Terra 02 septembre 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Sur la route de Paris...

A 46 ans, Christine Potiron est installée en production de lait bio sur la commune de Servon-sur-Vilaine. A la veille de faire la route pour la manifestaion parisienne, rencontre avec une agricultrice qui a fait de son rêve son métier... mais qui garde aujourd'hui les yeux bien ouvert et qui veut défendre les intérêts de l'ensemble des agriculteurs.

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Pour Christine Potiron, l'agriculture
 est un vrai choix de vie.
Pour Christine Potiron, l'agriculture est un vrai choix de vie. - © A.M

Pour Christine Potiron, choisir l'agriculture, c'est ce qui s'appelle un choix de vie. L'accomplissement d'un rêve d'enfant même. "Je me suis installée en Gaec à l'âge de 40 ans, avec un associé, et j'ai réalisé là mon rêve de petite fille", souligne la productrice de lait  bio qui avait auparavant travaillé dans l'agroalimentaire. Un rêve pour lequel il a quand même fallu se battre. D'autant plus pour quelqu'un qui n'était pas issue du monde agricole, et qui s'installe en 2008. Une période de crise pour la production laitière qui lui vaudra d'ailleurs une grande frilosité de la part des banques. "Ici, tout est en location", explique Christine Potiron, "et j'ai eu un choc lorsque je préparais mon EPI (devenu le PDE puis le PE ndlr) quand j'ai vu les montants investis par mes collégues plus jeunes".

Consciente que sa production bio lui "assure", une marge de manœuvre un peu plus grande que ses collègues en conventionnel, Christine n'en reste pas moins mobilisée. Pour elle, "car c'est tous les jours qu'il faut se battre pour le prix du lait", mais aussi pour les autres, qu'ils soient producteurs de viande bovine ou de porcs. C'est d'ailleurs ce qui lui a valu de prendre des responsabilités syndicales au sein de la FDSEA dont elle assure la présidence pour les communes de Servon et Brécé depuis un an et demi.

Mercredi matin à 9h, le convoi composé d'une centaine de tracteurs des Côtes d'Armor, du Morbihan et d'Ille-et-vilaine, quittait Rennes pour rejoindre Paris.
Mercredi matin à 9h, le convoi composé d'une centaine de tracteurs des Côtes d'Armor, du Morbihan et d'Ille-et-vilaine, quittait Rennes pour rejoindre Paris. - © A.M

 


La question des marges

Après avoir été en tracteur manifester à Rennes et participé au rassemblement de Laval, Christine est donc du déplacement pour rejoindre la capitale. "Mais cette fois, je laisse mon tracteur à la maison et je pars en bus", confie-t-elle. Avec un message bien précis à faire passer : "maintenant, il faut que tout le monde prenne ses responsabilités ! Peu importe les interlocuteurs que l'on va rencontrer, ce n'est jamais de leur faute. Soi disant qu'il n'y a pas de demande de viande, et pourtant on fait entrer sur le marché de la viande espagnole. On sent bien qu'il y a un malaise. Et que dire de la question des marges. On connaît le prix d'achat de notre lait et le prix que paye le consommateur... Mais entre les deux, on ne sait pas ou part la valeur ajoutée !" Malgré la difficulté du métier, Christine Potiron ne regrette pas son choix de vie et son métier d'éleveuse, qu'elle a attendu si longtemps avant d'exercer. Manifester à Paris, c'est aussi une façon de défendre l'avenir de la profession, pour que d'autres enfants, à l'image de son fils de 12 ans, continue à avoir la passion de l'élevage. "Car sinon, comme dit mon fils : moi j'enlève les animaux et je garde que le tracteur !".

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