander comment être sûr que les abeilles ont butiné des fleurs biologiques ou sauvages. "Il est clair qu'on ne peut pas les y contraindre, reconnaissent les deux apiculteurs bio. Le cahier des charges bio impose que nos ruchers soient situés de telle façon que, dans un rayon de 3 kilomètres, les sources de nectar et de pollen soient essentiellement constituées de cultures bio ou d'une flore spontanée". Sachant que le butinage efficace se situe à moins d'un kilomètre du rucher, mais que les abeilles sont capables de faire plus de 5 kilomètres pour aller butiner !

Au moment de la mise en pot, Bernadette David, comme l'ensemble des apiculteurs bio, ne doit pas dépasser une température de 40° pour défiger le miel.
Au moment de la mise en pot, Bernadette David, comme l'ensemble des apiculteurs bio, ne doit pas dépasser une température de 40° pour défiger le miel. - © Terra

De nombreux points à respecter

Mais le cahier des charges comprend bien d'autres points ! "Au moment de la mise en pot, il nous est interdit de dépasser les 40° pour défiger le miel, précise Alain David, installé à Argol depuis 2006. Car des températures excessives auront pour effet de détruire une bonne partie des enzymes produites par les abeilles et de réduire le miel à un simple produit sucré". Comme pour le reste de l'agriculture biologique, les traitements chimiques sont interdits. "Pour lutter contre les maladies des abeille, le varroa ou la loque, nous ne pouvons compter que sur les huiles essentielles, l'acide formique ou oxalique", explique Gaël Malek, apiculteur à Briec.
Le nourrissage, qui consiste à apporter du sucre aux abeilles pour stimuler la production de miel, est strictement encadré. "Il n'est autorisé que si la survie des ruches est menacée, en raisons de conditions climatiques défavorables, et est limité à 7 kg de matière sèche par ruche". La cire destinée aux nouveaux cadres doit provenir d'unités de production biologiques, tout comme les abeilles nécessaires au renouvellement.

Une profession menacée

Mais, qu'ils soient bio ou conventionnels, les apiculteurs ont de plus en plus de difficultés à exercer leur profession. "Il y a peu encore, une reine vivait 3 à 5 ans, se souvient Alain David. Aujourd'hui, c'est un à deux ans, au maximum. Le taux de perte de cheptel est passé de 10 à 30 voire 40% tous les hivers". En cause, les traitements phytosanitaires et, en particulier, les Gaucho et autres Cruiser.
S'y est rajouté une année 2007 particulièrement défavorable du point de vue météorologique. "La production a atteint 5 kilos par ruche, contre 20 à 25 kilos en année normale, et la situation de catastrophe naturelle a été reconnue". Mais, faute de ventes, les rentrées financières ne sont pas là et les situations sont tendues. "Pour diversifier, nous nous sommes lancés dans la production de pain d'épices, nature, à l'orange, au citron, au gingembre...", détaille Alain David. Mais ça ne suffira pas". Et l'apiculteur de lorgner du côté des cieux, en espérant que la météo soit plus clémente cet été.

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BERNABEU | 26 juin 2014 à 16:25:12

Bonjour, est-il exacte que dans le règlement de l' apiculture BIO , il ne doit pas avoir de voie de circulation à moins de 3 Km d'un rucher? J'ai lu ce texte mais je ne retrouve pas Merci

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