Terra 19 février 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Exploitation bien transmise, installation réussie,

Bien transmettre pour bien installer, l'un ne va pas sans l'autre. A Lanouée, depuis un an, Jérémy Fillon est aux manettes de ses 3 bâtiments avicoles aussi grâce à la volonté de ses cédants. Un exemple mis en avant vendredi par JA du Morbihan à l'occasion de la semaine du renouvellement.

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"M'installer, ça me trottait dans la tête après 6 ans de salariat en exploitation avicole". Grâce au RDI, Jérémy Fillon, non issu du milieu agricole, originaire d'Eure et Loire, a réuni deux exploitations pour mener à bien, sur 3 bâtiments de 1 000 m2 chacun et 30 ha, dont 10 de légumes, son rêve. "Mr et Mme Denis étaient prêts à faire des concessions pour installer un jeune", raconte avec reconnaissance ce jeune exploitant qui a accueilli, le 13 décembre 2013, son premier lot de poussins. Un dossier monté en 8 mois. "Franchement tout le monde s'y est mis, tout le monde s'est motivé. Le parcours du combattant, je ne l'ai pas connu", estime Jérémy qui aura investi 600 000 euros. Un montant moyen pour une installation en production hors sol quand en lait, il faut débourser 500 000 euros pour y parvenir.

 

Installations à la peine

79 jeunes, à l'instar de Jérémy Fillon, ont franchi ce cap l'an passé en Morbihan avec les aides de l'Etat, 10 de plus sans DJA. Un étiage jamais atteint avec "une baisse marquée dans les productions hors sol", pointe Fred Daniel, président de JA 56, mettant en parallèle "les 400 cessations, soit une installation pour 5 départs". 500 départs par an sont à prévoir jusqu'en 2025. Or, "le Morbihan est le premier département avicole. Dans ces productions hors-sol, on manque de visibilité, idem en porc. On ne voit pas à deux mois quand on doit investir sur 15 ans", déplore-t-il tout comme la complexification réglementaire qui "en décourage plus d'un". Et le jeune responsable d'en appeler à la restauration "d'un climat de confiance avec nos opérateurs. On veut bien s'adapter mais il faut de la réciprocité". Pour lui, "l'enjeu n'est plus chez les jeunes. Les tranches d'âges 45 -50 ans doivent continuer à investir dans leurs outils pour qu'ils soient reprenables. Là encore, il faut anticiper. Il y a la valeur économique et celle patrimoniale. On ne peut pas transmettre tout ce qu'on a capitalisé", martèle t-il car "une installation réussie, c'est une aventure humaine réussie, ça vient également du cédant".

 

Claire Le Clève

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