Terra 04 février 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Produire autant, voire plus, avec moins

C'est le credo que défend Jean-Hervé Caugant, producteur de lait bio à Dinéault, dans les différents dossiers qu'il suit au titre de la chambre d'agriculture, où il siège depuis janvier 2012.

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Producteur de lait à Dinéault, avec une vue magnifique sur les boucles de l'Aulne, Jean-Hervé Caugant travaille en Gaec avec sa soeur.
Producteur de lait à Dinéault, avec une vue magnifique sur les boucles de l'Aulne, Jean-Hervé Caugant travaille en Gaec avec sa soeur. - © Chambre d'agriculture 29

"J'ai appris la culture de l'herbe en 1992". A l'époque, Jean-Hervé Caugant est installé à Dinéault, en Gaec avec son père depuis 7 ans et la crise de l'ESB l'a amené à réfléchir différemment. "Les médias ont laissé entendre qu'on empoisonnait les gens". Il sème sa première prairie de ray-grass trèfle blanc à l'automne 1991 et modifie peu à peu ses pratiques jusqu'à passer à la bio en 1998. Ca fait alors 4 ans que sa soeur l'a rejoint sur l'exploitation familiale, au départ en retraite de leur père.

 

Un nouveau challenge

 

"La bio, c'était un nouveau challenge, à la fois technique, économique et environnemental". L'exploitation dispose alors d'un quota de 500 000 l et compte 40 ha de maïs. "Mais le cahier des charges précisait bien que la ration hivernale ne devait pas compter plus de 50% d'ensilage". Un séchoir est alors construit, histoire de sécuriser la qualité du foin. "C'était, pour nous, une alternative pour retrouver de la productivité". Un terme qu'il refuse de considérer comme un gros mot. "C'est même l'une de nos priorités. Et, depuis plus de 15 ans que la ferme est passée en bio, les animaux n'ont jamais manqué de nourriture". Aujourd'hui, l'exploitation compte 150 ha, une centaine de laitières, 80 Pie rouge et 20 Holstein, et s'est lancée dans le croisement trois voies.

 

Producteur bio depuis plus de 15 ans, il s'est équipé d'un séchoir, pour sécuriser qualité du foin et alimentation d'un troupeau qui compte désormais une centaine de laitières.
Producteur bio depuis plus de 15 ans, il s'est équipé d'un séchoir, pour sécuriser qualité du foin et alimentation d'un troupeau qui compte désormais une centaine de laitières. - © Chambre d'agriculture 29

Du comité de développement à la Chambre

 

Voilà des années que Jean-Hervé a commencé à s'engager au service de la profession. Adhérent à la FDSEA "sans jamais avoir été sur le devant de la scène", il est aussi administrateur de sa caisse locale de Crédit agricole. Et c'est à ce titre qu'il intègre le conseil d'administration du comité de développement de Châteaulin, avant d'en devenir président quelques années plus tard. Puis il prend la tête de la fédération départementale des comités de développement, un poste qu'il occupera pendant 4 ans, avant d'être élu à la chambre d'agriculture en janvier 2012. Une suite logique pour cet homme de convictions, fervent défenseur des valeurs du groupe pour progresser.

Dans la foulée, il siège au Bureau de la chambre d'agriculture et se charge du territoire Centre, sous l'angle de l'aménagement et de l'urbanisme. Il suit aussi les dossiers de la recherche-développement et de l'innovation, avec un accent particulier sur l'AEI, l'agriculture écologiquement intensive. "Demain, il faudra produire autant voire plus avec moins d'intrants : c'est le message que j'essaie de porter en permanence". Il siège aussi au groupe permanent bio.

 

S'appuyer sur une équipe

 

Ces multiples dossiers sont gourmands en temps. "Pour être efficace, il faut s'investir, être au courant, estime Jean-Hervé, qui voit les piles de dossiers grimper dans son bureau. Mais nous formons une bonne équipe". Faisant partie des nouveaux élus, en 2012, il a apprécié de pouvoir compter sur l'expérience et l'appui des "anciens". "Ils ont su nous intégrer. Et on passe pas mal de temps au téléphone, pour confronter nos avis, s'épauler". Et le nouvel élu de préciser aussitôt les limites. "On a été élus pour défendre les intérêts de l'ensemble du monde agricole. Mais ce n'est pas nous qui allons fixer le prix du lait ou du cochon".

Ces engagements lui demandent une bonne capacité d'organisation ! "Mais je trais les vaches tous les matins", précise l'éleveur. Sur l'exploitation, les deux associés sont épaulés par deux salariés à temps partagé, dont son fils, qui songe à s'installer d'ici quelques années.

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