Terra 19 mars 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Jeune et mordu de concours

Les jeunes éleveurs sont de plus en plus nombreux sur les concours bovins. Portrait de Ludovic Madec, installé à Hanvec depuis 7 ans et passionné des rings, du comice local jusqu'à la capitale.

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Hubert et Ludovic Madec présentent, de gauche à droite, Houraviera, une fille de Zelgadis sur Negundo en première lactation, pointée TB 87, et Cantajouv, une vache en 5ième lactation, fille de Talent sur Lancelot, pointée TB 89.
Hubert et Ludovic Madec présentent, de gauche à droite, Houraviera, une fille de Zelgadis sur Negundo en première lactation, pointée TB 87, et Cantajouv, une vache en 5ième lactation, fille de Talent sur Lancelot, pointée TB 89. - © Chantal Pape

A peine rentrée du Salon de l'agriculture, à Paris, Houra Viera, une Prim'Holstein en première lactation, s'apprête à quitter à nouveau ses verts pâturages de Hanvec, pour prendre, cette fois, la direction du festival Agri Deiz, qui se déroulera à Quimper les 4 et 5 avril prochains. La faute à un éleveur mordu de concours ! "Pourtant, j'y suis venu un peu par hasard", raconte Ludovic Madec.

Fils d'agriculteurs, ce ne sont pas ses parents qui lui ont donné le virus mais deux copains, Benoît Toullec et Julien Thomin, rencontrés au lycée du Nivot. "Avec eux, j'ai assisté à mes premiers concours. Et c'est ensemble, durant notre BTS, que nous avons suivi une formation pour apprendre à préparer les animaux".

 

Une autre facette du métier

 

Ludovic se prend rapidement au jeu et ses premières sorties se font avec les animaux d'un autre éleveur. Il rejoint l'association Vachement Breiz, un groupe de jeunes passionnés comme lui par les concours, puis se perfectionne en Belgique. Et, une fois installé sur la ferme familiale, en 2008, il présente ses propres vaches. "C'est une autre facette de mon métier. Au lieu de gérer le troupeau entier, je me consacre à un seul animal pendant quelques jours. Ce n'est pas le même contact", précise l'éleveur, qui cite aussi la convivialité qui règne sur les concours et la bonne ambiance entre participants. "Les concours nous permettent de rencontrer des éleveurs d'un peu partout, d'échanger sur le métier, de découvrir des façons de faire différentes. J'aime aussi ce côté compétition. Et, à chaque fois, les commentaires du juge nous permettent de progresser".

 

Du comice à la capitale

 

Comice local et concours départemental tous les ans, trois fois au Space, quatre fois à Paris... les déplacements s'enchaînent. "Il faut d'abord préparer les animaux, rappelle l'éleveur. Soigner leur alimentation, les tondre, leur apprendre à se déplacer...". Il y consacre un quart d'heure par jour, un jour sur deux, d'abord dans un bâtiment clos avant de s'aventurer sur les chemins. Et il lui faut une bonne quinzaine de jours avant de pouvoir amener vache ou génisse sans encombre jusqu'à la maison de ses parents, à 20 minutes de l'étable. "Alors, je sais que c'est gagné. Elle s'est habituée aux bruits extérieurs, aux imprévus...Et moi, je connais ses réactions". Car chacune est différente !

 

Une passion familiale

 

Gourmands en temps, la préparation des animaux et les concours demandent un bon relais sur l'exploitation. Et c'est avec plaisir que Ludovic a vu peu à peu son père, aujourd'hui en retraite, sa mère, en Gaec avec lui, et son frère, qui devrait s'installer d'ici peu, se prendre eux aussi au jeu. "C'est sympa de partager cette passion en famille".

Pour Agri Deiz, l'éleveur prévoit de partir à Quimper avec 4 ou 5 vaches. "Elles arriveront sur place le jeudi soir". Car, avant les deux jours réservés au grand public, le festival ouvre ses portes dès le vendredi pour les écoles maternelles et primaires du secteur. "C'est une super opération de communication pour notre métier".

 

Miser sur la longévité

 

Tout juste auréolée de sa 6ième place à Paris, dans une section qui comptait 18 animaux, Houra Viera sera du voyage, tout comme Cantajouv, une vache en 5ième lactation, qui a déjà produit 53 000 kg de lait. Une belle longévité, qui fait partie des objectifs des éleveurs. "J'essaie de faire vieillir les vaches, détaille Ludovic. Je recherche de bonnes mamelles, de bonnes pattes, une solidité dans le bassin et la ligne de dos. Et à améliorer la fertilité, les cellules".

 

 

 

Pratique

 

Le festival Agri Deiz se tiendra les samedi 4 et dimanche 5 avril, de 9h à 18h, au parc des expositions de Quimper Cornouaille.

Entrée : 6 €, gratuit pour les moins de 10 ans.

 

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