Terra 18 avril 2014 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Celtalliance : bientôt le paiement des lapins au rendement

Les producteurs du groupement cunicole Celtalliance se préparent au nouveau mode de paiement au rendement, dont la mise en place, quelque peu retardée, est désormais belle et bien prévue pour mars 2015.

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De gauche à droite : Eric Guillermic, animateur de Celtalliance, Alain Guillotel, son président et Michel Salaun, vice-président.
De gauche à droite : Eric Guillermic, animateur de Celtalliance, Alain Guillotel, son président et Michel Salaun, vice-président. - © Terra

"Le rendement est un enjeu important pour la compétitivité de la filière car l’abattoir, lui, commercialise du poids de carcasse", a insisté Eric Guillermic, animateur du groupement, lors de l’assemblée générale de Celtalliance le 10 avril à St Caradec (22). Et Christophe Rousseau, responsable des achats pour l’ensemble des abattoirs ALPM*, de justifier : "pendant plusieurs années ce critère stagnait voire progressait mais depuis trois ou quatre ans, le rendement est en train de diminuer. Or c’est important pour nous. Nous avons fait le nécessaire au niveau de la métrologie pour qu’il y ait une homogénéité entre les différents abattoirs".

La grille de paiement au rendement est encore en discussion pour définir précisément les + et les -. L’objectif pour Eric Guillermic étant "d’aboutir à un mode de paiement équitable". "Plusieurs élevages sont déjà très performants sur ce critère, constate le vétérinaire Sébastien Lopez. Nous avons quelques pistes pour améliorer le rendement. Mais nous menons actuellement une enquête auprès de tous les adhérents pour identifier encore plus de pistes à proposer en élevage".

 

Un prix de reprise toujours insuffisant

Le travail engagé par Celtalliance en maternité - avec notamment des réunions de secteur, un programme alimentaire mieux adapté aux lapines... - a continué de
porter ses fruits. Les résultats des éleveurs, qui ont bien progressé en 2013 (6,94 sevrés par IA soit 0,12 sevré en plus par rapport à 2012), ont largement compensé la légère dégradation des résultats en engraissement où du travail reste à mener, pour diminuer les taux de pertes et surtout les taux de saisie en abattoir. Mais globalement en 2013, l’amélioration des performances techniques et la revalorisation du prix, n’ont pas permis de compenser la hausse du prix de l’aliment. "Le marché des matières premières ne nous permet pas d’espérer une baisse des prix de l’aliment. Nous devons rester combatifs pour la défense du prix de reprise", remarquait le président de Celtalliance, Alain Guillotel.

 

Diminuer les taux de saisies

"Les taux de saisie se dégradent fortement, à des seuils qui deviennent très embêtants d’un point de vue économique pour les éleveurs et pour l’abattoir", note Christophe Rousseau. Pour mieux comprendre les causes de ces saisies, "un travail a été initié avec plusieurs structures", souligne Sébastien Lopez. Et plus globalement, le groupement Celtalliance met en place en 2014 un indice de performance engraissement (reprenant plusieurs critères : kg vendus par IA, GMQ, indices...) "de manière à positionner les ateliers et d’identifier les points surlesquels mettre l’accent dans chaque élevage".

Le challenge étant de diminuer les pertes tout en stabilisant, voire diminuant, l’index de fréquence de traitements antibiotiques (Ifta). Car sur la démédication, "la filière cunicole est citée comme exemplaire par les pouvoirs publics avec des baisses en 2013 de -20% sur l’Ifta reproduction et -14% sur l’Ifta croissance", se félicite le vétérinaire. "Il faut maintenant consolider ces chiffres".

 

* ALPM, Alliance Loeul et Piriot Multilap, a repris l’abattoir Bretagne lapins fin 2012. A cette occasion, Celtalliance avait augmenté sa participation au capital de 7 à 10 % dans Bretagne lapins "pour sécuriser les débouchés des adhérents".

Une campagne pub efficace

Extrême satisfaction du Clipp, l’interprofession du lapin, de sa nouvelle campagne à la télévision. Les spots ont très bien touché les ménagères de moins de 50 qui étaient visées, la campagne plait et donne une bonne image de la viande de lapin, selon les enquêtes Ipsos menées après la 1ere vague diffusée à l’automne 2013 et la 2e début 2014. Un des objectifs de la campagne était de lever l’image de cuisine compliquée, en insistant sur la cuisse et le filet dans les deux films publicitaires. Or Dominique Crenn, animatrice du Clipp, constate aujourd’hui "que ce sont les morceaux à nouveau qui tirent les ventes en rayon". Et dans une prochaine étude Ipsos, indique-t-elle, "nous verrons si la campagne a permis de conquérir de nouveaux consommateurs". Mêmes films et mêmes plans média seront reconduits pour la 3e vague en septembre.

 

 


Celtalliance en chiffres

60 adhérents sur les 4 départements bretons et la Loire-Atlantique,

35 500 cages mères et 310 000 places d’engraissement,

2,22 millions de lapins commercialisés en 2013 (dont 48 % à Bretagne lapins et 36 % à Loeul et Piriot).

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