Terra 01 mai 2014 à 08h00 | Par Audrey Dibet

2014 : le recul de la production porcine en Europe

En Europe et en France, la production porcine devrait à nouveau reculer en 2014. Une production qui, face à l’embargo russe et aux problèmes sanitaires étendus sur le continent américain, se retrouve bien mal défendue par le fonctionnaire européen, déplore le président du Marché du porc breton (MPB) Daniel Picart.

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Daniel Picart, président du MPB
Daniel Picart, président du MPB - © Audrey Dibet

"Le grand export représente 7 % de la production mondiale. Il est essentiel pour les marchés, avec des conséquences fortes au moindre événement", remarquait Jean-Pierre Joly, lors de l’assemblée générale du MPB le 24 avril à Ploufragan (22). Tous les pays sont aujourd’hui suspendus à la Russie, qui en fermant le 29 janvier dernier ses portes à l’Europe, a laissé un quart des porcs européens exportés (soit 746 000 tonnes par an) sans véritable alternative. 30 % des porcs consommés en Russie sont importés et ces importations étaient jusqu’à présent satisfaites aux trois quarts par l’UE, surtout Allemagne et Pays-Bas. Dans sa note de conjoncture d’avril, le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) annonce des exportations françaises en retrait de 12 % en février 2014 par rapport à février 2013, soit 6 400 tonnes équivalent carcasse (tec) en moins."Nous subissons les conséquences de l’embargo alors que nous ne sommes pas en cause. Ce n’est pas un problème sanitaire, pas un problème commercial, c’est avant tout politique", souligne Guillaume Roué, de l’interprofession porcine. Et Daniel Picart d’énumérer les manquements du "fonctionnaire européen mettant en péril la production porcine qu’il est censé défendre, en mélangeant politique et commerce vis-à-vis de la Russie, en ouvrant les portes en grand dans le cadre des accords bilatéraux avec les USA, en ne protégeant nullement la production européenne contre l’épidémie de DEP venue de Chine et étendue maintenant au continent américain".

Dans ce contexte, la production européenne devrait encore reculer en 2014 : de - 0,8 % selon les prévisions. Dès le premier trimestre, les abattages ont diminué dans tous les grands pays exportateurs : de - 1,5 % en Allemagne, Danemark, Pays-Bas et de - 4 % aux USA pour leur part très impactés par la DEP.

En France aussi la production recule, et ce depuis plusieurs années. "Peu à peu la dynamique s’est érodée", constate Jean-Pierre Joly. "La baisse de la production pose des problèmes de compétitivité à toute la filière. Dans ce contexte, il est important de bien valoriser la démarche "porc français" qui vient d’être lancée", estime aussi Guillaume Roué. Daniel Picart est revenu quant à lui sur la disparition de Gad et ses 900 salariés licenciés : "c’est un acheteur de moins au MPB et qui déséquilibre encore plus géographiquement l’offre et la demande".

Jean-Pierre Joly, directeur du MPB
Jean-Pierre Joly, directeur du MPB - © Audrey Dibet

Une année 2013 à oublier

Si il s’est bien gardé de tout pronostic concernant 2014, le président du MPB a qualifié 2013 "d’une année à oublier". Une année "intenable pour les éleveurs malgré le meilleur cours de base au MPB depuis 1992", à 1,464 € du kilo. Car "cette hausse des cours était nécessaire mais encore insuffisante face au prix des matières premières", juge Jean-Pierre Joly. Pour Daniel Picart, "le Marché du porc breton a fait ses preuves avec à ce jour un prix de base de 15 centimes plus élevé que le prix allemand". Raison qui pousse le président du MPB à proposer "un soutien financier pour les 1 000 éleveurs qui prennent le risque de vendre au marché pour faire le prix de base dont tous les autres profitent". Les intervenants étrangers invités de l’AG n’ont d’ailleurs pas tari d’éloges sur ce système de fixation du prix, "le meilleur d’Europe" selon Mathias Kohlmüller, de l’équivalent allemand du MPB.

La grille de paiement devrait quant à elle évoluer : "On fait de moins en moins de porcs et on a tendance partout à les alourdir. 50 % des cochons ne la respectent pas", constate Philippe Bizien, de l’UGPVB. Groupements, syndicats et chambres d’agriculture ont ainsi fait une proposition de nouvelle grille dont ils souhaitent débattre avec les abatteurs courant mai.

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