Terra 08 mars 2012 à 16h01 | Par Actuagri

DIX ANS DE RECENSEMENT AGRICOLE EN BRETAGNE - Les agriculteurs sont plus attentifs à l’environnement

Moins d'azote organique, moins de phosphore : les pratiques des agriculteurs sont devenues vertueuses au cours de ces dix dernière années. C'est Agreste qui le dit et l'explique après avoir, entre autres, décortiqué les chiffres du recensement et les pratiques décrites par les agriculteurs

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Agreste Bretagne s'est penché sur l'évolution des pratiques des agriculteurs.
Agreste Bretagne s'est penché sur l'évolution des pratiques des agriculteurs. - © Terra

Résorption de l’azote, mise aux normes des bâtiments d’élevage, ouverture des sols et des aires de stockage des effluents : en dix ans, les contraintes environnementales ont davantage été prises en compte par les agriculteurs bretons. Dix ans de mesures environnementales imposées ou conseillées aux agriculteurs qui commencent à produire leurs effets en Bretagne.

Les pratiques évoluent

Entre les deux recensements de l’agriculture, celui de 2000 et celui de 2010 l’azote organique produit pas les animaux est passé de 217 000 à 204 000 tonnes, soit une réduction de 6 %, selon Agreste Bretagne. "C’est la conséquence directe de la baisse des effectifs des animaux dans la région", estime Agreste, le très officiel organisme de la statistique, de l'évaluation et de la prospective agricole, dépendant du ministère de l'Agriculture.
En effet, la directive nitrates, appliquée depuis 2001, a plafonné les apports d’engrais à 170 kg d’azote organique par hectare de surface potentiellement épandable. De même pour le phosphore : la production est passée de 129 600 tonnes à 122 000 tonnes sur la période, ce qui représente également une baisse de 6 %. Au delà des calculs de pression azotée et de phosphore, les agriculteurs ont fait évoluer leurs pratiques entre 2000 et 2010. Ainsi le recensement 2010 nous apprend que 25 % des exploitations avec élevage exportent les effluents produits hors de leur exploitation, 35 % en importent et 5 % mettent en œuvre un traitement de ces effluents.
Idem pour la couverture hivernale des terres afin de limiter le lessivage des sols. En Bretagne, les cultures intermédiaires pièges à nitrates ont été mises en place en 2010 dans 58 % des exploitations. La proportion n’est que de 17 % au niveau national. La couverture des terres en hiver peut se faire aussi par des cultures dérobées, comme le ray-grass, pâturées ou récoltées en fin d’hiver. En Bretagne, 24 % des exploitations pratiquent ce type de protection contre 7 % au niveau national.
Enfin, les agriculteurs peuvent laisser, en guise de couverture, les résidus des cultures précédentes. En prenant en compte ces trois modes de protection, 83 % des terres bretonnes utilisées pour des cultures de printemps durant la campagne 2009-2010 ont été couvertes durant l’hiver indique le recensement. Dix ans plus tôt, seulement 26 % des terres avec cultures de printemps étaient couvertes en hiver.

Le PMPOA

Pour réduire les pollutions azotées, une autre piste a été largement exploitée. Il s’agit de la mise aux normes des bâtiments d’élevage. Et même si le recensement 2010 ne donne pas d’indication sur l’amélioration des bâtiments, il apporte quelques éléments chiffrés sur l’installation des aires de stockage. Ainsi parmi les exploitations qui possèdent une aire de stockage des effluents solides, 28 % possèdent des aires couvertes. En ce qui concerne les fosses à lisier, ce sont 20 % des exploitations qui ont des fosses couvertes. Enfin entre 2000 et 2010, la part des exploitations relevant du régime des installations classées (autorisation ou déclaration) qui sont soumises à une réglementation environnementale stricte et notamment à un plan d’épandage est passée de 35 % à 47 % en Bretagne.

Actuagri

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