Terra 06 février 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

En 2014, l'éolien a repris son souffle

En 2030, la France s'est fixée pour ambition de produire 15 % du mix énergétique d'origine éolien terrestre soit 40 GW. En 2014, notre pays est loin de cette ambition avec "seulement" 9 GW. Une bonne nouvelle toutefois : alors que depuis 2011 le nombre d'installations baissait, en 2014 grâce notamment à une simplification des procédures et une clarification de la tarification d'électricité, le nombre et les puissances des installations sont repartis à la hausse.

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1,5 milliard d'euros a été investi sur la seule année 2014 : 1 042 MW ont été raccordés contre 630 en 2013. Un net progrès mais encore insuffi sant pour atteindre les objectifs de puissance 2020. © Claire Le Cleve  © Terra  © Terra

La France compte 710 parcs éoliens répartis en France. 5 régions sont en tête en termes de nombre d'éo- liennes et de puissance cumulée en production. Ce sont la Champagne Ardenne, la Picardie, la Bretagne, le Centre et la Lorraine. Ces 5 régions représentent 57% du parc total ins- tallé en France métropolitaine. A l'opposé l'Aquitaine ne dispose d'aucun parc éolien. Jusque dans les années 2000, la hauteur moyenne des mâts ins- tallés se situait à environ 50 m. Ce chiffre a régulièrement évo- lué pour atteindre aujourd'hui 90 m en moyenne. Parallèlement la puissance de chaque machine est passée de 1 MW en 2000 à une moyenne de 2,2 MW aujourd'hui. Cela signifi e qu'une seule éolienne produit aujourd'hui suffisam- ment d'électricité pour alimenter 2 000 personnes chauffage compris. Cette évolution vers toujours plus de puissance et de taille pourrait toutefois rapidement atteindre ses limites puisque d'une part les contraintes de transport, d'autre part les contraintes d'installa- tion, enfi n la pression du voisinage pourrait limiter cette expansion… en zone terrestre. C'est pourquoi demain on pourrait imaginer que la voie suivie soit celle de la voie maritime, off shore, moins contrai- gnante a priori.

1 042 MW raccordés en 2014

Selon les données fournies par le panorama annuel des énergies renouvelables de TRE, ERDF et le syndicat des énergies renouve- lables, après cinq années de baisse des puissances raccordées, l'an- née 2014 marque une évolution à la hausse avec 1042,1 MW raccordés. Au total 1,5 milliard d'euros a été investi sur la seule année 2014, et qui ont permis de porter la puis- sance raccordée totale à 9 GW. Un chiffre a priori énorme sauf qu'il ne représente quand même que 3,7% de la consommation électrique française sur une année complète. Les champions de la production éolienne sont la région Champagne Ardennes où le taux de couver- ture des besoins régionaux élec- triques a été de 26,6% par l'éolien sur 12 mois de juillet 2013 à juin 2014, la Picardie avec 16,6% et la Bretagne à 6,8%.

Un rebond très "politique"

L'augmentation spectaculaire du nombre d'éoliennes raccordées au réseau s'explique selon les constructeurs et France éner- gie éolienne assez facilement. Plusieurs mesures clé ont été adoptées comme la sécurisa- tion du tarif d'achat réglementé, l'adoption de la loi Brottes en 2013 qui a supprimé les zones de développement éolien ainsi que le nombre de 5 mâts minimum pour la construction d'un parc éolien. Les investisseurs, entreprises comme particuliers, ont pu trouver un envi- ronnement et surtout une forme de stabilité économique qui manquait jusqu'à ce jour. Quelques mesures de simplifi cation administrative en plus ont permis de relancer totale- ment ce marché. L'exemple de l'éolien est d'ailleurs presque une caricature de la situa- tion française d'une volonté poli- tique qui peut être déclinée sur le terrain si les engagements et si la simplifi cation administrative suivent. Dès qu'on libère les éner- gies, les résultats sont là ! Même si l'année 2014 montre une nouvelle dynamique, pour parvenir à l'ambition de 19 000 MW d'éolien terrestre en 2020 il faudrait chaque année installer 1 549 MW d'au- jourd'hui à 2020. Avec un chiffre passé en un an de 630 MW à 1042 MW le progrès est net mais les retards continuent de s'accumuler. En France à aucun moment depuis quinze ans, ce chiffre de 1 549 MW annuel installés n'a jamais encore été atteint. Mais l'ambition de baisser la part du nucléaire dans le mix élec- trique français rend probablement encore plus difficile l'atteinte de cette grande ambition, en tout cas pour la partie terrestre, même si une ultime simplifi cation doit entrer dans les faits, à savoir une procédure d'autorisation unique qui permettra d'accélérer les procédures d'instruction des dossiers.

Éolien, photovoltaïque, hydraulique

En 2014, la première des énergies dites renouvelables concernait l'hydraulique. Avec 25 400 MW installés en France, l'hydraulique reste la première des énergies électriques de source renouvelable. C'est aussi celle qui a fait l'objet des investissements les plus lourds et les plus anciens. Le parc éolien raccordé s'élevait au 30 juin 2014, à 8 575 MW contre 4 763 MW pour le photovoltaïque. Le projet de loi pour la transition énergétique fi xe la part les énergies renouvelables à 23% de la consom- mation finale brute d'énergie en 2020 soit 19 000 MW pour l'éolien terrestre et 6 000 MW pour l'éolien en mer, et à 32% de la consomma- tion en 2030. Il semble acquis au vu des chiffres que la façon la plus sûre d'y parvenir sera très proba- blement d'enclencher à horizon de ces échéances une forte réduction de la consommation !


INFO L'ensemble des données présentées et les schémas sont issus du "Panorama des énergies renouvelables au premier semestre 2014", RTE, Syndicat des énergies renouvelables, ERDF, et ADEeF, ainsi que le dossier de presse de France énergie éolienne, "Rebond de l'éolien français en 2014" édité par FEE le 15/01/15.

Seulement 25 % de facteur de charge

Pour expliquer simplement les choses, une éolienne ne produit pas d'électricité à 100% de sa puissance. Il y a les périodes de calme, les pannes, la maintenance. Lorsqu'on ajoute l'ensemble de ces temps "morts" entre la production maximum théorique et la produc- tion réelle, le rapport est médiocre : seulement 25% de facteur de charge entre juillet 2013 et juin 2014. A l'extrême pendant le mois d'août ce facteur de charge tombe à 13%, heureusement que pendant la période d'hiver ce facteur remonte ! Le premier trimestre 2014 a d'ailleurs été exceptionnel à 34% alors qu'il est à 25% en règle générale. 2014 pourrait donc être une année exceptionnelle pour l'éolien à la fois en terme de puissance installée et en terme de production élec- trique. L'éolien restera de toute façon toujours une énergie d'appoint puisque dépendante du vent. La production est dépendante de la région, et de la météo. Certaines régions ont donc des prédispositions, mais même à l'intérieur d'une journée la production variera de 1 à 2 voire de 1 à 3 environ.

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