Terra 28 juin 2012 à 11h47 | Par P.Denis

Le marché du porc fête ses 40 ans

Cinq présidents, jusqu'à 25 groupements de producteurs vendeurs, un minimum à 5,01 francs (0,76 €) le 21 janvier 1999 et un maximum à 13,66 francs (2,08 €) le 24 août 1989… Il y a 40 ans, était lancé un outil de commercialisation du porc, capable de fixer un prix public à travers toute la France.

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Xavier Beulin, président de la FNSEA, entouré de Guillaume Roué, président d'Inaporc, de Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, Daniel Picart, président du MPB, Jean-Pierre Joly, le directeur.
Xavier Beulin, président de la FNSEA, entouré de Guillaume Roué, président d'Inaporc, de Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, Daniel Picart, président du MPB, Jean-Pierre Joly, le directeur. - © TERRA

"Avec Uniporc Ouest, le MPB établit un vrai prix, un vrai poids, une vraie qualité", souligne Daniel Picart, l'actuel président, lors de l'assemblée générale où se fêtait les 40 ans du marché du porc le 22 juin. Deux fois par semaine, les groupements mettent en vente selon des enchères dégressives leurs animaux. D'abord, basé à Loudéac (22) et Châteauneuf-du-Faou (29), le marché s'est déplacé à Plérin, où transitent 67 000 porcs par semaine, achetés par 9 opérateurs, parmi lesquels, Kermené, Bernard, Bigard, Gad, Cooperl, Socopa…. Mais l'actualité a vite repris le pas sur l'histoire. Aujourd'hui, le prix du porc est partiellement déconnecté des fluctuations à la hausse des matières premières: malgré un cours en hausse de 5% sur 2012, le prix cadran, qui plafonne sous 1,50 €/kg de carcasse, impacte la rentabilité des élevages, en panne depuis 2007. "Il est grand temps que les éleveurs reviennent aux fondamentaux et regroupent l'offre. Il faudra bien faire passer nos charges dans le prix", réclame le président qui positionne le curseur à 1,55 €/kg de carcasse, prix de base. Quant au marché à livraisons différées, après 8 mois de fonctionnement, le bilan est mitigé. Seul Kermené (groupe Leclerc) achète des porcs sous contrat sur trois acheteurs agréés. "Il y a trop de risque si l'entreprise n'a pas la possibilité de se couvrir sur la vente des pièces", explique Jean-Pierre Joly, directeur du MPB. 

La compétitivité : une priorité

 

Le MPB avait convié au siège départemental du Crédit agricole à Ploufragan (22), le président de la FNSEA, Xavier Beulin et la députée européenne, maire de Morlaix, Agnès Le Brun. Attendu sur les volets PAC et matières premières, Xavier Beulin a d'abord rappelé  quelle était sa priorité : la productivité et la compétitivité de l'agriculture française. Dénonçant dans une partie de son discours les problèmes de coût de revient et de distorsion de concurrence, il s'inquiète  de la conférence sociale début juillet 2012. "Si les mesures annoncées par le gouvernement vont jusqu'au bout, il pourrait y avoir jusqu'à 15% de hausse des charges sur les salaires". Divers dossiers sont dans le collimateur du syndicat. Les distorsions de concurrence avec l'Allemagne, l'application excessive des normes ou encore l'investissement dans l'innovation, à l'image des secteurs automobile ou pharmaceutique, qui irait soutenir les mises aux normes, la modernisation des élevages et la restructuration des outils.    
Or, les demandes répétées des professionnels bretons présents dans la salle, d'un soutien à l'élevage, qui compenserait la baisse des aides directes de la PAC, ont été déçues. Pour Xavier Beulin, le premier combat est la reconduction du budget de la PAC. "Nous aurons la confirmation vers le mois de mars 2013", annonce-t-il. Ce qu'Agnès Le Brun confirme : "le seul objectif est le maintien du budget, toujours pas acquis". Le président de la FNSEA qui ne souhaite pas, par ailleurs, faire de la PAC "un sujet emblématique",  a marqué sa préférence pour un travail "sur la gestion des risques". "J'attends une expression forte", a-t-il lancé à l'attention des professionnels. Quant la possibilité d'écrêter les effets de la volatilité des matières premières, Xavier Beulin a regretté le retard pris en porcs dans l'accord de mai 2011, un accord prévoyant la réouverture de négociations commerciales lorsque les prix de l'alimentation animale, notamment des céréales, dépassent une certaine cote d'alerte. Enfin, le président de Sofiprotéol estime à 10-15% les coûts intermédiaires (stockage, réassurance…) qui pèsent sur le coût de production des aliments. Une piste à investir selon lui...   

Emmanuelle Le Corre

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