Terra 25 juillet 2014 à 08h00 | Par Marie-Andrée Luherne

Equité pour toutes et pour tous !

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Marie-Andrée Luherne, secrétaire générale de la FDSEA du Morbihan
Marie-Andrée Luherne, secrétaire générale de la FDSEA du Morbihan - © Terra

Les tractations de la réforme de la PAC arrivent à leur terme.

François Hollande nous annonçait à Cournon une PAC favorisant l’élevage. Pourtant, pour notre région, première pour les productions animales en France, il n’en sera rien ! Pire, cette nouvelle PAC  introduira de nouvelles distorsions de concurrence entre exploitations voisines : 18 000 € de paiement redistributif, c’est l’écart qu’on pourrait constater sur 5 ans entre deux exploitations similaires (2 associés exploitants, 110ha) mais au statut différent.

Un élan unanime est venu de toute la France pour demander la prise en compte de toutes et tous les chefs d’exploitations agricoles, quelle que soit la forme sociétaire. Des courriers, des rencontres, des manifestations pour alerter les députés, les sénateurs, les ministres, les préfets ont eu lieu sous l’impulsion des FDSEA, des FRSEA ou de la FNSEA, avec bien souvent au premier plan les sections agricultrices… Les échanges lors de la loi d’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont montré que nous avions été entendus !

Il semblerait qu’il soit désormais possible de choisir de passer d’une EARL ou d’une SCEA en GAEC et d’obtenir autant de parts PAC que de chefs d’exploitation. La possibilité de choisir est un début de victoire syndicale en soi mais qui ne sera satisfaisante que lorsque nous aurons obtenu une reconnaissance pleine et entière pour toutes et pour tous. Nous espérons que la mise en œuvre de ces annonces permettra de ramener réellement des finances dans nos exploitations. Dès lors, chacun pourra faire le choix qui convient sur son exploitation : sachez qu’il y a près de 36 000 EARL en France à plusieurs exploitants et qu’elles sont particulièrement nombreuses en Bretagne.

Nous revendiquons aussi une définition de ce que sont les agriculteurs professionnels actifs, qui doivent être les seuls bénéficiaires des fonds de la PAC. Trop souvent captés par des détenteurs de terre non professionnels, ces fonds incitent la rétention de foncier. Cette manne financière n’encourage pas la mise en location des terres pour installer des jeunes ou conforter les exploitations existantes.

En ce moment, se discute le second pilier de la PAC dans les régions. Les choix qui seront faits pour le plan de modernisation des élevages me semblent essentiels pour l’avenir de notre agriculture. Les 3 axes prioritaires retenus en Bretagne sont l’amélioration des conditions de travail, l’environnement, l’économie et la production d’énergie. J’ose espérer que, contrairement aux anciens PMBE, nous ne tiendrons plus compte de la forme sociétaire. Pour relever le défi qui se présente à nous, pour être compétitif et performant, nous ne pouvons pas laisser des exploitations sur le bord de la route de la modernisation. L’approche devrait être plus en lien avec la production en tenant compte de l’humain, de la diversité des exploitations et de l’évolution de l’agriculture à travers par exemple le salariat, nécessaire dans nombre de structures aujourd’hui.

J’espère pour notre agriculture bretonne, pour ceux qui en vivent et ceux qui souhaitent y travailler, que le bon sens sera de mise et les mots égalité-équité auront enfin retrouvé tout leur sens.

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