Terra 12 février 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Porc, Pac and Co : "le ras le bol paysan"

10 euros perdus en 10 ans par porc, des cours au plus bas, sans compter l’empilement de règles dont certaines sur la PAC ne sont toujours pas connues à la veille de devoir remplir les déclarations... Le monde paysan a dit vendredi soir sa lassitude au préfet du Morbihan.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La délégation d'éleveurs, responsables syndicaux reçue vendredi dernier par le préfet Jean-François Savy
La délégation d'éleveurs, responsables syndicaux reçue vendredi dernier par le préfet Jean-François Savy - © claire le cleve

 

 

"Nous sommes venus dire l'état de désespoir, d'inquiétude et d'exaspération du monde paysan", résume Frank Guehennec, président de la FDSEA du Morbihan à l'issue de l'entrevue avec Jean-François Savy, préfet du Morbihan.

Auprès de lui, une délégation d'élus de la FDSEA dont François Valy, responsable de la section porcine. Car le cours désastreux de jeudi 5 février à 1, 087 euros est dans tous les esprits, comme celui du coût de la tonne d'aliment à 250 euros : en conséquence, les pertes se creusent. "Il manque au minimum 25 cts par kg de porc vendu pour chaque producteur. Depuis 2002, on a perdu 10 euros par porc". Et s'élèvent les demandes de soutien d'urgence (à lire également dans les pages suivantes et en région), de stockage privé et la levée de l'embargo russe. "En 2013 avec notre action écotaxe, c'était l'arbre qui cachait la forêt. On demandait la simplification administrative. On nous en rajoute encore, le compte pénibilité, le recul des dates d'épandage, la nouvelle mouture Pac, on continue à nous mettre des boulets au pieds. Regardez ce qui se passe sur la suspension de déclaration de flux. On n'a toujours pas de décret", s'exaspèrent les membres la délégation.

 

"Un contexte pesant"

"On va demander aux agriculteurs de remplir leur déclaration PAC, on n'en connaît pas encore toutes les règles !" dénoncent ces responsables qui demandent à conserver les mêmes règles du jeu qu'en 2014. Ce, sans compter les incertitudes. Exemple ? "La prise en compte ou non des haies" pointe Jean René Menier. "La conjoncture est difficile, c'est pesant mais on continue à marcher sur la tête" renchérit Frank Guehennec. "Nos charge ont été multipliées par 3 en 20 ans pour un même prix de vente. Et on nous accuse de prôner les grosses exploitations ! Le monde paysan est poussé à cela pour pallier l'augmentation de ses charges. Il y a un réel ras le bol y compris à voir le décalage entre le discours sur le redressement productif et ce qui se passe sur le terrain", dénoncent-ils s'inquiétant de la tournure que pourrait prendre cette exaspération sur le terrain.

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

Accroche "On nous en rajoute encore, le compte pénibilité, le recul des dates d'épandage, la nouvelle mouture Pac, on continue à nous mettre des boulets au pieds

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui