Terra 11 octobre 2007 à 10h16 | Par Emmanuelle Le Corre

LA CUMA DU GOUESSANT - Une organisation bien rôdée

Depuis plus d'une dizaine d'années, la Cuma du Gouessant, à Hillion, a échafaudé une organisation qui permet à ses adhérents de s'impliquer dans la Cuma. Un mécanisme bien huilé pour des coûts maîtrisés. Présentation.

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David Le Corguillé, vice-président ; Dominique Collet, secrétaire ; Pierre-Yves Collet, président ; Hervé Guinard, trésorier et le mécanicien, Robert Béreschel. Devant la nouvelle ensileuse achetée fin 2006.
David Le Corguillé, vice-président ; Dominique Collet, secrétaire ; Pierre-Yves Collet, président ; Hervé Guinard, trésorier et le mécanicien, Robert Béreschel. Devant la nouvelle ensileuse achetée fin 2006. - © Terra

"Un bon service au meilleur prix", voilà la devise que la Cuma du Gouessant ,à Hillion, a fait sienne. La structure, qui vient de fêter ses quarante ans, a peaufiné au fil des années une organisation, il est vrai, unique. Décidé via les commissions, l'achat des machines est calculé au plus près pour tenir les objectifs de prix sur un nombre d'hectares limité.

Six commissions en place

Février 2007 : une nouvelle moissonneuse-batteuse stationne dans le bâtiment de la Cuma. Après avoir effectué les démarches auprès des concessionnaires, étudié les propositions de prix, estimé le coût à l'hectare…, la commission "moisson" s'est positionnée sur une occasion récente. En effet, depuis onze ans, les rouages de la Cuma sont bien huilés. Six commissions ont été constituées : les commissions moisson, ensilage, épandage, travail du sol, tracteur et employés. "Grâce à cette organisation", explique Pierre-Yves Collet, président de la Cuma du Gouessant, "on implique les personnes utilisatrices de matériel et l'on intègre le plus d'adhérents possibles, et celà permet de libérer du temps à son président", ajoute t-il. Une douzaine d'adhérents, dont trois administrateurs, est regroupée dans chacune des commissions. Si le conseil d'administration se réunit une fois par mois, la commission, elle, se rassemble pour acheter du matériel, fixer les prix, gérer le planning. Tout est consigné sur un cahier : les participants jusqu'aux décisions de la commission. "Dans chaque commission est désigné un responsable, lui-même administrateur, qui déclenche les réunions et fait remonter l'information au conseil d'administration".

Maîtriser les coûts à l'hectare

La commission "moisson" gère un parc composé de cinq moissonneuses-batteuses et de deux rounds baller et une surface d'un millier d'hectares entre les céréales et le maïs grains. Objectif recherché : une prestation proche de 100 e de l'hectare, tout en maintenant un nombre raisonnable d'hectares par machine. "C'est vrai, nous pourrions avoir trois grosses machines, mais avec cinq, les adhérents sont mieux servis", ajoute le président de la Cuma avant d'expliquer la ligne suivie par les commissions. "Nous essayons d'acheter de l'occasion récente. De même dans notre parc de moissonneuses, nous n'avons jamais plus de
deux machines en remboursement". Conséquence : une attention toute particulière est apportée à l'entretien et l'utilisation du matériel. Stocké sur place, le matériel est vu tous les jours par le mécanicien, employé par une coopérative "mécanique", regroupant deux autres Cumas, appelée la Cuma de "la Clé des champs". Autre précaution. Après cinq années de service, les machines moissonnent, non plus du maïs grains, mais uniquement des parcelles de blé et d'orge. Cette année, la plus ancienne des moissonneuses, utilisée habituellement en "tampon", et achetée d'occasion en 1992, a repris du service du fait des mauvaises conditions météorologiques. "Elle a récolté le même nombre d'hectares qu'auparavant". L'autre intérêt de conserver de la souplesse de travail découle des conditions météorologiques en bordure de côte : la brume de mer sur le secteur d'Hillion et de Morieux, notamment, limite souvent la durée des chantiers.

Une machine, une équipe

"Si l'on prend l'exemple des moissons : chaque machine est gérée par une équipe, explique Pierre-Yves Collet. "Sur les cinq moissonneuses, il y a quatre équipes de huit adhérents environ. Et derrière chaque équipe, un responsable et un même chauffeur". Trois salariés à temps complet et deux saisonniers assurent la main d'œuvre. A tous les échelons, la Cuma s'organise : à la veille de la moisson, l'équipe se retrouve autour du planning pour poser les journées. L'implication des adhérents à tous les échelons est une particularité propre à la Cuma du Gouessant. "Le roulement des machines est en place, mais cette organisation ne se fait pas du jour au lendemain. Le plus difficile est l'achat de la première moissonneuse", indique le responsable qui reconnaît le bon fonctionnement du système, quelle que soit la commission. "On a une Cuma qui fonctionne bien. Tous en sont conscients et le besoin est là".

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