Terra 30 janvier 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Fuite d'azote, remettre des couverts

Il présente une petite tendance à la fuite, l'azote, une fois dans les sols. Or, il est nécessaire de l'y conserver pour l'offrir aux cultures et éviter qu'il ne réapparaisse dans les eaux du robinet. Une gestion, où les couverts végétaux sont essentiels. Initiée par le syndicat mixte du grand bassin de l'Oust, la journée de conférence, jeudi dernier à Ploërmel, l'a redit.

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Frédéric Thomas est agriculteur en Sologne, fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS , consultant et formateur en agriculture de conservation.
 Frédéric Thomas est agriculteur en Sologne, fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS , consultant et formateur en agriculture de conservation.
Frédéric Thomas est agriculteur en Sologne, fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS , consultant et formateur en agriculture de conservation. Frédéric Thomas est agriculteur en Sologne, fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS , consultant et formateur en agriculture de conservation. - © claire le clève

 

 

"La bonne piste, ce sont les couverts végétaux, grâce à eux, on divise par deux la perte d'azote par hectare qui est de 50 kg en moyenne en France". C'est donc la base. Les couverts jouent sur l'azote, "mais en plus sur l'ensemble de la fertilité des sols", insiste Frédéric Thomas. Il est d'ailleurs le président de l’association Base (voir encadré), qui promeut l'agriculture de conservation. Car cet adepte des Techniques Culturales Simplifiées, créateur et rédacteur en chef de la revue TCS, met à contribution son exploitation de Sologne pour en démontrer les bienfaits. Là, il cultive des terres sableuses hydromorphes à faible potentiel. En associant les techniques sans travail du sol, la mise en place de nouvelles rotations de cultures, les couverts végétaux et les apports de compost, il a réussi à améliorer leur fertilité. Et c'est preuves à l'appui qu'il construit un argumentaire délivré à une soixantaine de participants.

 

Pour que son sol travaille mieux

Remettre les sols en état est une priorité. "Avoir des sols organisés qui descendent le plus en profondeur possible. Car la profondeur d'enracinement, c'est le premier filet de sécurité face à la fuite d 'azote", défend Frédéric Thomas. Car sans conteste, "le travail du sol a un impact sur le lessivage de l'azote qui suit les chemins de l'eau". Ralentir ce cheminement doit être un objectif pour obtenir "un sol qui tient. Il tiendra d'autant mieux qu'il sera riche en matière organique grâce aux propriétés des mycorhizes, résultat de l'association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes". Un sol vivant, riche en activité biologique et biomasse. Et de poursuivre, "l'agriculteur a dans ses mains la qualité et la fertilité de ses sols. Ça vaut le coup de les travailler pour que ses sols travaillent mieux". Car pour lui, "le couvert végétal, en mélange avec des légumineuses, c'est plus performant que n'importe quelle machine".

Claire le Clève

 

Accroche : "les couverts végétaux déplafonnent les rendements

 

 

 

 

 





C'est la BASE

Rendre opérationnelle et concrète l’Agriculture de Conservation, c’est l'objectif de l'association BASE. Elle promeut les pratiques de protection des sols et des habitats grâce à une forte réduction du travail du sol par l’intermédiaire des Techniques Culturales Simplifiées et du semis direct, associés à l’implantation de couverts végétaux en interculture dans l’objectif d’une couverture permanente. Cette réduction du travail du sol peut aller jusqu’à la suppression.

 

Grand bassin de l'Oust

L'une des mission de ce syndicat mixte est la reconquête et la préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Son levier ? Agir entre autres sur la diminution des pollutions aquatiques occasionnées par la présence de nitrates, phosphates et produits phytosanitaires. Ses actions vers le public agricole sont nombreuses pour sensibiliser sur les techniques de cultures alternatives ou sur les outils d'aides à la décision.

C'est avec cet objectif qu'était organisée cette journée de conférence où de nombreux thèmes ont été abordés pour l'ensemble des agriculteurs du bassin versant qui y étaient invités :

-impact du travail du sol,

-incidence des couverts végétaux

-gestion des effluents d'élevage pour doper la fertilité des sols

-gestion des prairies à privilégier avant implantation du maïs

-Le pilotage des apports sur blé par les outils d'aide à la décision : drone, double semis

-l'évolution de la fertilité des sols à travers des indicateurs mesurables.

-les solutions mises à disposition des exploitants pour connaître la valeur de leur environnement par Thierry Oboyet du laboratoire Capinov.

 

 

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