Terra 06 décembre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

A Guipavas, l'union fait la force

Située à la sortie de Brest, la commune de Guipavas est soumise à forte pression foncière. Pour résister, les agriculteurs ont décidé d'unir leurs efforts au sein du syndicat local de la FDSEA. Une démarche qui paie !

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Pascal Crenn, le président du syndicat local de Guivapas, est également vice-président de la FDSEA et président de la section lait.
Pascal Crenn, le président du syndicat local de Guivapas, est également vice-président de la FDSEA et président de la section lait. - © Chantal Pape

L'aéroport, la zone d'Ikea... : depuis quelques années, la commune de Guipavas a connu de fortes emprises sur son foncier agricole. Rien d'étonnant : la ville de Brest est toute proche, la 4 voies aussi, deux atouts dont veulent profiter les entreprises pour cibler une large clientèle, améliorer leur visibilité, faciliter l'accès de leurs clients, le départ de leurs produits...

Mais Guipavas est aussi une commune fortement agricole, où subsiste encore un noyau important d'agriculteurs âgés de 40 à 50 ans. Et les ponctions de l'urbanisation grignotent peu à peu leurs exploitations. Dernier projet en date, une zone de 50 ha à vocation industrielle, à proximité de la 4 voies, touche bon nombre d'exploitations, qu'elle va amputer de quelques ha à une quinzaine pour la plus impactée.

"Quand le projet a vu le jour, nous avons bataillé avec la municipalité pour mettre une commission agricole en place au niveau de la commune, se souvient Pascal Crenn, le président du syndicat local FDSEA. Nous voulions avoir un oeil sur les dossiers d'urbanisation". A force de ténacité, les agriculteurs obtiennent gain de cause et la commission voit le jour. "Nous avons toujours privilégié un raisonnement collectif". Et c'est ensemble qu'ils vont se battre contre BMA, Brest métropole aménagement qui, au moment de l'expropriation, leur propose une indemnisation équivalente à trois ans de perte de marge brute, conformément au protocole de 1991. "Mais, en 2009, un nouveau protocole a été signé, qui porte l'indemnisation à 5 ans".

BMA ne veut rien entendre et mandate un avocat pour discuter avec les agriculteurs qui, dans la foulée, font eux aussi appel à un avocat pour défendre leurs intérêts. Et ils finissent pas obtenir gain de cause, sans avoir besoin d'en passer par le tribunal. "Si nous avons gagné, c'est bien parce que nous étions unis, souligne Pascal Crenn. Qu'un seul d'entre nous cède et jamais nous n'aurions pu aboutir". Une victoire qui permettra aux autres dossiers d'expropriation du Pays de Brest d'être désormais mieux indemnisés.

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