Terra 23 janvier 2015 à 08h00 | Par E.Le Corre

Le Manger français en Côtes d'Armor grignote du terrain

Voici une action menée sur le terrain , qui rencontre un écho auprès du département. Tant mieux, le dossier du manger français en restauration collective par la FDSEA-JA, lancé l'été dernier, avance.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Chantal Bevillon, secrétaire générale de la FDSEA 22 en charge des actions "manger-français".
Chantal Bevillon, secrétaire générale de la FDSEA 22 en charge des actions "manger-français". - © terra

Le manger-français est un sujet qu'on pourrait qualifier de rassembleur. Il ne divise pas, il ne fustige pas les agriculteurs et donne une bonne image de la production agricole aux concitoyens.

En Côtes d'Armor, depuis son arrivée, le préfet Pierre Lambert s'est emparé du sujet. On sent une volonté de faire avancer le dossier porté par les professionels FDSEA-JA. Une bonne nouvelle pour les responsables syndicaux qui ne s'attendaient pas, il est vrai, à une telle implication.

 

Changer les critères des cahiers des charges

Se sont déroulées en 2014 une dizaine de rencontres entre le syndicat et le conseil général, le conseil régional, les élus de la communauté de communes de Belle-Isle-en Terre, le centre hospitalier de Guingamp et sa cuisine centrale, le groupe de restauration collective Ansamble ou encore, la cuisine centrale de Lamballe... Deux rencontres avec le préfet, dont celle du 18 décembre, a réuni des acteurs locaux de la restauration collective (syndicat, chambre d'agriculture, hôpitaux, restaurant administratif, conseil général...).

"Nous demandons que les cahier des charges en restauration collective soient révisés au profit des produits français", explique Chantal Bevillon de la FDSEA, en charge du dossier. Mais pour satisfaire au droit européen, le cahier des charges des appels d'offres publiques ne peut retenir le critère d'origine (1). Bien souvent, le prix est le premier critère retenu. "Il faut revoir tout le dispositif de cahier des charges", explique Chantal Bevillon, "et travailler sur des critères non discriminatoires". Peuvent être mentionnés : la qualité (référence à un label, charte des bonnes pratiques, agriculture bio...) ; la fraîcheur ou la saisonnalité des produits ; les délais de livraison ou de réapprovisionnement ; l'environnement (limitation des gaz à effet de serre, démarches de développement durable) ; l'insertion professionnelle des publics en difficulté...

Dans ce sens, le préfet s'est engagé auprès des professionnels à mettre en place un groupe de travail sur l'aspect juridique du cahier des charges. Il a également demandé au conseil régional et au conseil général d'apposer sur les menus l'origine des viandes, "dans un but éducatif également". "Nous attendons la réponse de Mr Morin du conseil régional pour l'affichage dans les lycées", explique l'agricultrice.

 

La course au prix ?

Il existe deux modes de gestion : la gestion concédée dans 40% des cas, réalisée par une société de restauration collective qui fournit souvent main d'oeuvre, produits, savoir-faire, image de marque et assistance de gestion et la gestion directe par la cuisine de l'établissement ou une cuisine centrale entre plusieurs collectivités..

Au sein des communes rurales, l'approvisionnement local pose moins de soucis. "Parce que les petites communes gèrent de petits volumes et sont dans une approche de proximité. Le manger-français est assez bien suivi, notamment dans les écoles primaires", rapporte Chantal Bevillon.

Quant aux sociétés de restauration collective, elles répondent à des appels d'offres où les coûts matière sont extrêment bas. "Sous le seuil de 1,30 EUR de coût matière/repas, il est difficile de mettre des produits français. A 0,80 EUR/repas, on ne peut pas", indique la responsable du dossier, qui se réfère aux propos échangés avec des acteurs. "Certains refusent de répondre aux appels d'offres trop faibles".

En 2015, les acteurs du manger-français poursuivront les chantiers entamés : celui de l'approvisionnement local via les filières longues (coopératives par exemple), les rencontres avec les élus des communautés de communes, le renouvellement des cahiers des charges...

Quelques retours d'expérience

Cantine centrale de Lamballe

650 000 repas préparés par an pour un coût de 1,2 million d'EUR

88 % de produits français

 

Hôpital de Guingamp

Privilégie l'achat français

Diminution des portions servis avec limitation du gaspillage pour un coût maîtrisé.

 

(1) Le code des marchés publics concerne la restauration collective publique qu'à partir d'un montant d'achat de 15 000 EUR.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui