Terra 12 mars 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Gagner en compétitivité

La compétitivité s'est invitée à l'assemblée générale de la FDSEA, jeudi dernier, à Ploermel. Elle a eu bien du mal à s'y faire une place tant l'expression, prolixe et matinale des cantons au travers de leurs expériences, aura prolongé les débats tard dans l'après midi. Preuve de la richesse et l'abondance des sujets abordés.

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Pour débattre de la compétitivité, Jérôme Volle, vice président, commission emploi de la FNSEA, Marie Andrée Luherne, secrétaire générale FDSEA56, Paul Molac, député du Morbihan, Jean Dubé, directeur de Terra et animateur de cette table ronde aux cotés de Jacques Le Nay, maire de Plouay et président de l’association  des maires du Morbihan.
Pour débattre de la compétitivité, Jérôme Volle, vice président, commission emploi de la FNSEA, Marie Andrée Luherne, secrétaire générale FDSEA56, Paul Molac, député du Morbihan, Jean Dubé, directeur de Terra et animateur de cette table ronde aux cotés de Jacques Le Nay, maire de Plouay et président de l’association des maires du Morbihan. - © claire le clève

 

 

La nouveauté a fait mouche. "Nous avions la volonté de donner aux cantons la possibilité de s'exprimer", résume Frank Guéhennec. Et les 12 qui y ont été invités n'ont pas raté l'occasion de le faire, y compris de montrer la richesse d'actions du réseau cantonal sur un échelon d'où il tire une forte légitimité. Aura particulièrement été mis à l'honneur, pour son dynamisme, le canton de Questembert pour sa mobilisation et l'implication de ses responsables sur le terrain, y compris quand il s'est agi du travail de relance au printemps 2014 qui a porté ses fruits en matière de nouveaux adhérents. "Il y a tout le travail de Guenaël Leluherne et de son équipe et la courroie de transmission qu'ils représentent avec nous, élus, tout en répondant aux problèmes pratiques du canton", salue le président de la FDSEA. "L'implication du réseau fera qu'on décidera avec les politiques et non que les politiques décideront pour nous", estime t-il tout en mettant en garde les élus : "auparavant, on associait la profession aux politiques de territoire. Aujourd'hui, les politiques lancent des appels d'offres et la profession y répond en devenant exécutant", déplore t-il.

 

2015, année blanche pour la PAC

Mais l'actualité, la pac, le Compte pénibilité et les difficultés connues dans toutes les filières, y compris en porcs, qui ont déterminé les actions menées, tard encore hier soir, par bon nombre d'éleveurs de la FDSEA du Morbihan, aux pieds des grilles de la préfecture de Vannes, se sont également invité au débat.

"Nous réclamons une pause administrative", aura pointé Frank Guenhennec devant l'assemblée réunie à Ploermel. Une position qu'il défendra lors du congrès de la FNSEA. Face à un sur-empilement de normes que d'aucuns jugent aussi improductif "qu’inutile voire pire", pointera le député Paul Molac à l'évocation, par Marie-André Luherne, des nouvelles normes Corpen "qui conduisent à considérer les vaches hors-sol moins polluantes... A trop légiférer, on empêche les énergies de se libérer", regrettera-t-elle. Car si la nouvelle PAC est là, "ce n'est pas la nôtre. Subsistent encore énormément d'interrogations sur la déclaration. On ne connaît pas encore toutes les règles du jeu ! Qu'on nous donne le temps de les digérer avec la possibilité d'une année blanche en 2015, sans impact financier sur nos exploitations mais pour caler les choses et les rectifier dès 2016", a proposé Frank Guéhennec en guise de pause administrative .

 

Manger français

Nombreux à le rappeler au cours de l'après midi, en premier le député Paul Molac, "Il y a un problème d'image, il faut montrer la qualité des produits français issus de la production de masse. On doit en sortir. C'est important, ça justifiera la différence de prix", estime t-il sur le terrain de la compétitivité. " Car le dossier du "manger français" permet, selon Frank Guéhennec, "de mettre en avant notre production et la manière de faire" et d'espérer, si la restauration hors foyer s'y approvisionne, d'ancrer emplois et production. "Mais pour quel retour à l'éleveur ?" interroge-t-il. "En 30 ans, la valorisation des veaux sur nos exploitations a diminué de 318 % quand nos charges ont par ailleurs explosé de 120 à 140 %. On nous a demandé de faire des gains de productivité. C'est un système qui nous a poussés à agrandir nos exploitations".

 

Claire Le Clève

 

 

 

Accroche : "Élus, si vous n'associez pas les agriculteurs aux décisions pour mener la politique que vous voulez sur les territoires, vous faites fausse route"

 

 

encadré

 

Portage du foncier

Pour faciliter l'installation et la transmission, l'idée du portage du foncier fait son chemin. Marie-Andrée Luherne, secrétaire générale de la FDFSEA l'a évoqué comme solution possible pour rendre plus légère l'installation auprès de jeunes repreneurs pour éviter d'alourdir leur investissement lors d'une transmission d’exploitation. Encore peu développé, le système commence à voir le jour porté par une banque de Basse Normandie, mutualiste et coopérative. L'idée étant de différer l'achat des terres par le jeune repreneur, la banque immobilisant des fonds propres constitués par un fonds d’investissement. A suivre

A charge contre les charges

Il n'est pas tendre avec les politiques budgétaires, et successives, de la France en matière d'économie. France qui reste, bon an, mal an et malgré tout la sixième puissance économique au monde.... Pas tendre, non, c'est le moins que l'on puisse dire de la démonstration, menée à charge et au pas de course, par le délégué général du Medef de Bretagne, Frédéric Duval, lors de cette assemblée générale qui avait choisi la dette comme entrée en matière de la table ronde dédiée à la compétitivité. On aura connu plus digeste ! Car si les chiffres sont têtus, ils sont tout autant difficiles à manier pour les non initiés. Alors oui, la dette française a atteint les 2 000 milliards d'euros en 2014, soit 95,3 % du PIB quand, au début des année 80 elle n'en représentait que 20,7 %. La dette grecque est aujourd'hui à 126 % de son PIB. "Aucun budget n'a été voté à l'équilibre depuis 1974", prévient-il avant de préciser qu"aujourd'hui, l’état ne réduit pas sa dette mais s'est engagé à réduire la progression de l'endettement". Une nuance subtile mais de taille. "En France, on fait quasiment tout à l'envers, nous avons les dépenses de protections sociales les plus élevées" cite -t-il dans un déroulement d'arguments ou 35 h, charges sociales et augmentation du SMIC lestent, de prélèvements obligatoires, l'entreprise au détriment de l'investissement, moteur de la richesse et de la compétitivité. Et de s'en référer à l'Allemagne ou "au Danemark où les charges sociales employeurs ont été supprimées, on y a réduit l’impôt sur les sociétés, augmenté l’impôt sur le revenu et taxé à 100 % les produits de luxe. On favorise la production, et quand la richesse est créée et circule, on la taxe", défend-il.

 

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