Terra 11 septembre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les finistériens rentrent déçus de Paris

L'idée de rejoindre la capitale en tracteur pour, enfin, se faire entendre du Gouvernement, était partie des JA du Finistère, courant juillet. Une idée qui a fait son chemin puisque, au final, plus de 1 700 tracteurs, venus de la France entière, ont rallié Paris le 3 septembre dernier. Mais les réponses n'ont pas été à la hauteur des attentes.

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A l'avant des tracteurs, slogans et dessins ont fleuri. © JA29 Au petit jour, jeudi matin, le convoi de tracteurs finistériens attend au péage, avant de prendre la direction de la capitale. © JA29 Tout au long de la route, le convoi a été soutenu et applaudi. © JA29 Thierry Merret, président de la FDSEA, a rappelé pourquoi les finistériens avaient fait le déplacement à la capitale. © JA29

"Je tiens à vous féliciter". Vendredi soir, sur le pont de Morlaix, où les attendait une haie d'honneur de 700 personnes et 200 tracteurs, Thierry Merret, le président de la FDSEA, a commencé par rendre hommage aux 140 chauffeurs et accompagnateurs, qui ont effectué 1 200 km en tracteur et quitté leur exploitation pendant 4 jours. Avant de souligner la qualité de l'organisation mise en place par les JA 29, à l'origine de ce déplacement à Paris, auquel se sont finalement joints des agriculteurs de la France entière, pour parvenir à plus de 1 700 tracteurs sur les pavés de la capitale.

 

Un accueil chaleureux

 

Parti mardi à l'aube de la pointe Saint Mathieu, "la tête du monde", comme aime à le rappeler Thierry Merret, le convoi a d'abord rallié Morlaix, puis Guingamp, où les ont rejoints les tracteurs de Pleyben ou Quimperlé. Après un arrêt à Dol de Bretagne pour dîner, direction Dozulé, pour une courte nuit, avant de repartir mercredi matin avec des tracteurs normands, pour une nouvelle journée de route.

"Partout, l'accueil a été chaleureux, souligne Thierry Merret. Les gens nous applaudissaient sur les ponts, les routes...". Un accueil qui se confirme à Paris, que le convoi atteint jeudi, au petit matin. "J'ai négocié avec le Préfet de police, Michel Cadot, pour que nous soyons en tête du convoi. Du coup, nous étions très bien placés Place de la Nation". Entre-temps, les trois bus partis la veille au soir du Finistère les ont rejoints. Et les images de la délégation, drapeaux bretons au vent et slogans soigneusement peints sur les lames placées à l'avant des tracteurs, tournent en boucle dans les médias, sur les réseaux sociaux...

 

Soutenir agriculture et agro-alimentaire

 

"Nous allions à Paris d'abord pour demander que l'embargo russe ne soit pas supporté que par l'agriculture et l'agroalimentaire, rappelle le président de la FDSEA. Les chantiers de Saint Nazaire ont bien été payés, alors que les Mistral n'ont pas été livrés !"

Parmi les revendications, figurait aussi la fin des distorsions de concurrence, fiscales, sociales ou environnementales. "Les autres pays européens mettent tout en oeuvre pour que leur agriculture et leur agro-alimentaire soient compétitifs. Ici, on n'a que des boulets aux pieds". La déception est donc immense au moment de l'annonce des mesures (voir aussi en pages Evènement). "Nous n'allions pas chercher un chèque". FDSEA et JA vont, d'ici peu, réunir leurs troupes et décider des actions à entreprendre. "On nous a aussi parlé d'une pause normative. On attend des précisions...".

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